dimanche 6 février 2011

Remontée vers le Nord, Guadeloupe, Antigua, St Martin

Mercredi  1er décembre – Nous avons laissé Nicole et Jean Claude à Fort de France samedi dernier d’où ils sont allés prendre possession de leur gîte à St Pierre. Depuis nous avons regagné Grand Anse en attendant que la grosse houle de nord se calme et que nous puissions voguer vers la Guadeloupe. Aujourd’hui c’est le cas et nous décidons de rallier St Pierre première escale, le vent est d’Est-Nord Est 20 à 30 nds au passage de la baie de Fort de France mais tombera devant Case Pilote. Nous arrivons à St Pierre à 11h et après avoir largué 20m de chaîne Annick me crie qu’elle ne peut plus arrêter le guindeau, la chaîne continuant à filer. On arrive à l’arrêter et après quelques vérifications je dois me rendre à l’évidence, une goupille ou un axe à l’intérieur du guindeau a cédé, dans ces conditions il nous est impossible de continuer et nous devons retourner au Marin car la pièce cassée est dans l’engrenage à l’intérieur du carter complètement hermétique. Cela ne nous empêche pas de rejoindre à terre Nicole et Jean Claude qui nous envoient faire une balade au canal des Esclaves à Fond St Denis.

Cela ressemble aux levadas de Madère
Le lendemain, retour au Marin où Fred de chez « Caraïbes Grément » que nous avions averti par téléphone dépose le guindeau aussitôt amarrés aux pontons. Nous profiterons aussi pour rappeler Raymond  de chez Incidences afin qu’il rabaisse le bimini et qu’il nous pose une bande anti-UV sur la trinquette, du coup l’escale technique se prolongera.
Dimanche 5 décembre, toc-toc à l’étrave du bateau, qui on voit sur le ponton : nos amis Christian et Martine de l’Atlantis 400 « Tahaa Tiva » avec qui nous avions passé deux mois au Brésil. On savait qu’ils remontaient de Trinidad où ils avaient laissé leur bateau pendant la période cyclonique mais nous ne savions pas quand ils arriveraient en Martinique avant de regagner la métropole pour les fêtes de fin d’année. Les retrouvailles furent chaleureuses et nous avions beaucoup de choses à nous raconter. Malheureusement nos routes divergeront puisqu’ils pensent aller vers le Pacifique en début 2011. Le lundi 6 en début d’après midi un Attalia de St Pabu prend la place à côté de nous, ce sont les premiers arrivés au Marin de la grande transhumance Atlantique, ils sont partis 18 jours plus tôt de Sal au Cap Vert et ils sont ravis que je leur offre une bière « Carib » bien fraîche.
Nous retrouvons également Claudine de « Mopélia » qui remontera avec nous vers la Guadeloupe. Le vendredi 10 nous gagnons le mouillage de Ste Anne où nous retrouvons Marc Antoine et Lucie de « Dame Licorne » le bateau québécois connu au printemps aux Tobago cays. Le lendemain Nicole et Jean Claude viennent passer leur dernière nuit à bord avant de reprendre l’avion et nous organisons  un « cinq à sept » comme disent nos amis québécois avec  Lucie, Marc Antoine, ainsi que Nancy et Marcel de « Na mar », ces derniers nous donnant quelques renseignements bien utiles sur les Bahamas et l’Intracoastal Waterway. C’est toujours très agréable de cotoyer nos « cousins » canadiens et on se demande bien pourquoi Napoléon a échangé ce fabuleux pays contre la Martinique, ah ! oui c’est vrai il y avait dans cette île la fameuse Joséphine…
Nous rejoignons Claudine le dimanche à Grande Anse, et nous entamons avec elle dès le lendemain la montée vers le nord avec une autre escale à St Pierre, une superbe traversée du canal de la Dominique vent de travers, une nuit à Portsmouth en Dominique avant de se mettre au petit ponton de Grand Bourg à Marie Galante afin de faire notre entrée officielle en Guadeloupe.

"Mopélia" l'Oxion 32 de Claudine dans le canal de la Dominique
La météo nous annonçant une alerte orange due à une forte houle de nord, nous préférons écourter notre escale à Marie Galante et rejoindre le mouillage de l’îlet Gosier, nous y arriverons en même temps que nos amis suisses de « Sakatia » l’Atlantis 430 connus lors de notre carénage à Carenantilles.
Le 17 au soir les vacances scolaires de Noël commencent et nous accueillons à bord Stéphane, le filleul d’Annick et Arthur son fils. Après Marie Galante en juin, nous les amenons cette fois ci aux Saintes qu’ils ne connaissent pas, Stéphane tombera sous son charme et si un poste d’enseignant s’y libère c’est sûr qu’il postulera. Nous ferons connaissance de Patrick Morvan, ancien skipper de « Jet Services » et actuellement « skipper » de « Chez Jacky » au Belon,  à l’épicerie du village où il jette l’ancre pendant l’hiver. Nous ferons connaître à nos invités le fort Napoléon, son musée et ses iguanes ainsi que les petits poissons de Pompierre.

