lundi 12 octobre 2009

Canaries

Bonjour à tous de San Sebastian de la Gomera,

Nous vous avons quittés le 26 Septembre, ce matin là nous partons de la marina Quinta do Lorde à l'extrémité Est de Madère pour rallier l'archipel des Canaries. Nos copains Yves, Elisabeth, Denis et Edith se sont tous levés pour nous dire au-revoir, c'est vraiment sympa. Dès la sortie du port, un vent de Nord de 25 à 30 Nds nous cueille à froid, heureusement que la mer est parfaitement plate protégée par l'île. Nous décidons de passer les Iles Désertas par l'Est, ces îles sont au nombre de trois, elles s'allongent sur 12Mn grosso modo sur une orientation nord-sud et sont une réserve naturelle, le sommet est quand même à 478 mètres ce qui du pont du bateau est assez impressionnant car nous les passons de près. Ensuite cap au 139, directement sur Alegranza première île des Canaries.

A 15h15, on s'aperçoit qu'un poisson a mordu à notre ligne, on la ramène à bord mais au bout de 20 mètres il se décroche, dommage apparemment c'était une dorade coryphène. Un nouveau problème technique apparaît bien vite, l'hydrogénérateur ne débite plus, suite aux problèmes d'alimentation du pilote j'ai alimenté directement le calculateur depuis la batterie avec du 2X6² et de ce côté là tout va bien, mais décidément il y a toujours quelque chose qui cloche! Bref, la traversée ne durant que deux jours on verra cela aux Canaries. A 18h15 L'AIS sonne et nous repérons un pétrolier. La nuit sera sans problème et un autre gros bateau sera repéré à 4h.


Notre première daurade coryphène
Le dimanche 27 au point de 9h nous aurons parcouru 134Mn et 20 minutes après nous remontons à bord une superbe daurade coryphène de 60cms, suivie une demie heure plus tard par une petite bonite, à défaut de Bruno à bord on fait ce qu'on peut! A 18h le GPS nous donne une arrivée à 6h donc de nuit nous préférons affaler la grand-voile afin de réduire la vitesse.

Alegranza, première île des Canaries


Le lendemain dès 6h30 je vois le feu du phare d'Alegranza et une heure plus tard je distingue à tribord la masse sombre de l'île volcanique, puis avec l'aube les falaises de Lanzarote commencent à émerger de l'obscurité, c'est vraiment un moment magique que celui d'arriver surtout au petit jour devant des îles inconnues. A vrai dire, je ne devrais pas dire inconnues dans ce cas précis puisque il y a 20 ans, suite à un challenge au sein de l'enseigne « Mat Service », Annick et moi étions venus à Ténérife une semaine, nous avions profité de l'occasion pour visiter sur un jour la Gomera en bus et un autre jour Lanzarote. On l'a sûrement dit à beaucoup d'entre vous, mais sur cette dernière île, en voyant la petite île de Graciosa du haut du mirador del Rio, nous nous étions jurés d'y revenir un jour avec notre propre bateau, eh bien ce matin du 28 Septembre à 10h50 nous embouquons le Rio séparant Graciosa de Lanzarote et à midi nous entrons dans le petit port de « Caleta del Sebo » après avoir parcouru 273Mn. Notre voeu s'est réalisé!

La Graciosa, 20 ans après

Nous trouvons une petite place, la dernière disponible dans un recoin difficile d'accès mais où nous arriverons quand même à nous faufiler grâce au propulseur d'étrave. Comment vous décrire Graciosa?  D'abord ses dimensions, 6,5Kms de long sur 3 de large, elle est aride voire désertique, très basse sur l'eau avec quatre cônes volcaniques dont le plus haut émerge à 265m. Toute la vie est concentrée autour du port à part quelques belles résidences à la pointe NW de Pedro Barba. Il n'y a pas de routes goudronnées, que des pistes et les rues du village ne sont que du sable, notre guide nautique nous dit très justement ce qu'ont coutume de dire les habitants aux visiteurs : « quand vous débarquez, vous pouvez enlever vos chaussures et oublier le reste du monde » et c'est bien vrai. N'y circulent que quelques 4X4.


Il restait une place au ponton
La vie sur l'île est rythmée par les bateaux qui amènent les touristes dans la journée et dès la soirée la vraie vie îlienne apparaît, les terrasses des bistrots et restos se remplissent de gens du coin ou de plaisanciers et le monde se refait. On va y rester 6 jours qui pour l'instant seront les plus agréables de notre périple.


Fin de journée hors du temps
Nous y ferons de belles balades parmi les volcans, pris de bons bains dans une eau transparente et connu d'autres bateaux et équipages. Parmi ceux-ci, Eric et sa compagne Jo avec un Sun Fizz qui vont aussi au Brésil puis ils passeront Panama pour rallier la Nouvelle Zélande pour la prochaine coupe du monde de rugby, Eric étant un passionné du ballon ovale, nous les retrouverons plus tard.


L'Estrecho del Rio entre La Graciosa et Lanzarote
Du mouillage voisin de playa Francesa, Ollivier de Mellac déjà rencontré à Madère viendra boire un pot à bord, il était le coordonnateur technique de la construction du maxi trimaran Banque Populaire et il part aussi avec sa femme et ses deux enfants pour un tour d'Atlantique.

Je révise aussi l'hydrogénérateur et la panne venait d'une mauvaise connection au niveau de la prise au tableau arrière. Comme on dit, les bonnes choses ont une fin et les Canaries sont grandes, il faut se décider à quitter cet endroit magnifique, il y en aura j'espère plusieurs autres.


Vue sur Alegranza
Dimanche 4 Octobre, départ de « Caleta del Sebo » nous remontons l'Estrecho del Rio avant de passer la pointe Fariones et de longer la côte NE de Lanzarote, petit vent 2 à 3 B. nous permettant d'avancer tranquillement puis il tombera nous obligeant à mettre le moteur pour les derniers milles.
En passant devant la capitale Arrécife, nous pêchons un barracuda, pourvu que cela continue!


