mardi 30 novembre 2010

Retour aux Antilles auprès de notre cher bateau

Nous vous écrivons de Grand Anse d'Arlet en Martinique pour vous donner quelques nouvelles de notre retour sous les Tropiques.

Lundi 8 novembre :
Grâce à Julie et Thierry de "Cool Daddy" (voir le chapître Portugal), nous avons pu dormir chez eux à Paris après qu'ils soient venus nous chercher à Briare et comble du luxe, Thierry nous amène à Orly avec nos bagages et notre nouvel enrouleur de trinquette (en éléments de 2m !).

Le vol se déroulera sans encombres et nous retrouvons notre bateau au chantier Carenantilles au Marin. Il n'a pas souffert de notre absence, même pas de moisissures. Dès le lendemain matin je me mets au travail pour la fin du grattage des x couches d'antifouling. Opération pénible s'il en est du fait de la chaleur et des moustiques.

Les Tropiques, ce n'est pas que du plaisir !

Enfin, le 15 novembre comme prévu en juillet, le bateau retrouve son élément. Malheureusement nous regagnons les pontons escortés de deux zodiacs car les safrans ne répondent quasiment plus à la barre. Avant de partir j'avais confié à une entreprise locale le soin de changer les joints du vérin, ayant constaté une légère fuite; la réparation fut mal faite et arrivé aux pontons ils durent refaire le travail. Pour nous il restait à poser l'enrouleur, n'ayant jamais réalisé ce travail on mit presque deux jours à le faire entre deux grains, mais une fois posé, quelle satisfaction!

Fred, Tilikum pour les habitués d'Hisse Héo m'installa un nouveau gestionnaire de batteries et vérifia le réfrigérateur et la voilerie Incidences me posa un bimini en deux parties qui nous sera plus rapide à installer que le taud de soleil d'origine, bref le bateau est vraiment tropicalisé.

Le 19 nous pouvons accueillir nos invités, Nicole et Jean Claude, soeur et beau-frère. Nous partons dès le lendemain pour le mouillage de Sainte Anne où nous pouvons profiter d'une eau claire à 29° dans laquelle nous nous baignons plusieurs fois par jour. Nous avons aussi ramené de métropole un super jambon que Yves nous a acheté à Bayonne et qui nous assurera bien des repas.

Le plus dur à faire : couper de très fines tranches !

Le 23 nous quittons Sainte Anne pour Grande Anse d'Arlet où nous nageons avec les tortues et les beaux poissons. Nous y retrouvons aussi Claudine de "Mopélia", nous y faisons quelques balades dans les sentiers environnants pour rejoindre les Anses d'Arlet, l'Anse Dufour et l'Anse Noire.

Nicole et Jean Claude sur le ponton de l'Anse Noire
Le 26 nous gagnons Fort de France où nos invités doivent récupérer une voiture le lendemain pour rejoindre leur gîte de Saint Pierre où ils poursuivront leur séjour. Nous en profitons pour visiter le centre de la capitale de l'île que nous n'avions jamais vu, c'est plus agréable que Pointe à Pitre et le fait de mouiller devant la place de la Savane et le "Malecon" a un certain charme.

Fort de France et sa cathédrale



lundi 19 juillet 2010

Les Petites Antilles de Grenade en Guadeloupe

Nous quittons les Iles du Salut le 21/04 après presque 48h, la houle s'étant levée, nous décidons de mettre le cap sur Tobago mais nous nous apercevrons tout de suite que notre GPS/Traceur ou plutôt son antenne ne capte plus les signaux satellites, nous remettons en service au poste de barre notre petit GPS portable dont l'écran deviendra de moins en moins lisible, heureusement que le fixe à la table à cartes est toujours opérationnel.

Mouillage de l'île Royale aux Iles du Salut
Cette navigation se déroulera sans histoire avec un courant portant et nous passerons la pointe Est de Tobago le 25/04 à minuit, n'ayant plus notre position sur la carte du traceur nous décidons de continuer sur Grenade. Nous arriverons à Prickly Bay à 16h30 après 706Mn parcourus. Cette traversée s'est faite sur la fin au large du Vénézuela, dans une région où sévissent les nouveaux « pirates des Caraïbes ». Heureusement nous n'en avons pas rencontré mais une fois arrivés en Martinique nous avons appris que à peu près à la même époque et encore plus au large que nous, l'unique occupant d'un voilier français avait été attaqué par deux embarcations et que grâce à des cocktails molotov maison il avait réussi à embraser l'une d'entre elles lui permettant de leur fausser compagnie. Nous resterons quatre jours à Grenade, l'île aux épices, première des « Winward Islands » (Iles au vent), ancienne possession britannique où vivent encore beaucoup d'anglais dans de très belles villas.


Port de Saint George - GRENADE



Nous y retrouvons les eaux claires et j'en profite pour finir de nettoyer la carène, nous y trouverons aussi un réparateur en électronique qui nous branchera le traceur sur la même antenne que le GPS fixe, malheureusement la précision ne sera plus la-même cette dernière n'étant pas différentielle, il faudra tenir compte de l'erreur de 50m minimum! Autrement dit reprendre les vieilles habitudes d'avant l'avènement de l'électronique.