Iguane des Saintes
Retour le 20 à l’îlet Gosier puis le lendemain pour la marina du Bas du Fort. L’après midi je profite du wifi du bar « Le Pirate » pour vous envoyer à tous mes vœux de Noël et de bonne année quand ayant à peine fini de taper sur la touche envoi, j’entends le rugissement d’un scooter en pleine accélération et levant la tête de mon clavier je vois le passager arrière saisir mon ordinateur par l’écran et l’emporter, le chargeur branché à une prise me touchant à la tête en me blessant, je les poursuis pendant une cinquantaine de mètres en criant « au voleur » mais évidemment sans résultat. Un an quasiment après le vol de mon téléphone au Brésil, je fais l’objet d’un second larçin ! Décidément...

Voilà donc la raison principale de mon mutisme sur ce blog. Je décidai de commander un autre portable en France que m’apporterait notre amie Marie Dominique qui viendra nous rejoindre mi-janvier à St Martin.

Avant de quitter la Guadeloupe nous retrouverons nos amis Dominique et Michel qui sont bien occupés avec leur gîte de Ste Anne. Avec Claudine nous réveillonnerons le 24 au soir et après quelques heures de sommeil nous gagnerons la Rivière Salée qui sépare les deux « ailes » du papillon que forme la Guadeloupe pour pénétrer dans le « Grand Cul de Sac Marin », hélas malgré les affirmations de la capitainerie le pont permettant le passage des voiliers ne s’est pas ouvert comme prévu à 5h du matin et comme je le pressentais un peu, nous n’avions plus qu’à rebrousser chemin. Du coup les vents étant favorables pour quelques jours nous décidons de contourner l’île par l’ouest pour gagner Antigua en nous arrêtant aux Saintes où nous quittons « Mopélia », puis à Deshaies.
Notre mouillage au premier plan, à droite Nelson Dockyard et derrière l'isthmr, Falmouth Harbour
Le 27 après 7 heures de traversée par bon vent de travers nous arrivons à English Harbour sur l’île d’Antigua, mouillage très abrité à l’entrée dans Freeman Bay. English Harbour avec de l’autre côté d’un petit isthme Falmouth Harbour est l’une des Mecque mondiale de la plaisance avec la fameuse « Semaine d’Antigua », mais tout au long de l’année y défilent de somptueux voiliers qui organisent entre eux des régates. C’est aussi l’ancien repaire de l’amiral Nelson et la marine britannique y a restauré les bâtiments du « Nelson Dockyard » et en y aménageant un musée consacré à son souvenir.

Le fameux "Falcon Maltese" aux pontons de Falmouth Harbour
C’est donc là que nous passerons un réveillon très « British » le 31 décembre à la table d’un petit restaurant sur le quai parmi des anglais ridiculeusement coiffés d’un chapeau haut de forme en plastique tandis que les ladies arboraient une espèce de coiffe dans les cheveux, un concert plein de décibels et un feu d’artifice concluant l’année 2010. Nous visiterons St John la capitale sans grand intérêt et le 4 janvier nous ferons notre dernière escale antiguaise devant Jolly Harbour à l’ouest.

Nelson Dockyard
Le lendemain matin dès 6h45 départ pour St Kitts et Nevis, autres anciennes possessions britanniques distantes d’une cinquantaine de mn. Nous aurons du mal à trouver un endroit correct où poser notre ancre du fait d’une houle très inconfortable, finalement  ce sera côté Nevis entre les deux îles séparées par le passage des Narrows à Mosquito Bay où nous roulerons quand même bord sur bord toute la nuit.

Du coup nous appareillons le lendemain matin pour St Barth et plus précisément la baie de Gustavia que nous atteindrons à 15h après 45Mn. Retour donc en France,  nous mouillons dans l’anse Corossol parmi les yachts des milliardaires, malheureusement la houle est toujours présente accentuée en permanence par les va et vient bruyants des « tenders » autrement dit annexes mais très fortement motorisées de ces mêmes yachts. Le lendemain matin après les formalités d’entrée à la capitainerie et un rapide tour du port parmi des dizaines d’américains descendus d’un paquebot et venus tester les boutiques de luxe, nous regagnons notre bord pour retrouver le calme à l’anse du Colombier.

Passage au soleil couchant d'un paquebot à voiles devant Gustavia
L’anse du Colombier est située à l’ouest de Saint Barthélémy et fait partie d’une réserve naturelle, des bouées gratuites y sont installées à la disposition des plaisanciers, nous en prenons une et y passerons une très bonne nuit. L’environnement y est très sauvage et on a du mal à croire qu’à deux Mn de distance il y a une vie trépidante.

Nous reviendrons à St Barth avec Marie Dominique plus tard, mais avant son arrivée nous avons encore quelques travaux à faire à bord, pour ce faire nous disposons d’une semaine. Le samedi 8 nous appareillons donc pour St Martin.

Saint Martin vous le savez sans doute est une île qui a la particularité d’avoir une partie hollandaise au sud et une partie française au nord, la frontière faisant l’objet d’une simple stèle sur la route reliant Marigot la capitale française à Philipsburg son homologue hollandaise. Mais le contraste est saisissant entre les deux parties. Nous le constatons du large en nous approchant de la côte sud, les promoteurs immobiliers sont passés par là et  des cages à lapins pour touristes sur plusieurs niveaux tapissent le front de mer. Le passage devant l’aéroport Juliana est impressionnant car les gros porteurs nous survolent de près avant de se poser sur la piste située juste derrière la plage. Sitôt passé cette zone nous abordons par l’ouest la partie française et là les résidences dépassent rarement un étage avec de la végétation autour. Nous contournons donc  la pointe Plum la plus à l’ouest avant de mettre le cap sur la baie de Marigot.