Premier barracuda
A 17h30 nous nous amarrons à Puerto Calero, port qui a la particularité d'avoir des bittes d'amarrage en laiton poli que des employés s'acharnent régulièrement à astiquer ...Lanzarote est comme d'autres îles des Canaries, le lieu de vacances privilégié des allemands et on y entend plus parler germain qu'espagnol, ces îles ont pour beaucoup perdu leur âme au profit du tourisme de masse, c'est impressionnant de voir les « cages à lapin » en bord de mer quand on longe ces côtes. Heureusement que l'intérieur et les côtes au vent ont su préserver un peu leur authenticité;

Nous louerons une voiture deux jours pour continuer notre pélérinage, c'est fou ce qu'en 20 ans on oublie, quelques paysages nous diront qu'on y est déjà venu mais dans l'ensemble c'est une redécouverte. Nous commençons par le sud via Femes avant de descendre sur Playa Blanca et Puerto Rubicon, le portable sonne, c'est Arsène et Nelly qui viennent prendre de nos nouvelles, à peine raccroché c'est Marie Thérèse qui nous annonce que sa cousine ne sera pas visible à Las Palmas sur Gran Canaria car sa mère est décédée et elle est revenue en France, cette escale prévue au départ ne se fera donc pas mais de toutes façons dans ce même port se rassemblent 265 voiliers participants à l'ARC (Atlantic Rally for Cruisers) et le port est bondé. Nous irons donc sur Ténérife. L'après midi nous retournerons visiter le Parc national de Timanfaya et la Montana del Fuego, il s'agit de la dernière contrée de l'île à avoir subi une éruption volcanique en 1924 et les champs de lave sont très impressionnants, ils se visitent en car par un circuit de 14Kms. Au sommet de la Montana del Fuego la lave est toujours présente, annonçant une température de 140° à 10cms et 400° à 6m; le restaurant qui y est situé fait toujours ses grillades au dessus de cette lave, la maman d'Annick s'en souvenait toujours très bien ces derniers temps car ce qu'on lui avait raconté 20 ans avant l'avait marqué. Puis nous irons sur la côte nord, La Santa et la Caleta de Famara, beaucoup plus authentique et paradis des surfeurs , véliplanchistes et kite surfeurs. Au retour nous passerons faire un tour à Arrécife.


Montana del Fuego
Le lendemain nous commencerons par la route des vins, eh oui, malgré l'aridité et la sécheresse, Lanzarote produit des vins de bonne qualité, chaque pied de vigne est entouré d'un muret de pierres volcaniques noires en demi-cercle et une fine couche de cendres permet de conserver l'humidité ce qui donne de très beaux contrastes de couleur entre ce noir et le vert de la vigne. Nous passerons ensuite à Téguise, petite ville touristique préservée ou il y a beaucoup de boutiques d'artisanat; nous rejoindrons ensuite le Mirador del Rio pour embrasser une dernière fois la magnifique vue sur Graciosa avant d'aller visiter la « Jameos del Agua » grotte volcanique naturelle au fond de laquelle le niveau de l'eau subit par infiltration l'action des marées et où vit un petit crabe aveugle, le tout aménagé artistiquement par César Manrique qui a fait beaucoup à Lanzarote pour essayer de conserver à l'île son identité. La visite se termine par la « Maison des Volcans » qui vulgarise la volcanologie d'une manière très intéressante.


Les pieds de vigne bien protégés du vent
A Puerto Calero, nous faisons aussi connaissance de Jean Pierre et Véronique qui naviguent sur un Nicholson 31 super équipé battant pavillon suisse qui est effectivement la nationalité de Jean Pierre, Véro étant catalane, ils partent pour un tour du monde via le Cap Vert et le Brésil, on aura donc l'occasion de se revoir, mais Jean Pierre est passionné de BLU et il va passer une demi-journée à m'expliquer son fonctionnement et tenter de remédier aux petites anomalies d'installation de la mienne.

Cela fait une semaine que nous sommes à Lanzarote et il est temps de voir autre chose, nous décidons donc de descendre vers la petite île de Lobos au nord de Fuerteventura, à voir le sable où nous mouillons on se croirait arrivés aux Caraïbes tant il est blanc, malheureusement il y a beaucoup de vent et de houle, nous partirons donc le lendemain matin pour Ténérife distante de 130Mn.


Pointe orientale de Ténérife
Départ à 8h45 avec un bon vent de NE, traversée sans problème et toute la nuit nous aurons le phare et les lumières de Gran Canaria sur notre babord remplacées à la fin par celles de Ténérife. La nuit le vent mollira et c'est au petit matin que le pic du Teide, plus haut sommet d'Espagne percera les nuages l'entourant et la pointe N de l'île apparaîtra. Nous nous amarrerons à la « Marina del Atlantico » de Santa Cruz à midi.
Quand on vous dit que le monde est petit, on le constate un peu plus de jour en jour et qui plus est en ce qui concerne les bretons. Quand vous arrivez dans un port, soit il y a un ponton d'accueil où vous laissez un quart d'heure votre tendre et chère épouse faire un peu de rangement tandis que vous, le skipper descendez fièrement de votre destrier avec votre pochette contenant tous les papiers et allez rendre visite en général à de charmantes secrétaires qui, après avoir photocopié tout ce qu'elles veulent vous attribuent une place avec un plan du port pour vous y rendre, soit et c'est le cas ici, un « Marinero » vous hèle et vous désigne l'endroit où vous devez vous mettre. Et bien ici, bien loin de chez nous on s'est retrouvé à 5 bateaux finistériens dont trois de Port la Forêt!


Entrée du port de Santa Cruz
Le premier est le Bavaria 36 de Michel Pierson de Gouesnach et de son épouse qui était mon voisin de ponton avant que j'aie ma place définitive, je savais qu'il partait pour les Antilles mais étant éloignés dans le port je n'avais pas su quand. En réalité il était parti à peu près aux mêmes dates mais n'avait pas longé la côte nord espagnole et était venu à Madère directement de Lisbonne, de plus ce sont les parents de la directrice de l'école maternelle de Melgven où Annick enseignait et qui habite Kerjean à Saint Philibert. Le deuxième est un Trisbal 36 actuel voisin de ponton avec son propriétaire, son copain qui a aussi un bateau sur le même ponton et un autre copain qui vont aussi aux Antilles mais directement de la Gomera. Le troisième un bateau du Guilvinec et le quatrième un bateau en acier de Morlaix avec un couple d'enseignants et trois petits enfants dont un d'un an. En plus nous y retrouvons Khéops 2, le Sun Fizz d'Eric et Jo connus à Graciosa et qui en sont venus directement.