Le 1er mai nous remonterons vers Carriacou avec notre dérive bloquée en position haute, là-bas nous découvrirons pour la deuxième fois un objet cylindrique en plastique dur qui devait flotter entre deux eaux et qui avait réussi à se mettre entre la dérive et le puits, empêchant celle ci de descendre. Nous mouillons à Tyrell Bay, très abritée et nous visiterons l'île en taxi collectif le 3 mai. En rentrant au bateau nous avons la surprise de voir « Hydra blue » l'Atlantis 430 de Didier et Marie Pascale rencontrés à Madère, mouillé derrière nous. Ils arrivent de Union après avoir écumé les Petites Antilles depuis février, du coup nous dînons chez eux et passons une très agréable soirée à raconter nos navigations respectives et je ferai avec Didier un tour complet des futurs mouillages au nord de la Guadeloupe jusqu'aux Iles Vierges.          
Notre fils Yves nous rejoignant en Martinique pour une vingtaine de jours, nous remonterons assez rapidement les Grenadines, St Vincent et Ste Lucie où nous étions déjà venus avec un catamaran de location en 2005. Nous redescendrons en sa compagnie pour lui faire découvrir ce paradis.
         
Au Marin nous retrouvons la France et toutes les facilités techniques d'un grand port de plaisance,nous y serons au moment de l'Ariane's Cup qui regroupe dans ce port près de 90 catamarans! Nous confirmons notre sortie de l'eau pour juillet au chantier Carenantilles et contactons divers professionnels pour de futures mises au point ou améliorations. Nous y retrouvons aussi plusieurs bateaux rencontrés au cours de notre périple dont « Mopélia » de Claudine que nous avions quitté au Cap Vert. Son fils ayant poursuivi son voyage elle est maintenant seule à bord et nous nous baladerons ensemble.
       
Le 19 mai, jour de la St Yves, nous accueillons notre fils à l'aéroport. Un bon repas au restaurant « Ti-Toques » pour fêter la Gouël Erwan et son arrivée. Le lendemain une fois effectuées les formalités de sortie, très faciles car informatisées au Marin, nous quittons le port en compagnie de « Mopélia » qui remonte vers la Guadeloupe; nous mettons le cap sur Ste Lucie pour aller mouiller à Rodney Bay au nord, distante de 26Mn, la douane étant fermée nous n'effectuerons pas nos formalités d'entrée, faut dire qu'en remontant tous les deux on les avait faites. Le lendemain à 9h30 départ pour Marigot Bay après un peu plus d'une heure de navigation. C'est le mouillage le plus célèbre de l'île, il s'agit d'une profonde crique séparée en deux par une langue de sable avec des cocotiers, le fond est le domaine des loueurs de bateaux tandis que les visiteurs mouillent à l'entrée.

Marigot Bay


Les places les plus disputées se trouvent sur babord dans 1m50 à 3m d'eau où nous trouvons une place. L'eau est très claire et l'après midi sera consacrée au grattage de la coque (eh oui, encore, sous les tropiques quand l'antifouling n'est plus actif, c'est tous les quinze jours qu'il faut le faire) et à voir les poissons multicolores en PMT (Palme, Masque, Tuba), que du bonheur. Le lendemain visite de Castries, la capitale, de Soufrière au pied des deux Pitons, des « Sulphurs Springs » et du jardin botanique en Taxico.
     
Le lendemain départ à 5h du matin car nous avons 63Mn à faire pour rejoindre Bequia (prononcer bécoué), nous préférons éviter une escale à St Vincent qui n'est pas très sûre et faire notre entrée directement aux Grenadines. Nous y resterons une journée avec baignade et visite de Port Elizabeth avant d'appareiller pour les « Tobago Cays », le paradis des îles au vent. Il y a tout d'abord Mayreau l'île principale avec son mouillage carte postale de « Salt whistle bay » où nous retrouvons « Dame Licorne » un voilier québécois rencontré à la Goméra, ensuite la barrière de corail près de l'îlot de Barradal où l'on nage avec les tortues marines, c'est un moment fabuleux. Près de la barrière c'est avec les petits poissons multicolores qu'on batifole et avec des beaucoup plus gros tels que raies ou requins dormeurs, heureusement d'ailleurs qu'ils dorment! Bref cela fait la troisième fois que nous y venons et on s'en lasse pas, Yves en gardera longtemps un merveilleux souvenir ainsi que des autres îles où nous passons ensuite : Union, Petite Martinique, Petit St Vincent et Carriacou.



Le retour se fera d'une traite vers la Martinique avec un bon vent de travers jusqu'à St Vincent et une nuit très dure dans le canal de Ste Lucie avec des orages et des grains violents. C'est avec soulagement que nous laisserons tomber l'ancre à l'aube du 1er juin devant Ste Anne. Yves repartant le 5, nous lui ferons découvrir cette île que nous apprécions beaucoup avec une grande balade à pied de 15kms sur la côte sauvage du sud-est, puis en voiture la presqu'île de la Caravelle, Sartène où il fera du surf sans oublier St Pierre et la distillerie Depaz, le dernier jour ce sera la côte ouest avec les Anses d'Arlet et tous ses mouillages avant de passer à la distillerie Trois Rivières acheter le fameux T-shirt bleu clair qu'il arbore maintenant avec fierté au QG des jeunes de Trévignon: le bar du Noroît où Christine sert de copieux ti-punchs de ce fameux rhum!
       