Baie de Marigot avec sur la gauche le "lagon" de Simpson Bay
Mouillage dans la baie avant de franchir le lendemain matin le pont ouvrant de Sandy Ground reliant Marigot aux Terres Basses. Nous mouillons notre ancre au nord du chenal menant à la Marina Royale, volontairement puisque les chantiers et shipchandlers se trouvent près du pont et les commodités de la ville vers la marina.

Il y a là une succursale de chez Incidences du Marin à qui nous confions la confection d’extensions latérales du bimini nous protégeant mieux de la pluie, un magasin Budget Marine où nous trouvons deux panneaux solaires de 135W à un très bon prix et un Sud Africain Terry spécialiste de l’inox qui nous confectionnera une belle armature bien intégrée au dessus du bimini. Mes panneaux solaires semi-souples collés au roof ayant rendu l’âme depuis un certain temps, nous aurons ainsi toute l’énergie voulue au mouillage.

Tout cela nous prendra la semaine et le lundi 17 nous prendrons place aux pontons de la marina entre un bateau dont la dame est de Concarneau et un autre dont le propriétaire est briochin et qui tient une boutique dans cette même marina. Le mardi nous accueillerons Marie Dominique à l’aéroport et le lendemain nous lui ferons découvrir l’île en louant une voiture.

Marie Dominique au Pic Paradis, sommet de St Martin 424m
Nous connaissions déjà St Martin pour y être venus en 2000 grâce à un voyage organisé par notre fournisseur de motoculture de plaisance Stihl et c’est avec plaisir que nous avons retrouvé la partie nord est, Orient Bay, l’anse Marcel, Grand Case bien préservés par le Conservatoire du Littoral. Le 21 nous mettons le cap sur Anguilla qui est une ancienne colonie britannique toute en longueur à 7Mn au nord de St Martin et qui protège efficacement cette côte de la houle de nord. Nous mouillons en fin de matinée à Road Bay port principal de l’île et seul endroit où on peut effectuer nos formalités d’entrée, nous sommes surpris du coût de celles-ci : 53 US Dollars pour 2 nuits à l’ancre et une visite à un site du parc national. Le lendemain direction Little Bay à l’Est où nous nageons avec les petits poissons. Retour à Road Bay le soir car interdiction de passer la nuit dans les sites du parc. Le lendemain direction plein Nord à Prickly Pear où nous déjeunerons d’un délicieux vivaneau grillé sur la plage chez Johno’s.

Et il y a même des frites!
La configuration des lieux nous rappelle les Glénan : bonne table devant le lagon…

La plage de Prickly Pear
Les jours suivants nous irons mouiller à Grand case mais la houle et le bruit nous ramèneront à Marigot d’où nous irons flâner à Philipsburg en « Taxi-co », puis prendre notre bain quotidien à Baie Rouge.

La plage de Baie Rouge et son arche
Nous avions promis à Marie Dominique une croisière à St Barth et le vendredi 28 nous remontions au près vers Anguilla pour un premier bord et le deuxième nous mènera directement à l’anse du Colombier en passant entre L’île de Tintamarre et St Martin. Pour la deuxième fois nous prenons une bouée du parc à cet endroit et une petite balade nous mènera jusqu’à l’anse des Flamands.

La côte nord de St Barth avec au fond, la Baie des Flamands
Le lendemain baignade impérative pour voir les petits poissons et départ pour Gustavia afin de montrer à notre invitée ce qu’est la vie de ce St Tropez équatorial. Une grande virée à terre nous mènera à St Jean avec son célèbre aérodrome spectaculaire puisqu’à l’atterrissage les avions passent à 3m à peine au- dessus des véhicules roulant sur la crête et au décollage ils rasent la magnifique plage.

La plage de St Jean et les bouées délimitant l'endroit que les avions survolent au décollage
Retour par la montée du morne Depoudre avec des vues magnifiques sur les deux côtés de l’île et embarquement pour l’île Fourchue, cirque naturel sauvage et désertique où nous nous amarrons obligatoirement aux bouées du Parc. Le lendemain après la visite traditionnelle aux poissons, retour vers Marigot avec une halte repas à l’île de Tintamarre où nous nagerons avec des tortues.

Le  mouillage du bout du monde de l'île Fourchue
Tout a une fin, de retour à Marigot Marie Dominique nous invitera à un bon repas à la marina où surprise nous retrouverons Helmut et Angelica du bateau « Manatee » connus au Portugal et qui eux descendent vers la Martinique. Le 31 nous reconduisons notre invitée à l’aéroport et après être encore une fois intervenu techniquement sur le bateau, l’antenne du GPS fixe MLR ayant rendu l’âme, nous partons le 2 février pour une traversée de nuit vers les BVI (Iles Vierges Britanniques) mais ceci est une autre histoire…

mardi 30 novembre 2010

Retour aux Antilles auprès de notre cher bateau

Nous vous écrivons de Grand Anse d'Arlet en Martinique pour vous donner quelques nouvelles de notre retour sous les Tropiques.