L'avantage de cette marina est qu'elle est en plein coeur de la ville, une avenue l'en séparant, l'inconvénient est que le port des ferries est aussi tout à côté et qu'il y a tout le temps du bruit, jour et nuit, quand ce n'est pas de la suie s'échappant de leur cheminée qui se pose délicatement sur votre pont, mais bref ne faisons pas la fine bouche. L'autre inconvénient déjà vrai à partir de Madère mais encore plus vrai ici est le problème des cafards. Il faut impérativement enlever tous les emballages cartonnés susceptibles d'abriter leurs oeufs et laver certains fruits et légumes, quelques bateaux en ont eu à bord, nous, croisons les doigts, pas encore.


Le Teide plus haut sommet d'Espagne
Vingt ans auparavant nous étions à l'hôtel à Puerto la Cruz sur la côte nord et l'île ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable, nous déplaçant en bus avec le groupe, nous n'avions même pas pu monter au sommet du Teide. Cette fois nous sommes bien décidés à réparer ce regret, nous louons donc une voiture pour une semaine et nous nous présentons à Santa Cruz à un fonctionnaire pour obtenir le sésame: l'autorisation écrite de monter en haut des 3718m. L'autorisation nous est accordée de 10h à 12h précises, il est donc exclu d'y monter à pied, heureusement un téléphérique nous prend à 2356m et nous amène à 3555m en 8 minutes, reste à gravir le reste, c'est très réglementé et il faut montrer l'autorisation, mais une fois là haut après avoir franchi un passage de 10m dans les fumerolles de soufre, quel bonheur et quelle vue, sur toute l'île bien sûr mais on voit aussi les sommets des autres : Gran Canaria au sud, La Palma, La Gomera et El Hierro à l'ouest. Ce qui est aussi très impressionnant c'est de voir d'en haut la caldera de Las Canadas recouvrant 14000ha avec ses chaos de coulées de lave allant du noir au beige. Nous redescendrons à pied cette fois d'abord par le chemin menant au refuge, puis par une descente raide menant à la Montana Blanca, celle ci toute beige avec des « oeufs » gros blocs ovoïdes de basalte noir propulsés ici et là par l'éruption, ensuite par une longue piste regagnant la route goudronnée. Nous retrouverons la voiture 5heures plus tard fatigués mais la tête et l'appareil photo pleins de panoramas magnifiques.


Au sommet, 3717m
Nous ferons encore d'autres balades, sur la pointe est dans le massif de l'Anaga en pleine forêt sur des sentiers en haut de crêtes impressionnantes, aux hauts lieux touristiques que sont Icod de Los Vinos, Garachico, Puerto de la Cruz. Au final nous serons réconciliés avec Ténérife car nous avons eu le temps de l'apprécier et on se dit que la vie sur cette île doit être très agréable tout au long de l'année du fait de la douceur de son climat et la variété de ses paysages, passant en une heure du bord de mer à la montagne et pour celui qui y a un bateau, un merveilleux bassin de navigation.


Le dragonnier "millénaire" d'Icod de los Vinos
J'allais oublier le centre ville qui nous a laissé le meilleur souvenir, celui de San Cristobal de la Laguna avec ses vieilles rues du centre d'ailleurs classé patrimoine mondial de l'Unesco. C'est là qu'on trouve les maisons des XVI, XVII et XVIII ème siècles avec leurs lourdes portes de bois et leurs magnifiques balcons de bois surplombant les ruelles, derrière ses belles façades se trouvent des patios magnifiques comme celui où est installé le point « i », à ne pas rater. La Laguna est en fait le prolongement dans la montagne de Santa Cruz, il n'y a pas de rupture entre les deux villes.


Patio à San Cristobal de la Laguna
Sur les hauteurs de la Laguna nous français, ne sommes pas du tout commercialement dépaysés puisqu'on y trouve Décathlon, Leroy Merlin, Auchan, Carrefour un peu plus bas, c'est quand même très pratique de pouvoir compléter l'équipement et faire un avitaillement conséquent car il nous faut prévoir un mois de nourriture (1 semaine jusqu'au Cap Vert puis trois jusqu'au Brésil) le ravitaillement au Cap Vert n'étant possible qu'en frais et encore. Ayant vu la chose sur un bateau voisin et imitant Michel, j'investis dans un éclairage à 3 spots à leds de 1W chacun qui nous donne un éclairage de cockpit somptueux, le tout amovible sous la bôme, c'est sûr nous pourrons voir les arêtes des poissons quand nous mangerons dehors! Je bricole aussi un siège de veille au-dessus de la descente et j'achète des jerrycans de gas-oil que je fixe sur les passavants à une planche fixée à deux chandeliers, j'aurai ainsi 100L de carburant supplémentaires en prévision des calmes du Pot au noir. Il faut profiter des derniers avantages de la vie européenne.

A trois milles au nord  il y a une autre marina réservée aux bateaux locaux et un chantier avec un travel lift, après avoir pris rendez vous j'y amène le bateau pour le caréner, nous avions touché un banc de galets en Juillet à San Vicente de la Barquera et je préfère avoir une carène propre pour les traversées à venir, une fois sorti de l'eau, après lavage au nettoyeur HP, il s'avère que ce sont des rayures mineures et après un coup d'enduit et localement d'antifouling, l'anode d'hélice changée préventivement, tout sera en ordre et nous reviendrons le soir même à la marina del Atlantico. La surprise quand même de cette sortie sera le poids annoncé par les pesons : 10 Tonnes, alors qu'en temps normal chez nous on est entre 8 et 8,5T, ce n'est pas étonnant qu'il ait perdu en vélocité, mais  on ne veut manquer de rien et c'est pas évident de se limiter. Après tout c'est un bateau de voyage, pas de régate!

Santa Cruz est aussi la deuxième étape du rallye des Iles du soleil (RIDS) et leur arrivée s'est échelonnée dans la journée du lundi 19, on retrouve avec plaisir Yves et Elisabeth ainsi que Denis et Edith très contents d'être arrivés troisièmes de l'étape sur leur Azzuro 42. Ils repartiront le samedi 24 pour Dakhla au Maroc puis au Sénégal, mais normalement nous les retrouverons à Mindelo au Cap Vert.