Nous nous étions habitués à notre fils et nous nous retrouvons à deux pour remonter doucement vers la Guadeloupe en faisant plusieurs beaux mouillages sur la côte ouest, nous passerons en Dominique à Porsmouth que nous avions visité il y a un peu plus de dix ans avec nos enfants avant de rejoindre Claudine et Mopélia aux Saintes. Nous y revenons avec grand plaisir car l'endroit est toujours aussi charmant, c'est le « Pont Aven » des Antilles, d'ailleurs on y retrouve la boutique de Martine Cotten et le catamaran de Patrick Morvan ainsi que sa propriété. On y restera pratiquement une semaine à marcher avec Claudine et à faire plusieurs mouillages.

Mopélia et Retour de Galbord à l'îlet Cabri - Les Saintes
Puis ce sera l'Ilet Gosier en Guadeloupe et la marina du Bas du Fort où « Mopélia » restera au Lagon Bleu pour la saison cyclonique. Nous louerons une voiture pour visiter certaines parties de l'île que nous n'avions pas vues en 2008 et retrouver nos amis Michel et Dominique chez qui nous étions à Deshaies et qui ont une nouvelle location de gîtes à Ste Anne. Annick retrouvera aussi son filleul Stéphane qui enseigne à Gosier et que nous amènerons un week end découvrir Marie Galante.
          
Les « ondes tropicales » se faisant de plus en plus nombreuses, nous rentrerons en Martinique le 29 juin pour une petite semaine de farniente à Sainte Anne et une quinzaine de jours au Marin où nous faisons intervenir les professionnels pour des devis et quelques mises au point et réparations. Une fois le bateau sorti de l'eau au chantier Carenantilles où nous faisons connaissance d'un autre Atlantis 430 suisse : « Sakatia », j'entreprends de gratter complètement les 22 couches d'antifouling successives ou plutôt ce qu'il en reste afin de repartir en novembre avec une belle carène, malheureusement on doit se battre constamment avec les moustiques et cette dernière semaine au sec sera pénible, heureusement entrecoupée de délicieuses baignades aux Salines dans une eau à 29°...


Paré pour la saison cyclonique

Nous sommes rentrés en métropole le 20 juillet et nous y restons jusqu'au 8 novembre laissant notre brave canot sanglé sur quatre plots de béton qui on l'espère lui épargneront les affres des cyclones.

mercredi 21 avril 2010

Guyane


Nous quittons la marina de Jacaré et le Brésil le lundi 29 mars, un petit peu en fraude avec les autorités du pays puisque nous avions droit à 90 jours de présence et nous étions arrivés le 25 décembre.

Notre ami Jean Pierre sur « Alya » nous suit car il a son pilote automatique en panne et son radar qui fonctionne d'une manière aléatoire, heureusement qu'il a un régulateur d'allure mécanique. Il pense réparer le tout à Trinidad où il « hivernera »son bateau. Nous serons donc complémentaires durant cette étape, nous, en lui assurant une veille des cargos grâce à notre AIS et lui, nous fournissant des infos météo dont il est fana et très compétent, nous adapterons donc l'allure de nos bateaux afin de rester à portée de VHF voire de vue dans la mesure du possible.

Alya
  
Cette traversée de plus de 1300Mn bénéficie théoriquement d'un courant portant de 1 à 3 nds, en fait il sera de près d'un noeud, sauf la dernière journée près des côtes de Guyane où il sera plus fort. Nous devons aussi sur ce parcours repasser l'équateur et la ZIC (Zone de convergence intertropicale) autrement dit le pot au noir.


Des hauts fonds situés au dessus de la côte nord-est brésilienne et l'obligation d'être dans des fonds de 100m minimum pour ne pas rencontrer des pêcheurs la nuit nous empêcheront de tirer tout droit une fois passé la pointe extrême Est, cela nous contraindra à effectuer quelques empannages.
Une fois passé cette pointe, nous bénéficions de bons vents soutenus jusqu'à l'équateur avec le passage de très gros grains nous obligeant à réduire très rapidement la voilure. Le 2 avril Jean Pierre nous dit avoir vu de très près une baleine alors qu'au moins une cinquantaine de dauphins nous faisaient la fête, nous n'en avions jamais vu autant.




Le 3 nous entrons en contact VHF avec « Emata », catamaran occupé par des norvégiens alors qu'un gros orage se déclenche et la foudre tombera tout près d' »Alya ». Nous passerons la ligne à 4h12 le 4 avril. Le 7, nous entendons « La Françoise » appeler « Emata », nous connaissons Michel et Audrey leurs occupants depuis Salvador et ils nous disent venir de Fortaleza et aller dans l'Oyapock fleuve représentant la frontière entre le Brésil et la Guyane, on les entend parfaitement et pour cause, à 11h ils nous dépassent, faut dire qu'il s'agit d'un catamaran de 40 pieds en strip-planking bien taillé pour la vitesse.

