mardi 16 juillet 2013

ACORES

Départ tambour battant des Bermudes ce jeudi 23 mai, trois jours durant au près bon plein nous alignerons plus de 150 milles nautiques chaque jour, puis le vent tombera et la progression se fera en dents de scie, mais quasiment en ligne directe.

Ce ne sera pas monotone car nous verrons beaucoup de vie, des dauphins très régulièrement, des poissons volant, une énorme tortue à un mètre du bateau après six jours de mer, soit au beau milieu de l'Atlantique, qui donne vraiment l'impression de se mouvoir avec peine, des rorquals communs dont un d'une quinzaine de mètres très près du bateau, on dirait qu'ils entendent notre déplacement et qu'ils viennent voir par curiosité ce qui se déplace sans bruit de moteur, et des puffins passant et repassant en planant devant l'étrave. Seulement 7 bateaux de commerce signalés par l'AIS réglé à 6mn.

Le 7 juin à 3H30 du matin nous pénétrerons dans la minuscule marina de Lajes da Flores après 1720 milles nautiques parcourus. Nous y sommes accueillis par un surprenant concert de ces puffins qui nichent dans la falaise au dessus du port, nous nous y habituerons par la suite. Malgré la houle qui contourne trop facilement la jetée, nous serons bien contents de trouver une petite place en bout du ponton d'accueil.





Nous voici donc de retour en Europe puisque les Açores, archipel portugais, sont la pointe avancée de notre continent à 760 milles nautiques à l'ouest de Lisbonne. Du groupe occidental (Flores et Corvo)   au groupe oriental ( Sao Miguel et Santa Maria), il y a 340 milles environ. Le groupe central est composé de cinq îles ( Faial, Pico, Sao Jorge, Graciosa et Terceira) très proches les unes des autres et dominées par un magnifique cône volcanique : le Ponta do Pico, sommet du Portugal avec ses 2351m.


                                                       
Lors de notre descente du Portugal en 2009 nous avions bien remarqué en faisant nos courses que la presque totalité des produits laitiers en vente provenaient des Açores, au vu des pâturages et du nombre de bêtes à cornes rencontrés cela ne nous étonne pas. Le climat y est doux et humide avec du vert partout, parsemé l'été de taches en majorité bleues que sont les hortensias assurant les haies séparant les champs.


 D'UNE ÎLE A L'AUTRE :

- FLORES.

1800 habitants pour 143km², autant dire qu'elle n'est pas bien grande ni très peuplée, son éloignement des deux autres groupes fait qu'elle est restée très authentique, les visiteurs qui y viennent sont principalement des marcheurs amoureux de la nature, des enfants du pays qui ont émigré aux USA ou au Canada et bien sûr des navigateurs comme nous.

Autrefois à Lajes il n'y avait qu'un mouillage à l'abri relatif de la grande digue, depuis trois ans les fonds européens ont permis la construction d'une petite marina remplie à notre passage à moitié de bateaux français en majorité arborant le Gwen ha du, c'est dire que ça sent déjà le pays!


Nous y ferons de belles balades avec une première approche des "Fajas", mot qui n'a pas de véritable traduction en français. Il s'agit de petites surfaces planes au pied des falaises où les cultures s'épanouissent avec très souvent une plage de sable noir ou de galets; il faut donc descendre pour y accéder et parfois c'est très abrupt.


A Lajes comme à Horta sur l'île de Faial, la tradition des marins veut qu'on laisse une fresque sur les jetées afin de s'assurer des bonnes grâces de Neptune, nous ne faillirons pas à la tradition et "Retour de galbord" aura une trace de son passage.



La capitale de Flores est Santa Cruz, petite bourgade tranquille qui s'étire le long de la piste du petit aéroport d'un côté et de la mer de l'autre. C'est aussi le point de départ du bateau de passagers qui rallie sa petite soeur : Corvo que nous ne manquerons pas de visiter.


Aux Açores tous les ports ont une grue, ici celle de Santa Cruz afin de mettre les bateaux à l'abri de la houle



- CORVO :

455 habitants pour 143km², pas de risque de s'y égarer puisqu'il n'y a qu'une seule route menant au Caldeirao.


Nous y passerons deux nuits dans le seul "hôtel", en réalité une guest house très agréable construite par un émigré de l'île parti travailler dans le Maine et revenu au pays. Comme il n'y a qu'un seul restaurant, tout le monde se retrouve à la même cantine le midi dans une ambiance bon enfant.


De Vila do Corvo au Caldeirao il y a 6kms et au bout une vue magnifique sur le cratère ...quand il n'est pas dans les nuages! Son périmètre est de 3,4kms et il abrite deux lacs, nous y ferons une belle balade parmi les vaches.


Passer quelques jours à Corvo est vraiment une immersion dans la vie pure et rude des Açoriens, la météo y est capricieuse à tel point que le bateau à passagers est gruté sur le quai chaque nuit; il n'y a pas de mouillage sûr et la traversée depuis Flores est souvent retardée. C'est une population d'éleveurs produisant de la viande et du fromage. Son isolement fait que le PIB par habitant est le plus élevé du Portugal.

- FAIAL :

Le dimanche 16 juin nous mettrons le cap sur le groupe des îles centrales et plus précisément Faial afin d'y arriver au petit matin puisque distante de Lajes de 134 milles.


La traversée se fera au près sur un bord et nous fera arriver dans le port le plus célèbre dans la communauté des voiliers traversant l'Atlantique : Horta.


Changement complet d'atmosphère, ici c'est la ville, beaucoup de circulation, de magasins, et une grande marina où les voiliers s'entassent à couple sur 3 ou 4 rangs, c'est vraiment la halte quasiment incontournable des "transateux"

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De plus la renommée de l'escale est assurée par le fameux Café Sport chez Peter, où tous les marins de passage doivent passer boire ou manger dans une ambiance très festive et très voileuse, la décoration est faite de pavillons de toutes les nationalités dédicacés par les équipages. On peut y retirer son courrier et visiter le musée des scrimshaws, gravures sur l'ivoire des cachalots.


Cependant la nature y est aussi très belle avec le cratère de la Caldeira qui assure une très belle vue à 360° sur l'île, de là partent plusieurs sentiers dont même une levada comme à Madère.


C'est aussi à Faial qu'eut lieu la dernière éruption volcanique pendant l'hiver 1957/1958, le Capelhinos surgit de l'océan à la pointe ouest de l'île. Cette éruption produisit une vague d'émigration vers l'Amérique du nord à tel point que John Kennedy la favorisa pour 4000 immigrants. Le site est toujours très spectaculaire et n'est pas sans rappeler Lanzarote.


Comme à Flores, nous marquerons notre passage avec notre fresque identique à la précédente; à ceci près que, puisqu'il fera le retour avec nous, le nom de notre fils Yves y figure.