Le mardi 20, nous verrons l'arrivée de « Alya », le bateau suisse de Jean Pierre et Véronique, le lendemain comme il nous reste un jour de location de voiture nous leur ferons connaître la côte nord avec retour par Las Canadas au pied du Teide.


Los Roques dans Las Canadas
Le dimanche 25 nous quittons Santa Cruz pour une escale derrière la Montana Roja au sud de l'île, nous aurons beaucoup de vent le soir et beaucoup de houle la nuit et le lendemain matin cap sur la Gomera distante de 31Mn. Nous y arriverons vers 15H et serons aussitôt dirigés vers le « purgatoire », je nomme ainsi le ponton situé près de l'entrée, très sujet à la houle et qui est tellement déglingué que des couinements incessants se font entendre, on nous assure que nous pourrons gagner le « paradis », c'est à dire une place normale dès que des bateaux seront partis. Ce qui est stipulé dans le guide nautique est donc bien vrai, c'est un port qui ne refuse jamais de bateau, ils les casent partout où ils peuvent et de ce fait il est toujours quasiment plein. Ce qui est aussi très impressionnant c'est de voir dans l'avant port les manoeuvres des ferries et en particulier de l'énorme trimaran qui rallie Las Christianos à San Sebastian.


San Sebastian de la Gomera
Nous retrouvons donc aussi la Gomera 20 ans après y avoir passé à peine une journée, là encore plus qu'ailleurs nos souvenirs se sont envolés et c'est une redécouverte totale. C'est une île quasiment ronde de 369Km², avec en son centre au plus haut, une magnifique forêt, le Parc National  de Garajonay. Toutes les routes convergent vers le centre et descendent ensuite dans les différentes vallées, il n'y a pas de route circulaire, nous louons deux jours une voiture pour en visiter les coins les plus intéressants. Le deuxième jour nous ferons deux belles marches, la première au sein du parc où nous cueillerons même des chataîgnes et la deuxième nous verra gravir la montagne sacrée des Guanches, premiers habitants de l'île, la Fortaleza véritable citadelle minérale.

Montana Fortaleza


 La Gomera est une île authentique pas trop envahie par le tourisme de masse, beaucoup arrivant en ferry le matin et repartant le soir, les spécialités sont le gofio, pâte à base de farine de maïs ou d'orge et le guarapo qui est le miel de palme, les anciens ont aussi un langage sifflé : el silbo qui leur permet de communiquer entre les différentes vallées.

Valle Gran Rey - Statue à la mémoire des Guanches

Vous l'avez deviné, on s'y sent bien et le temps y passe très vite surtout que de chaque côté du port il y a une plage où l'on se baigne chaque jour ou presque, mais notre chemin est encore long et les prévisions météo prévoient un temps favorable en milieu de semaine prochaine, nous quitterons donc les Canaries pour une traversée d'une semaine environ, nous comptons arriver sur l'île de Sal au Cap Vert, mais ceci est une autre histoire...

samedi 26 septembre 2009

Madère

Bonjour à tous,

On vous avait laissés le 26 Août alors que nous allions visiter la capitale andalouse. Nous sommes donc partis en bus d'Ayamonte et arrivés à Séville vers midi nous sommes tout de suite allés visiter la cathédrale qui est la 3ème en taille après St Pierre de Rome et St Paul de Londres, elle est effectivement gigantesque et très riche tant au niveau de son architecture gothique que par sa décoration intérieure très chargée.

La cathédrale de Séville

La présence de la domination musulmane au cours de plusieurs siècles est flagrante et la cathédrale a été construite sur les ruines d'une mosquée, ce qui est assez curieux c'est la tour « Giralda » qui était autrefois le minaret de la Grande Mosquée, elle fait 97M de haut et a la particularité de ne pas avoir d'escalier, on y monte par une pente douce en colimaçon à angles droits car le muezzin y accédait à cheval. Les catholiques l'ont gardée mais y ont mis des cloches au sommet!

Vue de Séville prise de la "Giralda"
L'après-midi avant de flâner en ville nous visiterons le fameux Alcazar haut lieu également de l'influence arabe avec de superbes « Azulejos » et de non moins superbes jardins.

Entrée de l'Alcazar

Avant de quitter l'Espagne nous ne manquerons pas d'aller dans une « Jamoneria » acheter un jambon cru « Bellota pattes noires » afin de ne pas manquer de viande durant nos futures longues traversées, nous avons le plaisir d'avoir affaire à une vendeuse parlant parfaitement le français et qui, après que nous lui ayons expliqué notre programme, a mis au moins 10 minutes à choisir la pièce la plus appropriée en y enfonçant un testeur en bois et on est reparti avec un magnifique jambon de 7kgs, qui on peut vous l'avouer est le meilleur de tout ceux qu'on a pu manger jusqu'à présent car il fond littéralement dans la bouche...

La semaine suivante nous avons tranquillement remonté à nouveau l'Algarve vers l'ouest en visitant à fond la lagune de Faro-Olhao pour atterrir à Portimao d'où nous avons visité l'arrière pays en bus et avec nos super vélos pliants. Dans ce port nous avons aussi eu la surprise de voir un couple de Riec sur Belon, client du magasin, lui tenait une voilerie à Concarneau, qui veulent acheter une maison en Algarve et y vivre définitivement, décidément on n'a pas fini de voir des gens du coin, et ce n'est qu'un début.

Le 6 Septembre, nous quittons Portimao et le Portugal continental avec un petit vent mais cela ne va pas durer on s'en doutait, dès le passage à la hauteur du cap St Vincent il forcira pour s'établir entre 20 et 25 noeuds avec des pointes à 30, c'est ainsi que nous franchirons le rail des cargos mais en plus la houle se lèvera avec des creux de 2M50, c'est très impressionnant de voir la mer arriver de derrière à la hauteur du portique et de sentir le bateau se soulever tranquillement en attendant la prochaine.