Michel nous ayant appris que le lancement d'Ariane 5 prévu fin mars serait à nouveau tenté le 9, nous reprenons espoir de pouvoir y assister, aussi cette matinée du 8 sera occupée à prévoir notre arrivée en Guyane et l'éventuelle vue du départ. Je ne vous l'ai pas encore dit mais deux raisons, en plus de l'aspect découverte du pays, nous poussaient à nous y arrêter. La plus ancienne était que le frère de Gérard, mon premier collaborateur lors de l'installation de mon magasin « Mat Service » à l'époque, demeure à Cayenne, y possède une entreprise de mécanique générale et y est arrivé en voilier. La deuxième est que Béatrice, notre nièce, est à Kourou avec Erwan, son compagnon qui est chargé par l'Apave de vérifier la conformité du pas de tir des fusées russes Soyouz.

Grâce au téléphone satellite Iridium et les mails passés par lui, nous apprenons que le tir aura lieu à 18h, ce qui nous laisse une chance d'y assister d'autant plus que Jo, le frère de Gérard, nous propose gentiment de nous prêter un véhicule pour aller à Kourou si on débarque à Dégrad des Cannes, le port de Cayenne. Les autorités interdisant l'accès au port de Kourou à partir de 13h et la zone au large étant interdite à la navigation, Jean Pierre qui voulait se rendre directement au Suriname et qui est très fatigué de sa navigation en solitaire se décide à nous suivre à Dégrad.

Vers 19h on est surpris de voir des poissons sauter à l'arrière du bateau, je mets aussitôt une ligne à l'eau et à peine déroulée je sens une prise, ce sera un magnifique thazard, le repas d'arrivée sera assuré. A 7h du matin nous contournerons la bouée d'entrée du chenal du fleuve Mahoury menant au port de Dégrad des Cannes. Il existe deux pontons occupés en permanence par des voiliers dont les propriétaires y vivent en permanence et travaillent dans la région. Nos amis de « Tahaa-Tiva » Christian et Martine passés une quinzaine de jours plus tôt nous avaient avertis que ce n'était pas gagné d'avance d'y trouver une place.


Nous avons donc d'abord mouillé notre ancre malgré un courant très fort et après avoir gonflé l'annexe Jean Pierre et moi sommes allés parlementer avec les occupants des pontons, Jo que j'avais prévenu me permettait de mettre mon bateau à couple du sien tandis que Jean Pierre pouvait se mettre à couple d'un Sun Legende 41 occupé par un Lannionais déjà rencontré à Jacaré. A l'étale les deux bateaux étaient rangés et nous pouvions tous trois déguster notre poisson arrosé de notre dernière bouteille de vin blanc de Lanzarote débouchée pour fêter notre retour en France!

A nous le départ d'Ariane 5! Grâce à l'amabilité de Jo, après 11 jours de mer, je saute pour la première fois dans un 4x4 plus tout jeune avec Annick et Jean Pierre pour aller assister au décollage d'une fusée, un petit peu brutal le retour sur terre! Grâce aux indications de Béatrice nous arrivons presqu'une heure en avance sur le site officiel de Carapa, maheureusement le compte à rebours sera interrompu deux fois pour être finalement arrêté et le lancement reporté à une autre date, c'était le troisième essai. Dommage pour nous.



Le lendemain nous réussissons à louer une voiture à l'aéroport et notre première « excursion » sera d'aller faire nos courses au Géant Casino tout proche et de retrouver avec plaisir tous les bons produits français frais dont nous étions privés depuis près de dix mois

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En Guyane cohabitent de nombreuses personnes venant d'autres pays, comme au Cap Vert nous retrouvons les chinois dans de nombreux commerces : bazars, restaurants et un nombre impressionnant d'alimentations telles que 8 à 8, Spar etc...qui sont évidemment ouverts presque tout le temps. A côté d'eux on rencontre des indiens, des surinamiens, des brésiliens mais la population qui nous a surpris le plus ce sont les hmongs. Il s'agit d'une ethnie du sud-est asiatique rejetée par ces pays et qui à la fin de la guerre du Vietnam a été accueillie par certains gouvernements et dans notre cas la France leur a proposé de s'installer en Guyane puisque le climat ressemblait beaucoup au leur. En quelques années ils sont devenus ici les principaux producteurs de fruits et légumes, ils sont très solidaires et organisés et à voir leurs tracteurs derniers cri et leurs 4x4 rutilants on voit qu'ils ont bien profité des subventions européennes. Ils organisent tous les dimanches un marché dans leur fief de Cacao où nous leur rendrons visite.

C'est un village au sud de Cayenne sur la route de St George de l'Oyapock, on y accède par une route complètement défoncée, il faut dire que c'est en pleine forêt et qu'il y a des exploitations forestières sur la route avec des tracteurs débardeurs. Une fois arrivés on se retrouve dans un vrai village avec église et une grande halle en bois où l'on trouve tous les fruits et légumes du coin et aussi plusieurs restaurants spécialisés dans les plats asiatiques absolument délicieux, le tout arrosé de jus locaux ou même de bière chinoise. Il y a aussi de l'artisanat de leur contrée d'origine. A côté de tout cela nous ne sommes pas étonnés de voir flotter le « Gwenn ha du », en effet un morlaisien, Gwen, y tient le bistrot-macdo-cyber du coin, rendez vous incontournable de la jeunesse hmong, nous sommes étonnés de ne pas voir de crêpes à la carte, mais il nous assure que c'est pour bientôt.