Lundi 8 novembre :
Grâce à Julie et Thierry de "Cool Daddy" (voir le chapître Portugal), nous avons pu dormir chez eux à Paris après qu'ils soient venus nous chercher à Briare et comble du luxe, Thierry nous amène à Orly avec nos bagages et notre nouvel enrouleur de trinquette (en éléments de 2m !).

Le vol se déroulera sans encombres et nous retrouvons notre bateau au chantier Carenantilles au Marin. Il n'a pas souffert de notre absence, même pas de moisissures. Dès le lendemain matin je me mets au travail pour la fin du grattage des x couches d'antifouling. Opération pénible s'il en est du fait de la chaleur et des moustiques.

Les Tropiques, ce n'est pas que du plaisir !

Enfin, le 15 novembre comme prévu en juillet, le bateau retrouve son élément. Malheureusement nous regagnons les pontons escortés de deux zodiacs car les safrans ne répondent quasiment plus à la barre. Avant de partir j'avais confié à une entreprise locale le soin de changer les joints du vérin, ayant constaté une légère fuite; la réparation fut mal faite et arrivé aux pontons ils durent refaire le travail. Pour nous il restait à poser l'enrouleur, n'ayant jamais réalisé ce travail on mit presque deux jours à le faire entre deux grains, mais une fois posé, quelle satisfaction!

Fred, Tilikum pour les habitués d'Hisse Héo m'installa un nouveau gestionnaire de batteries et vérifia le réfrigérateur et la voilerie Incidences me posa un bimini en deux parties qui nous sera plus rapide à installer que le taud de soleil d'origine, bref le bateau est vraiment tropicalisé.

Le 19 nous pouvons accueillir nos invités, Nicole et Jean Claude, soeur et beau-frère. Nous partons dès le lendemain pour le mouillage de Sainte Anne où nous pouvons profiter d'une eau claire à 29° dans laquelle nous nous baignons plusieurs fois par jour. Nous avons aussi ramené de métropole un super jambon que Yves nous a acheté à Bayonne et qui nous assurera bien des repas.

Le plus dur à faire : couper de très fines tranches !

Le 23 nous quittons Sainte Anne pour Grande Anse d'Arlet où nous nageons avec les tortues et les beaux poissons. Nous y retrouvons aussi Claudine de "Mopélia", nous y faisons quelques balades dans les sentiers environnants pour rejoindre les Anses d'Arlet, l'Anse Dufour et l'Anse Noire.

Nicole et Jean Claude sur le ponton de l'Anse Noire
Le 26 nous gagnons Fort de France où nos invités doivent récupérer une voiture le lendemain pour rejoindre leur gîte de Saint Pierre où ils poursuivront leur séjour. Nous en profitons pour visiter le centre de la capitale de l'île que nous n'avions jamais vu, c'est plus agréable que Pointe à Pitre et le fait de mouiller devant la place de la Savane et le "Malecon" a un certain charme.

Fort de France et sa cathédrale



lundi 19 juillet 2010

Les Petites Antilles de Grenade en Guadeloupe

Nous quittons les Iles du Salut le 21/04 après presque 48h, la houle s'étant levée, nous décidons de mettre le cap sur Tobago mais nous nous apercevrons tout de suite que notre GPS/Traceur ou plutôt son antenne ne capte plus les signaux satellites, nous remettons en service au poste de barre notre petit GPS portable dont l'écran deviendra de moins en moins lisible, heureusement que le fixe à la table à cartes est toujours opérationnel.

Mouillage de l'île Royale aux Iles du Salut
Cette navigation se déroulera sans histoire avec un courant portant et nous passerons la pointe Est de Tobago le 25/04 à minuit, n'ayant plus notre position sur la carte du traceur nous décidons de continuer sur Grenade. Nous arriverons à Prickly Bay à 16h30 après 706Mn parcourus. Cette traversée s'est faite sur la fin au large du Vénézuela, dans une région où sévissent les nouveaux « pirates des Caraïbes ». Heureusement nous n'en avons pas rencontré mais une fois arrivés en Martinique nous avons appris que à peu près à la même époque et encore plus au large que nous, l'unique occupant d'un voilier français avait été attaqué par deux embarcations et que grâce à des cocktails molotov maison il avait réussi à embraser l'une d'entre elles lui permettant de leur fausser compagnie. Nous resterons quatre jours à Grenade, l'île aux épices, première des « Winward Islands » (Iles au vent), ancienne possession britannique où vivent encore beaucoup d'anglais dans de très belles villas.


Port de Saint George - GRENADE



Nous y retrouvons les eaux claires et j'en profite pour finir de nettoyer la carène, nous y trouverons aussi un réparateur en électronique qui nous branchera le traceur sur la même antenne que le GPS fixe, malheureusement la précision ne sera plus la-même cette dernière n'étant pas différentielle, il faudra tenir compte de l'erreur de 50m minimum! Autrement dit reprendre les vieilles habitudes d'avant l'avènement de l'électronique.