A ce petit jeu les estomacs fragiles ne résistent pas et Annick se réfugiera le soir à l'intérieur victime du mal de mer, elle ressortira 36 heures plus tard et aura ainsi eu droit à son baptême du grand large.
Le bateau se comportera très bien après avoir affalé la grand voile et laissé que le génois entier ou partiellement roulé suivant la force du vent, nous gratifiant de nombreux surfs à 9/10nds. Le seul problème fut que le pilote nous a vite annoncé « Battery Low » dès la fin du premier jour nous obligeant à couper le frigo et ce malgré la production de 5 à 6 A/h de notre hydro-générateur. Malgré les bip bip réguliers de nuit, le complément de charge des panneaux solaires le jour et notre grande capacité des batteries de traction (450 A), il ne se mettra pas en rideau et nous permettra même de ne réaliser qu'un mille supplémentaire par rapport à la route théorique sur les 456 mn de la traversée.
Un autre point positif celui-là est l'efficacité de l'AIS qui nous avertit par un signal sonore qu'un gros bateau est sur notre route, cela me permet de me reposer quelques minutes entre deux tours d'horizon. Ce sera la deuxième nuit que nous croiserons le plus de cargos.

Le mercredi 9 au point de 8H30, soit 72H après avoir quitté Portimao, le loch affichait 404 mn sur 455 à faire autant dire que dès le début de l'après midi nous scrutions l'horizon particulièrement sous les nuages, le GPS nous indiquant que nous n'étions plus qu'à une quinzaine de milles et ne distinguant rien, je me suis même surpris à douter de la technologie et à reporter le point sur la carte papier, mais la position était bonne mais toujours pas de côte alors qu'il y a un sommet à 516M, ce n'est qu'à 9 mn que la côte a émergé d'une légère brume de mer. Ouf! Et à 18H nous arrivions à Porto Santo après 456 mn effectués.

L'accueil des équipages français d'autres bateaux présents fut très sympa, c'est ainsi que nous avons fait connaissance de Didier et Marie Pascale possédant également un Atlantis mais un 430 qui apprenant le soir même qu'une place se libérait à Funchal , s'en allèrent le lendemain, et de Yves et Elisabeth sur un Ovni 365 qui va faire le Rallye des Iles du Soleil(RIDS), nous les retrouverons à Madère. Le lendemain soir arrivera un « Alliage Azzuro 42 » bateau construit à Lorient où Yves avait fait un stage, avec Denis et Edith à son bord qui vont aussi faire le RIDS.

Porto Santo est une île beaucoup plus basse et aride que Madère distante de 50mn. Par contre elle possède une magnifique plage longue de 7kms n'ayant rien à envier aux plages des tropiques, l'eau est à 22° et du port on n'a que la digue à franchir pour aller se baigner ce que nous ferons tous les jours. C'est Christophe Colomb qui l'a découverte et nous sommes tombés en même temps que la fête annuelle commémorant cet événement autant dire qu'il y avait de l'ambiance, sans compter la discothèque qui libère ses décibels de 1H à 5H du matin, sortant des fêtes hebdomadaires d'Espagne et du Portugal on n'est pas dépaysés. On fera quelques balades à pied et une en bus afin de découvrir la totalité de l'île.

Le lundi 14 nous quittons le port pour rallier l'extrémité Est de Madère, plus précisément la marina de Quinta de Lorde. Nous aurions bien aimé rejoindre Didier et Marie Pascale à Funchal la capitale mais la mini transat « La Rochelle – Funchal – Salvador de Bahia » y arrivant le 19, il n'y avait plus de place et tous les bateaux présents y compris l'Atlantis 430 de nos amis devaient quitter le port avant le 18 c'est ainsi que nous les retrouverons à Quinta de Lorde. La traversée se fera sous le soleil avec un bon vent et cette fois-ci une excellent visibilité puisque dès le départ nous avons vu Madère grossir et l'arrivée au pied de cette masse volcanique était impressionnante.

Après avoir fait le mardi une superbe marche sur la désertique et volcanique Pointe de Sao Laurenço, eh oui mon filleul Saint Laurent est ici omniprésent!, nous prenons possession le mercredi d'une Clio pour visiter l'île pendant 7 jours.

Madère a une côte nord très élevée, le sommet est à 1861M, qui reçoit les précipitations atlantiques, et les anciens ont admirablement façonné le paysage au fil du temps en faisant des terrasses pour la culture. Afin de répartir l'eau ils ont réalisé ce qu'on appelle des « levadas » sortes de rigoles de 30 à 50 cms de large avec un muret en pierre sur le côté de la pente. Ces levadas partent des sommets et conduisent l'eau en pente très douce jusqu'à la côte irriguant cultures et jardins grâce à un système de trappes. Elles alimentent aussi les centrales hydrauliques. C'est donc sur le muret bordant ces levadas que tout le monde randonne et il y en a 2500Kms autant dire que c'est le paradis du randonneur.

Tous les jours donc nous en effectuerons une nous permettant d'apprécier la luxuriance de l'île, la végétation et les fleurs sont omniprésents bien que ce n'était pas la meilleure saison pour cela, le printemps doit être extraordinaire.

Nous avons aussi bien sûr visité une cave de madère à Funchal, ce n'est pas comme dans nos vignobles des propriétaires récoltants mais des assembleurs qui achètent le raisin de diverses régions de l'île et qui le font vieillir dans leur cave, les barriques sont très vieilles et voient défiler plusieurs récoltes, d'après Artur de Barros e Sousa, nom du propriétaire de la cave visitée, l'intérieur de celles-ci est littéralement cristallisé et le vin ne s'imprègnent pas du bois. On a évidemment eu le droit à la dégustation et on a pu apprécier les différences, on s'est décidé pour une bouteille de « Boal » que nous dégusterons en apéritif pour quelques grandes occasions!

Le 19, de passage à Funchal nous assisterons à l'arrivée du vainqueur de l'étape de la transat 6,50 décidément tout est mini, vous me croirez peut-être pas mais la traditionnelle bouteille de champagne lui revenant de droit n'était qu'une fillette de mousseux portugais, une honte pour un français! L'après midi, mais nous n'étions plus là, c'est un portugais qui terminait premier des bateaux de série, peut-être a t'il eu droit à mieux.

Le temps à Madère est très agréable ni trop chaud ni trop froid avec une petite averse de temps en temps, mais il nous tarde de visiter les Canaries de long en large on espère. Hier après avoir pris conseil auprès de mon électronicien de Port la Forêt, j'ai alimenté directement mon pilote depuis le parc de batteries avec un cable de plus forte section car je perdais 1,5V au calculateur, j'ai hâte de voir le résultat.