Le marché Hmong de Cacao

Un autre jour nous irons vers le nord, première escale Kourou avec la visite du Centre Spatial Guyanais, nous y arrivions quatre jours après l'échec du lancement et on sentait la déception d'autant plus d'après leurs dires qu'ils étaient obligés de faire appel à la « Task Force » venant de Paris pour solutionner le problème. La fusée avait regagné son hangar et un gros semi-remorque transférait le carburant, c'est sûr que le lancement ne serait pas pour tout de suite. Ceci dit la visite est fort intéressante et nous permet de mieux comprendre cet immense complexe initié par le Général de Gaulle après l'indépendance de l'Algérie. Le soir nous retrouvions Béatrice et Erwan qui nous passa un diaporama sur la construction du pas de tir des fusées Soyouz dont il supervise la conformité. Dîner dans un « lolo » au village Saramaca avec d'excellentes brochettes.
                                                                        


Le lendemain, direction Saint Laurent du Maroni tout au nord, au bord du fleuve éponyme séparant la
Guyane française de l'ex Guyane hollandaise, le Suriname. Une ville coloniale agréable dont les principaux édifices ont été construits par les bagnards puisque le fameux « Camp de la Déportation » assurait une main
d'oeuvre bon marché et inépuisable. Nous visitons donc ce camp avec un guide très volubile mais qui nous fait bien revivre ce moment douloureux de notre histoire. Le retour se fera par la plage des Hattes à l'embouchure du fleuve où nous verrons les traces de l'enfouissement de leurs oeufs par les tortues Luth qui y viennent la nuit.

La cour de la guillotine à l'intérieur du Camp de la Déportation


                                                                   


La plage des Hattes et l'embouchure du Maroni
Nous visiterons bien sûr Cayenne, avec la magnifique place des Palmistes, les beaux bâtiments coloniaux comme l'Hôtel de ville, mais nous serons quand même déçus de ne plus y voir la mer, l'envasement est tel que c'est une vraie mangrove qui a envahi le front de mer, de même qu'il n'y a plus d'eau au pied des quais du vieux port alors que d'après leur taille on imagine qu'il y eut les siècles passés beaucoup de trafic. C'est de ces quais que nous apercevons « La Françoise » au mouillage presque au milieu du fleuve, il y était rentré de nuit en remontant de l'Oyapock avec à l'embouchure 50 cms d'eau sous ses flotteurs!

Notre QG Wifi sur la place des Palmistes

La fin du séjour guyanais sera consacré à Jo et sa famille, visite de son entreprise très bien équipée de machines-outils, apéro chez lui et bon dîner au restaurant de spécialités créoles. Le lendemain sortie à l'Ilet la Mère avec nos deux bateaux, Jean Pierre nous quittant pour le Suriname. Cet îlet servit autre fois à l'Institut Pasteur pour expérimenter différents vaccins de maladies tropicales sur des petits singes qui y sont toujours présents. Nous débarquons donc pour se balader parmi une très belle végétation et faire un super barbecue de picanha, viande de boeuf brésilienne dont Jo se fournit au marché de Cayenne. Après une petite sieste Jo et ses invités regagneront leur bord pour remonter à Dégrad tandis que nous resterons seuls au mouillage très calme avec de temps en temps le bruit des noix de coco tombant sur les tôles des carbets, sans doute détachées par ces mêmes singes.

Jo et Ivonete, nos hôtes


Les singes sont toujours là à l'Ilet La Mère


Le lendemain, petite navigation de 35Mn pour rallier les Iles du Salut au cours de laquelle nous pêcherons un « Spanish Mackerel » et nous serons interpellés par les Douanes pour contrôle de notre itinéraire. Par contre de temps en temps nous constatons avec inquiétude que le signal GPS de notre traceur décroche. A l'arrivée nous retrouvons « La Françoise » , Michel et Audrey viendront prendre l'apéro à notre bord. Je profite de l'eau relativement claire pour caréner une partie de la coque en apnée, il y a plein de concrétions qui ralentissent le bateau et l'antifouling n'est plus efficace.
Les ïles du Salut sont au nombre de trois, l'île Royale, l'île St Joseph et l'île du Diable, toutes trois ont accueilli des installations pénitentiaires. La plus grande est l'île Royale où se trouvaient en plus du pénitentier, la chapelle, l'hôpital et l'administration. Le Centre National d'Etudes Spatiales propriétaire de l'archipel y a fait et continue à y faire d'importants travaux de restauration comme la rénovation de la chapelle et la transformation des bâtiments administratifs en un hôtel restaurant très agréable. Afin de suivre le lancement des fusées il y a aussi installé un cinétélescope.