Le 1er mai nous remonterons vers Carriacou avec notre dérive bloquée en position haute, là-bas nous découvrirons pour la deuxième fois un objet cylindrique en plastique dur qui devait flotter entre deux eaux et qui avait réussi à se mettre entre la dérive et le puits, empêchant celle ci de descendre. Nous mouillons à Tyrell Bay, très abritée et nous visiterons l'île en taxi collectif le 3 mai. En rentrant au bateau nous avons la surprise de voir « Hydra blue » l'Atlantis 430 de Didier et Marie Pascale rencontrés à Madère, mouillé derrière nous. Ils arrivent de Union après avoir écumé les Petites Antilles depuis février, du coup nous dînons chez eux et passons une très agréable soirée à raconter nos navigations respectives et je ferai avec Didier un tour complet des futurs mouillages au nord de la Guadeloupe jusqu'aux Iles Vierges.          
Notre fils Yves nous rejoignant en Martinique pour une vingtaine de jours, nous remonterons assez rapidement les Grenadines, St Vincent et Ste Lucie où nous étions déjà venus avec un catamaran de location en 2005. Nous redescendrons en sa compagnie pour lui faire découvrir ce paradis.
         
Au Marin nous retrouvons la France et toutes les facilités techniques d'un grand port de plaisance,nous y serons au moment de l'Ariane's Cup qui regroupe dans ce port près de 90 catamarans! Nous confirmons notre sortie de l'eau pour juillet au chantier Carenantilles et contactons divers professionnels pour de futures mises au point ou améliorations. Nous y retrouvons aussi plusieurs bateaux rencontrés au cours de notre périple dont « Mopélia » de Claudine que nous avions quitté au Cap Vert. Son fils ayant poursuivi son voyage elle est maintenant seule à bord et nous nous baladerons ensemble.
       
Le 19 mai, jour de la St Yves, nous accueillons notre fils à l'aéroport. Un bon repas au restaurant « Ti-Toques » pour fêter la Gouël Erwan et son arrivée. Le lendemain une fois effectuées les formalités de sortie, très faciles car informatisées au Marin, nous quittons le port en compagnie de « Mopélia » qui remonte vers la Guadeloupe; nous mettons le cap sur Ste Lucie pour aller mouiller à Rodney Bay au nord, distante de 26Mn, la douane étant fermée nous n'effectuerons pas nos formalités d'entrée, faut dire qu'en remontant tous les deux on les avait faites. Le lendemain à 9h30 départ pour Marigot Bay après un peu plus d'une heure de navigation. C'est le mouillage le plus célèbre de l'île, il s'agit d'une profonde crique séparée en deux par une langue de sable avec des cocotiers, le fond est le domaine des loueurs de bateaux tandis que les visiteurs mouillent à l'entrée.

Marigot Bay


Les places les plus disputées se trouvent sur babord dans 1m50 à 3m d'eau où nous trouvons une place. L'eau est très claire et l'après midi sera consacrée au grattage de la coque (eh oui, encore, sous les tropiques quand l'antifouling n'est plus actif, c'est tous les quinze jours qu'il faut le faire) et à voir les poissons multicolores en PMT (Palme, Masque, Tuba), que du bonheur. Le lendemain visite de Castries, la capitale, de Soufrière au pied des deux Pitons, des « Sulphurs Springs » et du jardin botanique en Taxico.
     
Le lendemain départ à 5h du matin car nous avons 63Mn à faire pour rejoindre Bequia (prononcer bécoué), nous préférons éviter une escale à St Vincent qui n'est pas très sûre et faire notre entrée directement aux Grenadines. Nous y resterons une journée avec baignade et visite de Port Elizabeth avant d'appareiller pour les « Tobago Cays », le paradis des îles au vent. Il y a tout d'abord Mayreau l'île principale avec son mouillage carte postale de « Salt whistle bay » où nous retrouvons « Dame Licorne » un voilier québécois rencontré à la Goméra, ensuite la barrière de corail près de l'îlot de Barradal où l'on nage avec les tortues marines, c'est un moment fabuleux. Près de la barrière c'est avec les petits poissons multicolores qu'on batifole et avec des beaucoup plus gros tels que raies ou requins dormeurs, heureusement d'ailleurs qu'ils dorment! Bref cela fait la troisième fois que nous y venons et on s'en lasse pas, Yves en gardera longtemps un merveilleux souvenir ainsi que des autres îles où nous passons ensuite : Union, Petite Martinique, Petit St Vincent et Carriacou.



Le retour se fera d'une traite vers la Martinique avec un bon vent de travers jusqu'à St Vincent et une nuit très dure dans le canal de Ste Lucie avec des orages et des grains violents. C'est avec soulagement que nous laisserons tomber l'ancre à l'aube du 1er juin devant Ste Anne. Yves repartant le 5, nous lui ferons découvrir cette île que nous apprécions beaucoup avec une grande balade à pied de 15kms sur la côte sauvage du sud-est, puis en voiture la presqu'île de la Caravelle, Sartène où il fera du surf sans oublier St Pierre et la distillerie Depaz, le dernier jour ce sera la côte ouest avec les Anses d'Arlet et tous ses mouillages avant de passer à la distillerie Trois Rivières acheter le fameux T-shirt bleu clair qu'il arbore maintenant avec fierté au QG des jeunes de Trévignon: le bar du Noroît où Christine sert de copieux ti-punchs de ce fameux rhum!
       