Normalement on part demain matin 26 à l'aube, on regrette beaucoup de ne pas être au mariage de Corentin le filleul d'Annick mais on y sera par la pensée. Pour ceux qui reçoivent les positions avec Spot, les piles qui sont au lithium sont HS, j'ai mis des piles neuves normales que je remplacerai plus souvent à moins que j'en trouve aux Canaries, mais ne vous affolez pas si vous ne recevez pas de position.

A bientôt

Annick et Josic

mercredi 26 août 2009

Le Portugal

Finalement, nous ne partons pas encore cette semaine pour Madère car les dernières prévisions météo ne sont pas du tout favorables pour la fin du parcours, en effet nous avons quand même 4 à 5 jours de navigation et on préfère attendre d'avoir de bonnes conditions surtout de houle qui sera forte à partir de jeudi
Etant revenus à Ayamonte où j'ai une faible connection internet, j'en profite pour revenir vous conter notre croisière au Portugal après Povoa de Varzim.


Beaucoup d'engins de pêche le long de la côte portugaise

Nous quittons Povoa le 24 pour Leixoes, petite navigation de 15Mn qui nous permettra le lendemain d'entrer dans la ria d'Aveiro avec la marée montante et de mouiller devant le village de Sao Jacinto en compagnie de "Civelle" magnifique bateau de Camaret et de "Magic" l'Ovni de Martine et Gilles.

Civelle sous spi
Le 26, brève escale à Figueira da Foz, station balnéaire sans charme avant d'appareiller pour Nazaré. L'entrée du port est très particulière car c'est un port artificiel creusé dans les marais du bout de la magnifique plage, en venant du nord on passe progressivement sur des fonds de 15 à 20 mètres puis tout à coup on passe sur une fosse de 100m avant qu'ils remontent d'un coup à l'entrée. Le port de plaisance est géré par un couple de plaisanciers anglais Mr et Mrs Hadley, Michael le mari parle avec un accent effroyable très difficile à comprendre.

La plage de Nazaré vue du Sitio avec au fond le port
 Nous profitons de la position centrale de Nazaré pour louer une voiture et visiter un peu l'intérieur du pays. C'est ainsi que le 29, nous partons pour Coimbra vieille ville universitaire, la plus importante du Portugal puis nous visiterons le "Convento do Christo" château-abbaye des Templiers à Tomar, passage rapide à Fatima avec son immense esplanade où les pélerins terminent à genoux leur pélérinage. Nous finirons la journée par Batalha et son monastère chef d'oeuvre de l'art gothique.

Le monastère de Batalha

Le 30 juillet, nous rallions sans histoires Peniche après être passés entre les îles Berlingas et la pointe Carvoeiro, normalement nous devons y retrouver Thierry et Julie qui arrivent directement de Lorient, Thierry est un ancien cadre d'Espace Emeraude qui a quitté son emploi il y a deux ans pour naviguer en Grande Bretagne et en Irlande et qui pense rallier la méditerranée. Nous, étant au Portugal et lui longeant ces côtes, il aurait été dommage de ne pas se retrouver sur la route. Malheureusement il a été retardé par un coup de vent près de la Corogne et les retrouvailles ne se feront qu'à Lisbonne.

Passage du Cabo Carvoeiro avant Peniche
N'ayant pas encore eu connaissance de cette info nous profitons de Peniche, surtout que c'est la fête annuelle de la « Senhora de Boa Viagem » et le samedi soir il y aura un grand défilé dans le port des bateaux des pêcheurs décorés artistiquement de guirlandes électriques le tout ponctué d'un grand feu d'artifice. Nous visiterons également le château très ancien mais qui du temps du dictateur Salazar a servi de prison politique, assez édifiant. Nous ferons aussi connaissance d'un couple de Plouha qui remontait avec leur voilier et après cinq minutes de discussion j'ai deviné que c'était les gens dont Nicole, ma belle-soeur m'avait donné l'adresse de leur site pour voir leur périple atlantique effectué quelques années avant. Le monde est petit et les bretons naviguent, car à part un bateau, tous les français rencontrés depuis Lisbonne ont le « Gwen ha du » dans les barres de flèches... sacré race!

La forteresse de Peniche - le bâtiment blanc abritait sous Salazar les prisonniers politiques
J'oubliais de vous parler du pilote, après un dernier réglage dirigé téléphoniquement avec Port la Forêt, il barre merveilleusement et beaucoup plus précisément que l'ancien, peut-être que ce fut un mal pour un bien.
Dimanche 2 août départ pour l'entrée du Tage avec un arrêt à Cascais d'où il était possible de se rendre à Lisbonne en train, mais nous préférons le faire avec le bateau et juste en passant la fameuse « Torre de Belem », ma cousine Marie Thérèse et Paul nous appellent sur le portable, ils ont eu du coup nos impressions en direct et pour y être allés plusieurs fois ils nous ont décrit le bel édifice : « Mosteiro dos Jeronimos » qui s'étend derrière. Après avoir passé le grand pont du 25 avril nous pénétrons dans la « Doca Alcantara » marina très bruyante du fait de la proximité du pont et du survol des avions atterrissant, mais qui a l'avantage d'être à proximité du centre ville.

Entrée magnifique à Lisbonne par le Tage et sa célèbre "Torre de Belem"
Lisbonne est une ville très curieuse, avec des collines où sont perchées de nombreuses églises et un château d'où on a de magnifiques panoramas, on n'a pas manqué d'emprunter les fameux tramways qui montent et qui descendent les ruelles tortueuses en nous demandant s'ils arriveront à s'arrêter. C'est aussi une ville de contrastes entre les vieux quartiers pittoresques et la ville nouvelle du « Parc des Nations » construite pour l'expo universelle de 1998 et qui se veut très avangardiste.

Vue sur Lisbonne de l'Igreja da Gracia, à gauche le Castelo Sao Jorge, au fond le pont du 25 avril
Finalement Thierry et Julie sur leur fidèle « Cool Daddy » jaune nous rejoindront le mardi soir à 23H, nous déboucherons avec eux la bouteille de champagne prévue pour la sainte Anne et mon anniversaire qu'on a pas osé boire à deux! Et Annick leur avait préparé ses fameux spaghettis bolognaises, nous mangerons tous les quatre de bon appétit mais quelques jours plus tard ils nous avoueront qu'ils avaient dèjà dîné, mais c'est bien connu la mer ça creuse!