Les installations pénitentiaires sur l'île St Joseph sont beaucoup plus envahies par la végétation et des légionnaires chargés de l'évacuation des îles lors des tirs y demeurent. L'île du Diable, où était reclus Dreyfus n'est pas visitable et est entourée de courants très violents

L'île Saint Joseph vue de l'île Royale
Le 21 en début d'après midi nous levons l'ancre car la houle s'est levée et le mouillage devenait pénible. Nous quittons l'Amérique du Sud pour les Caraïbes.

samedi 27 mars 2010

Brésil deuxième partie

BRESIL deuxième partie

Le 19 février nous appareillons d'Itaparica pour Salvador puisque nous partons le lendemain en avion pour Iguaçu, notre décollage étant prévu à 6h30 le responsable de l'agence où nous avions acheté nos billets, Thiago Pereira, nous avait proposé de nous conduire lui-même à l'aéroport à 4h30 aussi c'est de bonne heure que nous nous couchons ce soir là. Une heure après alors que le sommeil commençait à venir, une voix nous appelait depuis le ponton, c'était Thiago qui venait nous avertir que le vol était modifié et que nous ne partirions qu'à 9h15, en conséquence il passerait nous prendre à 7h45.

Le lendemain matin nous étions à 7h45 pétantes devant les grilles de la marina à attendre Thiago. 8H personne, à 8h15 toujours personne, heureusement un taxi était là. Nous l'apprendrons au retour et il nous l'avouera tout penaud, c'était le retour du carnaval la veille et s'étant couché très tard il avait eu une panne d'oreiller.

Ce vol nous amena d'abord à Curitiba, plaque tournante aérienne au Brésil après trois heures de vol puis à Foz do Iguaçu une heure plus tard. Un taxi commandé par l'hôtel nous attendait et après y avoir déposé nos bagages nous nous rendions à l'office du tourisme. Il était trop tard pour visiter un des sites des chutes, par contre un son et lumière était organisé vers 20h au barrage d'Itaipu, ce qui tombait bien.

Barrage d'Itaipu Binational

Le barrage d'Itaipu est la plus grande centrale hydro-électrique du monde après le récent barrage des Trois Gorges en Chine. Il est situé sur le fleuve Parana constituant à cet endroit la frontière entre le Brésil et le Paraguay, d'où son nom de « Itaipu Binacional ». Son fonctionnement est assuré par des ingénieurs et techniciens des deux pays, il assure 90% de l'énergie consommée au Paraguay et 25% au Brésil. Sa production au travers des 20 unités (18 en permanence) est de 14000MW. Sa construction a nécessité en fer et acier l'équivalent de 380 Tour Eiffel et 15 fois plus de béton que le tunnel sous la Manche, c'est vraiment une construction gigantesque avec un lac de retenue de 1350Km². La construction de ce barrage a soulevé de nombreuses inquiétudes vis à vis de l'écologie et on voit bien que les visites très bien organisées s'efforcent de gommer ces critiques : création d'une échelle à poissons sur le côté et constitution d'une réserve naturelle protégée à proximité, visitable elle aussi. En tous cas l'illumination très progressive du barrage était impressionnante et nous espérons pouvoir visiter ses entrailles avant de partir.

Le déversoir



Le lendemain nous prenons le bus pour le « Parque Nacional », c'est à dire la visite des chutes côté brésilien. Là aussi tout est parfaitement organisé, on est conduit avec des bus à étage jusqu'au départ des sentiers qui surplombent la rivière, c'est de ce côté que l'on a les plus belles vues puisque la majorité des chutes se trouve côté argentin mais orientée vers le Brésil, une seule passerelle mais très impressionnante puisque située au milieu de la plus spectaculaire chute, celle de la Gorge du diable, 90m de haut, 700m de long. Il va sans dire que vaut mieux s'y promener en maillot de bain et avoir un appareil photo étanche vu les embruns! En arrivant avec l'avion on avait déjà eu un aperçu de ce site grandiose, mais là, avec le son et l'image plus l'humidité on a du mal à décrire le ressenti face à de telles forces de la nature. On voit aussi de gros Zodiac semi rigides avec une vingtaine de personnes à bord s'approcher au plus près du pied des chutes, c'est tentant mais bon on verra demain.

Une partie des chutes vue du côté brésilien


Il y a un animal omniprésent autour des chutes et du barrage, c'est un fourmillier avec un long museau et une queue de raton laveur, son poil est très doux et il se laisse très facilement approcher et caresser : le coati, mascotte de ces chutes que l'on retrouve en peluche comme emblème local.

Coati


L'apès midi sera consacrée à la visite du « Parque das Aves », parc de forêt tropicale de 17ha peuplé de magnifiques oiseaux plus colorés les uns que les autres, flamands roses, ibis rouges, aras et surtout les magnifiques toucans et leurs immenses becs multicolores, en tout 150 espèces enfermées c'est sûr, mais dans des volières hautes d'une dizaine de mètres et longues d'une trentaine à l'intérieur desquelles on pénètre pas des sas. Un émerveillement pour les petits enfants et même pour les grands enfants que nous sommes!

Magnifique Toucan


Pour parler un peu des découvertes culinaires brésiliennes, à côté des restaurants « au kilo » où l'on pèse son assiette une fois remplie au buffet dont je vous ai sans doute déjà parlé, nous avons testé ici pour la première fois le « Rodizio » de viandes, vous payez une somme forfaitaire qui vous donne droit au buffet à volonté et on vous donne un carton vert d'un côté et rouge de l'autre. Il y a une grande rôtisserie et les serveurs n'arrêtent pas de venir y chercher les quartiers de viande avec lesquels ils circulent parmi les tables, si votre carton est du côté vert ils vous découpent au dessus de votre assiette une belle tranche, ensuite le temps de la manger n'oubliez pas de retourner votre carton, vous pouvez manger autant de sortes de viandes grillées que vous voulez...ou que vous pouvez! Il existe aussi la même formule avec les pizzas, on n'a pas testé.