Nous nous étions habitués à notre fils et nous nous retrouvons à deux pour remonter doucement vers la Guadeloupe en faisant plusieurs beaux mouillages sur la côte ouest, nous passerons en Dominique à Porsmouth que nous avions visité il y a un peu plus de dix ans avec nos enfants avant de rejoindre Claudine et Mopélia aux Saintes. Nous y revenons avec grand plaisir car l'endroit est toujours aussi charmant, c'est le « Pont Aven » des Antilles, d'ailleurs on y retrouve la boutique de Martine Cotten et le catamaran de Patrick Morvan ainsi que sa propriété. On y restera pratiquement une semaine à marcher avec Claudine et à faire plusieurs mouillages.

Mopélia et Retour de Galbord à l'îlet Cabri - Les Saintes
Puis ce sera l'Ilet Gosier en Guadeloupe et la marina du Bas du Fort où « Mopélia » restera au Lagon Bleu pour la saison cyclonique. Nous louerons une voiture pour visiter certaines parties de l'île que nous n'avions pas vues en 2008 et retrouver nos amis Michel et Dominique chez qui nous étions à Deshaies et qui ont une nouvelle location de gîtes à Ste Anne. Annick retrouvera aussi son filleul Stéphane qui enseigne à Gosier et que nous amènerons un week end découvrir Marie Galante.
          
Les « ondes tropicales » se faisant de plus en plus nombreuses, nous rentrerons en Martinique le 29 juin pour une petite semaine de farniente à Sainte Anne et une quinzaine de jours au Marin où nous faisons intervenir les professionnels pour des devis et quelques mises au point et réparations. Une fois le bateau sorti de l'eau au chantier Carenantilles où nous faisons connaissance d'un autre Atlantis 430 suisse : « Sakatia », j'entreprends de gratter complètement les 22 couches d'antifouling successives ou plutôt ce qu'il en reste afin de repartir en novembre avec une belle carène, malheureusement on doit se battre constamment avec les moustiques et cette dernière semaine au sec sera pénible, heureusement entrecoupée de délicieuses baignades aux Salines dans une eau à 29°...


Paré pour la saison cyclonique

Nous sommes rentrés en métropole le 20 juillet et nous y restons jusqu'au 8 novembre laissant notre brave canot sanglé sur quatre plots de béton qui on l'espère lui épargneront les affres des cyclones.

mercredi 21 avril 2010

Guyane


Nous quittons la marina de Jacaré et le Brésil le lundi 29 mars, un petit peu en fraude avec les autorités du pays puisque nous avions droit à 90 jours de présence et nous étions arrivés le 25 décembre.

Notre ami Jean Pierre sur « Alya » nous suit car il a son pilote automatique en panne et son radar qui fonctionne d'une manière aléatoire, heureusement qu'il a un régulateur d'allure mécanique. Il pense réparer le tout à Trinidad où il « hivernera »son bateau. Nous serons donc complémentaires durant cette étape, nous, en lui assurant une veille des cargos grâce à notre AIS et lui, nous fournissant des infos météo dont il est fana et très compétent, nous adapterons donc l'allure de nos bateaux afin de rester à portée de VHF voire de vue dans la mesure du possible.

Alya
  
Cette traversée de plus de 1300Mn bénéficie théoriquement d'un courant portant de 1 à 3 nds, en fait il sera de près d'un noeud, sauf la dernière journée près des côtes de Guyane où il sera plus fort. Nous devons aussi sur ce parcours repasser l'équateur et la ZIC (Zone de convergence intertropicale) autrement dit le pot au noir.


Des hauts fonds situés au dessus de la côte nord-est brésilienne et l'obligation d'être dans des fonds de 100m minimum pour ne pas rencontrer des pêcheurs la nuit nous empêcheront de tirer tout droit une fois passé la pointe extrême Est, cela nous contraindra à effectuer quelques empannages.
Une fois passé cette pointe, nous bénéficions de bons vents soutenus jusqu'à l'équateur avec le passage de très gros grains nous obligeant à réduire très rapidement la voilure. Le 2 avril Jean Pierre nous dit avoir vu de très près une baleine alors qu'au moins une cinquantaine de dauphins nous faisaient la fête, nous n'en avions jamais vu autant.




Le 3 nous entrons en contact VHF avec « Emata », catamaran occupé par des norvégiens alors qu'un gros orage se déclenche et la foudre tombera tout près d' »Alya ». Nous passerons la ligne à 4h12 le 4 avril. Le 7, nous entendons « La Françoise » appeler « Emata », nous connaissons Michel et Audrey leurs occupants depuis Salvador et ils nous disent venir de Fortaleza et aller dans l'Oyapock fleuve représentant la frontière entre le Brésil et la Guyane, on les entend parfaitement et pour cause, à 11h ils nous dépassent, faut dire qu'il s'agit d'un catamaran de 40 pieds en strip-planking bien taillé pour la vitesse.