Le Lisbonne moderne de l'exposition universelle de 1998
Nous laisserons l'équipage de notre « bateau-copain » découvrir à leur tour la capitale portuguaise en nous donnant rendez-vous avant le passage du cap Saint Vincent. Nous rejoindrons un magnifique mouillage entre Sesimbra et Setubal : Portinho de Arrabida, très venté par contre mais considéré d'après le guide nautique comme « l'un des plus spectaculaires mouillage du Portugal ».

Portinho de Arrabida

Nous rejoindrons « Cool Daddy » à Sinès pour franchir le lendemain le fameux cap Saint Vincent, comme dit notre voisin Jean Sellin, « tu vois Josic, il y a 360 milles nautiques de chez nous au Cap Finisterre et il y a 360 mille nautiques entre le Cap Finisterre et le Cap Saint Vincent » c'est bien vrai Jean, on l'a vérifié! Passé le cap on mouillera dans la baie de Sagres où nous retrouverons un bateau connu à Leixoes : « Magic » un Ovni 36 avec Gilles et Martine qui ont déjà fait la traversée de l'atlantique. Les trois bateaux se retrouveront à Lagos où notre fils Yves nous rejoindra le mardi après midi.

Passage du Cap Saint Vincent
On nous avait bien dit que les températures changeraient en Algarve et cela se confirme, on est obligé de baisser la capote, de mettre en place le bimini installé à Baiona, de laisser tous les capots ouverts et de mettre la manche à air multi-positions avec la drisse de spi, il faut dire que après des températures similaires à notre chère Bretagne, on passe d'un coup à 30-35°, un avant goût des tropiques.

Dégustation de fruits de mer à Lagos avec l'équipage de "Cool daddy"
La côte de l'Algarve entre le cap Saint Vincent et la lagune de Faro est escarpée avec des falaises de calcaire que la mer sculpte artistiquement en grottes ou pitons détachés dont on peut faire le tour en petites embarcations, mais aussi à l'embouchure des rios il existe de belles lagunes telle celle d'Alvor tout à côté de Lagos. C'est par elle que nous commençons avec notre fils la découverte de l'Algarve. C'est un peu comme si une rivière traversait les Glénan à marée basse, il y a un chenal asséchant par endroits et de grands bancs de sable, l'avantage surtout pour un dériveur intégral c'est qu'ils sont totalement protégés de la houle du large.

Le mouillage d'Alvor

De là nous gagnerons directement la lagune de Faro-Olhao qui est beaucoup plus grande avec des îles telles que celle de Culatra où demeure une tribu d'adeptes des plans Wharram, sortes de catamarans polynésiens en construction amateur, et nous discutons avec un italien qui a construit lui-même son Pahi 42 et qui a des idées bien arrêtées sur ces bateaux, Yves qui rêve de se construire un Tiki 21 est aux anges...

Le clan des Wharram à Culatra
Nous avions été abordés à Nazaré par un portugais parlant parfaitement le français qui avait reconnu du premier coup d'oeil notre bateau comme étant un Chatam/Atlantis et en nous disant que si on passait à Villamoura son collègue nous ferait visiter le Chatam 50 qu'ils avaient construit ensemble. Passant devant ce port, nous nous sommes donc arrêtés bien que ce soit un endroit pour les milliardaires, 9 bateaux sur 10 sont de gros yachts à moteur et nous nous sentions petits et ridicules avec nos 11 mètres. Nous avons trouvé Joao et son bateau avec lequel il fait du charter, c'est le grand frère de Galbord mais ses aménagements intérieurs sont très sommaires, il nous donnera rendez vous le lendemain dans une crique pour un repas sardines grillées sur la plage, malheureusement nous serons en retard d'une heure faute de vent et c'est lui qui viendra boire le café à bord, il trouvera très chouette notre intérieur, c'est vrai que c'est une finition « chantier ». De plus il nous donne une adresse à Madère d'un copain à lui.

Les grottes dans les falaises calcaires entre Vilamoura et Portimao

Yves n'aura pas trouvé de vagues en Algarve malgré les deux surfs transportés à bord pendant cette petite semaine, il retrouvera son fourgon à Lagos et ira les chercher en rentrant en Galice, c'était une semaine sympa avec presque la moitié de la famille.

Yves et Annick se baignent dans la ria d'Alvor


Nous repartirons vers l'Est avec comme but la rivière Guadiana, en chemin à Culatra nous retrouverons Gilles et Martine de « Magic » avec qui nous irons dans une autre lagune plus petite, celle de Tavira, puis ce sera l'embouchure du Guadiana rivière séparant le Portugal de l'Espagne. Nous choisirons le port d'Ayamonte côté espagnol plutôt que celui de Villaréal côté portugais car moins affecté par les courants.

Le pont enjambant le Guadiana et reliant les deux pays

Il y a 20 milles nautiques entre l'embouchure et Alcoutim terme de notre remontée, avec au début le passage sous le pont qui relie les deux pays. Suivant les guides nautiques sa hauteur est de 18 ou 20 mètres, notre tirant d'air étant de 16m, c'est avec un peu d'appréhension que nous le passons et il est très difficile d'avoir une vision objective de l'écart là haut. Au début il y a des marais des deux côtés avec beaucoup d'oiseaux dont des cigognes qui sont assez nombreuses, puis la vallée devient plus encaissée avec des ruines de maisons de douaniers des deux côtés régulièrement, quelques villages jalonnent le parcours avec devant chacun des voiliers anglais ou allemands qui hivernent et attendent que leur propriétaire vienne enfin à bord.

Sanlucar et son fort vu d'Alcoutim

Enfin nous arrivons à Alcoutim du côté portugais et Sanlucar du côté espagnol, nous prenons une bouée car une régate de plus de 100 bateaux de toutes taille arrive le samedi et visitons les deux villages. Alcoutim est plus vivante et variée, Sanlucar toute blanche et très propre, mais on sent qu'elles rivalisent continuellement pour les animations diverses, ainsi ce soir là il y avait la régate et un méga-concert côté portugais et une course de vélo très animée côté espagnol, bref on avait des distractions.

Votre serviteur profitant du wifi public à Alcoutim
Dimanche 23 nous sommes redescendus à Ayamonte avec la marée descendante et nous nous sommes aperçus qu'il valait mieux différer notre départ et retourner à Lagos non sans avoir profité d'être en Espagne pour aller demain mercredi visiter Séville avec le bus.