Le lendemain nous partons en Argentine de bonne heure car la visite est plus longue, à la frontière il nous faut descendre du bus et passer dans un bureau qui nous enregistre et met le tampon sur le passeport puis nous arrivons à Puerto Iguazu, il n'y a pas de différence notable entre celle-ci et une autre ville de même importance au Brésil, même type d'habitations et même niveau de vie. L'organisation de la visite nous semble plus simple, pas de bus mais un petit train, mais surtout une multitude de chemins pédestres prolongés par des passerelles au dessus de la plupart des chutes mais aussi au pied de celles-ci.

Chutes côté argentin

Tant qu'à faire nous avons pris un billet nous donnant droit à une descente en rafting cool dans un des bras en aval des chutes puis une virée dans les semi-rigides vus la veille depuis la rive brésilienne. La descente en rafting fut très calme et sans bruit dans la nature nous permettant de guetter un crocodile éventuel mais d'après notre guide le niveau de l'eau était trop bas, rassurez vous on s'est arrêtés avant les chutes mais au fur et à mesure qu'on s'en rapprochait leur bruit nous faisait imaginer la catastrophe s'il ne s'arrêtait pas avant!

Prise de vue dans le bateau au pied de la chute

Ensuite ce fut le grand moment d'émotion avec le semi-rigide, d'abord il vaut mieux se mettre en maillot de bain puis mettre toutes ses affaires dans un sac étanche qu'ils vous fournissent. Puis départ à donf avec les deux fois 200CV pour s'approcher de la première chute côté argentin, première douche je dirai moyenne, ensuite il va du côté brésilien se placer au pied de la chute de la Gorge du diable et là il s'y reprend à trois reprises s'approchant un peu plus à chaque fois et nous faisant subir l'effet d'une lance à incendie, on en revient contents et amusés comme des gamins, heureusement que les conducteurs connaissent tous les recoins, courants et contre-courants de ces chutes!

Nous ferons ensuite toutes les passerelles inférieures admirant les multiples chutes d'eau et un peu plus haut le belvédère de la chute Bossetti, mais le plus spectaculaire fut la passerelle supérieure longue de 500m au dessus des chutes de St Martin. Il faut s'imaginer le côté grandiose de l'ensemble du site, l'humidité permanente près des chutes et le bruit assourdissant de celles-ci, ce fut vraiment un spectacle inoubliable devant lequel on se sent tout petit.


Au retour, ayant oublié le chargeur de batteries de mon appareil photo, nous décidons d'essayer d'en trouver à Ciudad Del Este, le port franc paraguayen situé de l'autre côté du Parana. Le bus qui nous y amène est déjà particulièrement rustique par rapport aux bus brésiliens mais ce n'est rien à côté de ce que nous allons voir. Aussitôt traversé le pont on se croit arrivé dans un autre monde, passez moi l'expression c'est le « bordel », imaginez un boulevard de deux fois trois voies eh bien vous ne pouvez vous déplacer que sur deux de ces voies, celle de droite étant couverte d'immondices et de sacs poubelles. Le contraste est d 'autant plus saisissant que partout vous ne voyez que des pubs et des affiches pour tout ce qui est dernier cri en photo, hi-fi etc...Vous y êtes tout de suite abordé, presque harcelé, cela nous est apparu comme un « Andorre du tiers monde ». Peut-être que le fait d'y être en fin d'après midi justifiait que tout le monde mette ses poubelles et emballage dans la rue, malgré tout après être rentrés dans le premier magasin nous trouvions notre chargeur pour moins de 10 Euros et dix minutes après nous reprenions le bus pour rentrer au Brésil et retrouver un pays moins stressant.

Le lendemain matin le contraste était encore plus saisissant puisque nous participions à la visite technique cette fois-ci du barrage d'Itaipu. Coiffés de l'obligatoire casque de chantier nous avons pénétré dans les entrailles de la centrale hydro-électrique, là on nous a tout expliqué, abreuvé de chiffres plus impressionnants les uns que les autres et nous avons pu voir de très près à la toucher une des turbines ainsi que la salle de contrôle. C'est impressionnant et gigantesque dans une autre mesure que la visite des chutes.

Devant l'une des 20 turbines


L'après midi décollage pour Rio de Janeiro où nous atterrirons dans la soirée après un survol de la ville spectaculaire. Un bus nous amènera directement à notre hôtel dans le quartier de Flamengo.
Le lendemain nous profitons du beau temps pour monter en funiculaire au fameux Corcovado, et son immense statue du Christ rédempteur, d'après le guide du Routard une boutade populaire assure que si le Christ a les bras ouverts, c'est qu'il attend que les Cariocas (nom des habitants de Rio) se mettent à travailler pour applaudir!





Nous continuons notre visite en allant nous baigner l'après midi à Ipanema, pour nous sécher nous remontons la plage de Leblon et comme vous le savez nous aimons marcher donc du coup nous décidons de rentrer à pied à l'hôtel. Nous retraverserons Ipanema avant de longer la mythique Copacabana puis Botafogo et enfin Flamengo soit une douzaine de Kms sur la plage et le front de mer.