Michel nous ayant appris que le lancement d'Ariane 5 prévu fin mars serait à nouveau tenté le 9, nous reprenons espoir de pouvoir y assister, aussi cette matinée du 8 sera occupée à prévoir notre arrivée en Guyane et l'éventuelle vue du départ. Je ne vous l'ai pas encore dit mais deux raisons, en plus de l'aspect découverte du pays, nous poussaient à nous y arrêter. La plus ancienne était que le frère de Gérard, mon premier collaborateur lors de l'installation de mon magasin « Mat Service » à l'époque, demeure à Cayenne, y possède une entreprise de mécanique générale et y est arrivé en voilier. La deuxième est que Béatrice, notre nièce, est à Kourou avec Erwan, son compagnon qui est chargé par l'Apave de vérifier la conformité du pas de tir des fusées russes Soyouz.

Grâce au téléphone satellite Iridium et les mails passés par lui, nous apprenons que le tir aura lieu à 18h, ce qui nous laisse une chance d'y assister d'autant plus que Jo, le frère de Gérard, nous propose gentiment de nous prêter un véhicule pour aller à Kourou si on débarque à Dégrad des Cannes, le port de Cayenne. Les autorités interdisant l'accès au port de Kourou à partir de 13h et la zone au large étant interdite à la navigation, Jean Pierre qui voulait se rendre directement au Suriname et qui est très fatigué de sa navigation en solitaire se décide à nous suivre à Dégrad.

Vers 19h on est surpris de voir des poissons sauter à l'arrière du bateau, je mets aussitôt une ligne à l'eau et à peine déroulée je sens une prise, ce sera un magnifique thazard, le repas d'arrivée sera assuré. A 7h du matin nous contournerons la bouée d'entrée du chenal du fleuve Mahoury menant au port de Dégrad des Cannes. Il existe deux pontons occupés en permanence par des voiliers dont les propriétaires y vivent en permanence et travaillent dans la région. Nos amis de « Tahaa-Tiva » Christian et Martine passés une quinzaine de jours plus tôt nous avaient avertis que ce n'était pas gagné d'avance d'y trouver une place.


Nous avons donc d'abord mouillé notre ancre malgré un courant très fort et après avoir gonflé l'annexe Jean Pierre et moi sommes allés parlementer avec les occupants des pontons, Jo que j'avais prévenu me permettait de mettre mon bateau à couple du sien tandis que Jean Pierre pouvait se mettre à couple d'un Sun Legende 41 occupé par un Lannionais déjà rencontré à Jacaré. A l'étale les deux bateaux étaient rangés et nous pouvions tous trois déguster notre poisson arrosé de notre dernière bouteille de vin blanc de Lanzarote débouchée pour fêter notre retour en France!

A nous le départ d'Ariane 5! Grâce à l'amabilité de Jo, après 11 jours de mer, je saute pour la première fois dans un 4x4 plus tout jeune avec Annick et Jean Pierre pour aller assister au décollage d'une fusée, un petit peu brutal le retour sur terre! Grâce aux indications de Béatrice nous arrivons presqu'une heure en avance sur le site officiel de Carapa, maheureusement le compte à rebours sera interrompu deux fois pour être finalement arrêté et le lancement reporté à une autre date, c'était le troisième essai. Dommage pour nous.



Le lendemain nous réussissons à louer une voiture à l'aéroport et notre première « excursion » sera d'aller faire nos courses au Géant Casino tout proche et de retrouver avec plaisir tous les bons produits français frais dont nous étions privés depuis près de dix mois

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En Guyane cohabitent de nombreuses personnes venant d'autres pays, comme au Cap Vert nous retrouvons les chinois dans de nombreux commerces : bazars, restaurants et un nombre impressionnant d'alimentations telles que 8 à 8, Spar etc...qui sont évidemment ouverts presque tout le temps. A côté d'eux on rencontre des indiens, des surinamiens, des brésiliens mais la population qui nous a surpris le plus ce sont les hmongs. Il s'agit d'une ethnie du sud-est asiatique rejetée par ces pays et qui à la fin de la guerre du Vietnam a été accueillie par certains gouvernements et dans notre cas la France leur a proposé de s'installer en Guyane puisque le climat ressemblait beaucoup au leur. En quelques années ils sont devenus ici les principaux producteurs de fruits et légumes, ils sont très solidaires et organisés et à voir leurs tracteurs derniers cri et leurs 4x4 rutilants on voit qu'ils ont bien profité des subventions européennes. Ils organisent tous les dimanches un marché dans leur fief de Cacao où nous leur rendrons visite.

C'est un village au sud de Cayenne sur la route de St George de l'Oyapock, on y accède par une route complètement défoncée, il faut dire que c'est en pleine forêt et qu'il y a des exploitations forestières sur la route avec des tracteurs débardeurs. Une fois arrivés on se retrouve dans un vrai village avec église et une grande halle en bois où l'on trouve tous les fruits et légumes du coin et aussi plusieurs restaurants spécialisés dans les plats asiatiques absolument délicieux, le tout arrosé de jus locaux ou même de bière chinoise. Il y a aussi de l'artisanat de leur contrée d'origine. A côté de tout cela nous ne sommes pas étonnés de voir flotter le « Gwenn ha du », en effet un morlaisien, Gwen, y tient le bistrot-macdo-cyber du coin, rendez vous incontournable de la jeunesse hmong, nous sommes étonnés de ne pas voir de crêpes à la carte, mais il nous assure que c'est pour bientôt.