Voilà nos dernières nouvelles, en espérant que les prochaines vous seront données depuis Madère.

Annick et Josic.

samedi 18 juillet 2009

Galice - Portugal



Bonjour à tous,

On vous avait laissé le 4 Juillet, voici donc 15 jours et on profite d'un petit problème
mécanique (une durite Volvo qui a du retard) et d'un temps exécrable (petit coup de
vent de sud et surtout grosse pluie) pour vous narrer la suite du parcours.

A partir de Ribadeo on est entré en Galice et la côte est beaucoup plus découpée avec
de très nombreuses rias, d'abord les rias Altas avant le cap Finisterre, puis les rias
Bajas au sud de ce dernier. Ce parcours, nous le connaissons déjà puisque nous étions
repartis pour la France il y a deux ans de ce même port de Viveiro où nous arrivons ce
dimanche 5 Juillet. On y retrouve des "bateaux copains" qui étaient partis un jour
avant de Ribadeo, ce soir c'est donc dimanche et nous irons goûter à nouveau la
spécialité galicienne de "Chipirones" (petits calamars succulents grillés à l'ail ou cuits
à la plancha) arrosés d'un bon "Albarino", le vin blanc des rias bajas...C'est dans ce
même resto que nous étions allés il y a deux ans avec Bruno pour récompenser Yves
d'avoir fait un grand détour pour venir plonger sous le bateau afin de dégager l'hélice
du bigbag qui s'y était enroulé.
L'église de Viveiro


Le lendemain nous passons le fameux cap "Estaca de Barres" et "Aguillas" pour
mouiller dans un super abri naturel formant un cercle presque parfait et absolument
invisible du large : la ria de Cedeira. Puis ce sera le passage du "Cabo Prior" avant
d'arriver à la Corogne, durant ce trajet nous avons enfin touché du vent et pu faire un
long bord de spinnaker, et ce vent ne nous quitte pratiquement plus depuis, surtout
qu'il est portant ...sauf aujourd'hui.

La Corogne et sa nouvelle marina

Révision du matériel à la Corogne, car le pilote automatique nous cause des soucis,
par moments sans crier gare il met la barre à babord toute, en navigation côtière on est
toujours bien éveillé donc on s'en aperçoit de suite mais quand il s'agira de faire les
grandes traversées où durant les quarts on somnole quelque peu, il nous faut du
matériel fiable. J'appelle donc mon réparateur habituel à Port la Forêt et après avoir
fait de multiples essais il décrète que c'est une panne aléatoire du calculateur et qu'il
faut donc le changer, il me propose de m'en expédier un autre à Baiona où nous serons
quelques jours plus tard. Pour couronner le tout en refaisant le plein d'eau, en
commençant par le réservoir souple, celui-ci se crève et vide ses 150 litres dans les
fonds, donc pompage et épongeage tous les soirs après chaque navigation. On s'en
passera puisque le réservoir inox contient 300L, qu'on a 100L d'eau minérale plus
deux jerrycans de 20L, on savait qu'il y a toujours des problèmes avec les réservoirs
souples, mais tant qu'il tenait...De toutes façons on sait se restreindre quand il le faut.

Passage du Cap Finisterre

La descente sur Camarinas se fera super vite avec un vent de NE de 20nds établis et
rafales à 26, c'est un avant goût des "alizés portuguais". Le lendemain passage du cap
Finisterre avec le même vent, celui-ci tombera complètement dans la ria de Muros,
ralliant Portosin au moteur. Le lendemain nous rallierons le magnifique mouillage des
îles Cies (faisant partie du parc national des îles atlantiques de Galice). Le lundi matin
nous regagnerons Baiona pensant que le colis attendu serait arrivé, grossière erreur car
en France le mardi était le 14 Juillet et la poste en Espagne ne paraît pas plus rapide
que chez nous, bref nous ne récupérerons la pièce que le vendredi 17, heureusement
que Baiona est une ville très agréable, on a pu y faire des balades à pied jusqu'au cap
Cillero, une journée en bus à Vigo et en prévision des navigations sous les tropiques,
de la pose du bimini que j'avais reçu à PLF la veille du départ.

Coucher de soleil aux Iles Cies
Le vendredi donc nous quittons Baiona après en avoir vraiment fait le tour, cap sur le
Portugal et Viana de Castello son premier port. Arrivée avec un vent à décorner les
boeufs, c'est vrai que l'entrée est un super spot de planchistes et kite-surfeurs nous
passant devant et derrièrele bateau dans de super surfs (à tester Loïce!) Le lendemain
nous délaissons le funiculaire et montons à pied les 200 marches conduisant à la
basilique de Santa Luzia d'où on a une vue imprenable sur la ria et l'océan, nous
attendons aussi un copain de Brest que nous avions connu il y a deux ans à Baiona et
que nous y avons retrouvé les jours derniers, Bernard Tanguy, mais après un appel sur
son portable et vu le vent restant nord il préfère aller dans les rias.

Entrée du port de Viana do Castello depuis l'esplanade de la basilique
Le dimanche départ pour Povoa de Varzim en compagnie de deux autres bateaux
connus à Viana, un hollandais et un gallois, et arrivée ensemble. Povoa est un petit
port de plaisance très sympa un peu à l'écart d'une immense station balnéaire avec des
kilomètres de plage. Je change le calculateur et la position "Auto" du pilote refuse de
fonctionner; appel à PLF, le réparateur se renseigne auprès de l'importateur qui lui dit
que l'afficheur que j'ai n'est pas compatible avec le nouveau calculateur, il m'expédiera
donc la pièce à Nazaré où nous espérons être le prochain WE.

Le Douro à Porto
Comme vous voyez le voyage n'est pas qu'une simple partie de plaisir et pour nous
remonter le moral, car en plus nous avons une durite du moteur défectueuse, nous
sommes allés en métro d'ici visiter Porto et surtout ses caves, bon on n'en a pas abusé
mais on a goûté du bon et appris plein de choses sur ce vin. La ville est aussi très
agréable et mérite le détour.

Les quais de Porto

Voilà nos dernières aventures, j'espère que les problèmes vont se résoudre et on vous
souhaite de bonnes vacances avec du beau temps.
Annick et Josic