Ipanema

Bien nous en prit car le lendemain changement de temps, un bon coup de vent et de la pluie continue avec en plus une température chutant à 20°, nous avions froid et nous n'avions pas apporté de petite laine! Heureusement que nous avions des grands ponchos en PVC jaune pétant, vous nous auriez vus ainsi vêtus avec en plus pour Annick des croks corail et moi des orange, de vrais extra-terrestres, le carnaval était fini mais tout le monde nous regardait! Cependant plus moyen par manque de visibilité de monter au Pain de sucre, nous nous rabattons donc sur la vieille ville et le quartier de Santa Teresa accessible en tramway style Lisbonne, le tout charmant mais sous la pluie ce n'est pas top.

Le "Bonde" tramway reliant Lapa à Santa Teresa

Le lendemain matin le ciel se dégageait un peu nous permettant de nous précipiter vers ce « Pao de Azucar », nous étions les premiers clients des deux téléphériques qui y montent en deux étapes, malgré la mauvaise visibilité, nous sommes quand même parvenus à voir toute la baie avec notre fameux porte avion Foch qui a été racheté par le Brésil au mouillage.

Quartier et plage de Botafogo avec le Corcovado au fond


Nous qui pensions rester cinq jours à Rio nous décidons d 'aller voir ailleurs et bien nous en prit. En effet un peu plus au sud se trouve la baie d'Angra et Paraty avec l'île d'Ilha Grande. L'après midi nous prenons donc un nouveau bus pour deux heures de trajet, nous y rencontrerons Suzanna biologiste à Rio et parlant français rentrant en week-end dans son île, elle nous fera raccourcir le trajet d'une demie-heure en prenant une lancha dans un petit port à côté de Mangaratiba. Après une heure et demie de traversée nous débarquons à Vila do Abraao le port d'Ilha Grande et elle nous introduit dans la Pousada de Gérard Massé un français parrain de sa fille où nous trouvons une chambre très agréable avec vue sur le port. Suzanna et son mari photographe sont d'ailleurs les auteurs d'un guide des chemins de randonnée de l'île et ont retapé une habitation au pied du phare à la pointe NE de l'île.

Vila do Abraao à Ilha Grande

Le lendemain nous ferons une grande balade à travers la forêt tropicale pour rejoindre la fameuse plage de Lopez Mendes en longeant des petites criques et plages propices au mouillages des voiliers, il faut dire que 9 bateaux du RIDS dont nos amis d'Alazado y sont descendus mais nous n'en avons vu que un au mouillage. Cette île de 193m² regorge de criques et est encore recouverte de la fameuse « Mata Atlantica », forêt primaire partout ailleurs déforestée. On s'y déplace principalement en lancha car les sentiers sont très abrupts, les seules « routes » sont en sable dans le village et il n'y a pas de voitures, un petit paradis.

Gros rouleaux à Lopez Mendes


Nous regagnons Rio le dimanche 28 février pour reprendre l'avion de Salvador, cette fois Thiago nous attendra à l'aéroport et se confondra en excuses pour son rendez vous raté.

Le départ vers le nord approche et à cet effet, une fois les formalités de départ de l'état de Bahia effectuées le lundi matin nous retrouverons avec plaisir la quiétude d'Itaparica où nous carènerons une nouvelle fois Retour de galbord. Nous y resterons une douzaine de jours en guettant une fenêtre météo nous permettant de remonter vers Récife.

"Lancha" au quai d'Itaparica

Les vents d'Est se dessinneront à partir du dimanche 14 et nous partirons dès six heures du matin, le départ sera laborieux avec vent et courant dans le nez, ce n'est que le lendemain après s'être dégagés de la côte que nous ne ressentirons plus l'effet de ces derniers et cette remontée se fera dans des petits airs nous obligeant à utiliser beaucoup le moteur, il y aura aussi beaucoup de cargos à éviter facilement grâce à l'AIS. Nous arriverons le vendredi matin au nord de Récife à Jacaré où deux français ont créé une petite marina à l'ambiance très agréable où se retrouvent tous les navigateurs qui remontent comme nous ou qui descendent vers le sud.

Même les chevaux traversent le rio à Jacaré

Ce port est situé dans un rio débouchant à Cabedelo et à proximité de la capitale de l'état du Paraiba : Joao Pessoa. La particularité de ce port est que tous les soirs au soleil couchant un saxophoniste arrive dans une barque devant les cafés restaurants bordant la rive et joue le Boléro de Ravel suivi de l'Ave Maria de Schubert et tenez vous bien il a dépassé les 2000 représentations, il figure dans le livre des records et a représenté le Brésil à Paris lors d'une manifestation musicale.

Jurandy Do Sax joue le Boléro de Ravel

Voilà, nous partons dimanche 21 pour Cayenne, quittant le Brésil après trois mois de croisière et visites, c'est sûr que ce pays de contrastes restera un souvenir fort dans notre périple entamé voici neuf mois, mais il faut avancer et on a quand même hâte de retrouver les Antilles et ses eaux turquoises.

A bientôt.