Le marché Hmong de Cacao

Un autre jour nous irons vers le nord, première escale Kourou avec la visite du Centre Spatial Guyanais, nous y arrivions quatre jours après l'échec du lancement et on sentait la déception d'autant plus d'après leurs dires qu'ils étaient obligés de faire appel à la « Task Force » venant de Paris pour solutionner le problème. La fusée avait regagné son hangar et un gros semi-remorque transférait le carburant, c'est sûr que le lancement ne serait pas pour tout de suite. Ceci dit la visite est fort intéressante et nous permet de mieux comprendre cet immense complexe initié par le Général de Gaulle après l'indépendance de l'Algérie. Le soir nous retrouvions Béatrice et Erwan qui nous passa un diaporama sur la construction du pas de tir des fusées Soyouz dont il supervise la conformité. Dîner dans un « lolo » au village Saramaca avec d'excellentes brochettes.
                                                                        


Le lendemain, direction Saint Laurent du Maroni tout au nord, au bord du fleuve éponyme séparant la
Guyane française de l'ex Guyane hollandaise, le Suriname. Une ville coloniale agréable dont les principaux édifices ont été construits par les bagnards puisque le fameux « Camp de la Déportation » assurait une main
d'oeuvre bon marché et inépuisable. Nous visitons donc ce camp avec un guide très volubile mais qui nous fait bien revivre ce moment douloureux de notre histoire. Le retour se fera par la plage des Hattes à l'embouchure du fleuve où nous verrons les traces de l'enfouissement de leurs oeufs par les tortues Luth qui y viennent la nuit.

La cour de la guillotine à l'intérieur du Camp de la Déportation


                                                                   


La plage des Hattes et l'embouchure du Maroni
Nous visiterons bien sûr Cayenne, avec la magnifique place des Palmistes, les beaux bâtiments coloniaux comme l'Hôtel de ville, mais nous serons quand même déçus de ne plus y voir la mer, l'envasement est tel que c'est une vraie mangrove qui a envahi le front de mer, de même qu'il n'y a plus d'eau au pied des quais du vieux port alors que d'après leur taille on imagine qu'il y eut les siècles passés beaucoup de trafic. C'est de ces quais que nous apercevons « La Françoise » au mouillage presque au milieu du fleuve, il y était rentré de nuit en remontant de l'Oyapock avec à l'embouchure 50 cms d'eau sous ses flotteurs!

Notre QG Wifi sur la place des Palmistes

La fin du séjour guyanais sera consacré à Jo et sa famille, visite de son entreprise très bien équipée de machines-outils, apéro chez lui et bon dîner au restaurant de spécialités créoles. Le lendemain sortie à l'Ilet la Mère avec nos deux bateaux, Jean Pierre nous quittant pour le Suriname. Cet îlet servit autre fois à l'Institut Pasteur pour expérimenter différents vaccins de maladies tropicales sur des petits singes qui y sont toujours présents. Nous débarquons donc pour se balader parmi une très belle végétation et faire un super barbecue de picanha, viande de boeuf brésilienne dont Jo se fournit au marché de Cayenne. Après une petite sieste Jo et ses invités regagneront leur bord pour remonter à Dégrad tandis que nous resterons seuls au mouillage très calme avec de temps en temps le bruit des noix de coco tombant sur les tôles des carbets, sans doute détachées par ces mêmes singes.

Jo et Ivonete, nos hôtes


Les singes sont toujours là à l'Ilet La Mère


Le lendemain, petite navigation de 35Mn pour rallier les Iles du Salut au cours de laquelle nous pêcherons un « Spanish Mackerel » et nous serons interpellés par les Douanes pour contrôle de notre itinéraire. Par contre de temps en temps nous constatons avec inquiétude que le signal GPS de notre traceur décroche. A l'arrivée nous retrouvons « La Françoise » , Michel et Audrey viendront prendre l'apéro à notre bord. Je profite de l'eau relativement claire pour caréner une partie de la coque en apnée, il y a plein de concrétions qui ralentissent le bateau et l'antifouling n'est plus efficace.
Les ïles du Salut sont au nombre de trois, l'île Royale, l'île St Joseph et l'île du Diable, toutes trois ont accueilli des installations pénitentiaires. La plus grande est l'île Royale où se trouvaient en plus du pénitentier, la chapelle, l'hôpital et l'administration. Le Centre National d'Etudes Spatiales propriétaire de l'archipel y a fait et continue à y faire d'importants travaux de restauration comme la rénovation de la chapelle et la transformation des bâtiments administratifs en un hôtel restaurant très agréable. Afin de suivre le lancement des fusées il y a aussi installé un cinétélescope.

Les installations pénitentiaires sur l'île St Joseph sont beaucoup plus envahies par la végétation et des légionnaires chargés de l'évacuation des îles lors des tirs y demeurent. L'île du Diable, où était reclus Dreyfus n'est pas visitable et est entourée de courants très violents

L'île Saint Joseph vue de l'île Royale
Le 21 en début d'après midi nous levons l'ancre car la houle s'est levée et le mouillage devenait pénible. Nous quittons l'Amérique du Sud pour les Caraïbes.