jeudi 24 mars 2011

Iles Vierges Espagnoles et Porto Rico


Les Iles Vierges Espagnoles se situent à 20Mn dans le prolongement des autres Vierges mais elles font partie de Porto Rico. Les deux principales sont Culebra et Vieques, la première est trois fois plus petite mais plus variée en paysages.

Le problème avec ces îles, surtout Vieques, c'est qu'elles ont servi jusqu'en 2003 à l'USNavy de terrain d'essais militaires pendant 60 ans avec même l'utilisation d'uranium pour certains tests. Une grande partie du territoire de Vieques est encore interdite au public.

Le pont de Dewey
Pour l'heure ce 24 février, nous arrivons avec Maclow, Tao et Brise du Sud dans l'Ensenada Honda, véritable baie intérieure fermée au sud-est par un récif et après avoir mouillé près de la principale agglomération de Dewey, nous nous rendons à l'aéroport pour y effectuer notre entrée. Nous entrons officiellement à Porto Rico qui est un état associé des Etats Unis, ses habitants ont un passeport américain mais ne peuvent pas voter à toutes les élections américaines. Il est difficile de comprendre pourquoi aux USVI on ne nous délivrait pas de « Cruising Permit », permis de naviguer dans les eaux américaines et qu'ici on nous le donne pour une durée d'un an contre la modique somme de 37Usd. En tant qu'individu notre séjour est limité à 6 mois. C'est la police des frontières qui nous délivre ces autorisations et nous voyons sur le mur un avis disant qu'ils sont en alerte maximale, sans doute suite aux évènements du Proche orient. Par contre les contacts avec la population n'ont plus rien à voir avec le mode de vie américain, ici les gens parlent espagnol et sont très gentils et accueillants, la musique est omniprésente.


Jean Jacques de Tao prudent, teste la température de l'eau à la Playa de Bahia Flamenco


Le vent très présent (25nds) ne nous permettant pas d'explorer d'autres mouillages nous irons à pied au nord découvrir la Playa de Bahia Flamenco qui s'étire sur 1,5kms de sable blanc devant une eau turquoise. Le lendemain nous ferons une autre excursion vers le NE jusqu'au musée de l'île où nous serons accueillis chaleureusement en français par Quetsy, diplômée d'histoire et très fière de son île.

Le 26 nous gagnons la Bahia Almodovar à l'entrée un peu délicate entre les patates de corail mais une fois celle-ci franchie, on y est totalement abrités. On y reçoit même la wifi ce qui me permet de transférer mes photos sur Picasa Web. Dans la soirée, Daniel et Manou de Xiphos nous rejoignent venant de Ste Croix où Daniel a ramené son fils à l'avion. Le lendemain nous quittons ce mouillage pour celui de Culebrita petite ïle à l'Est dominée par un phare malheureusement aujourd'hui laissé à l'abandon mais d'où on jouit d'une vue exceptionnelle. Il y a aussi une magnifique plage « Playa Tortuga » et des récifs où l'on voit de beaux poissons en snorkelling.

La Playa Tortuga vue du vieux phare de Culebrita

Le 2 mars, c'est l'heure des adieux, les équipages de Tao et Brise du Sud restent sur l'île avant d'aller à Porto Rico côté ouest à la marina de Puerto Del Rey, Maclow et Xiphos vont directement sur la côte sud de Porto Rico où nous les rejoindrons ; quant à nous nous voulons passer à Vieques puisque c'est sur notre route. Nous passons en fin de matinée la pointe est de l'île qui est tout en longueur (34kms) et défilent sur notre tribord de très belles plages sur lesquelles on distingue à intervalles réguliers les panneaux indiquant les champs de mines et l'interdiction de débarquer. A 13h nous embouquons l'étroite passe d'entrée d'Espéranza seul port situé au sud, entre les rochers Cayo Real et Cayo de Tierra et nous mouillons devant la plage dans 2m d'eau. Une fois à terre nous partons à la découverte de cette petite station balnéaire avec sa promenade du front de mer, le « Malecon » et ses boutiques à touristes de l'autre côté. Cette partie de l'île est connue pour ses baies bioluminescentes, ce sont des micro-organismes qui se signalent par un petit néon lumineux dès que l'eau s'agite autour d'eux.

Le mouillage d'Esperanza à Vieques

Le lendemain à 6h, direction Salinas à 52Mn. Nous communiquons par VHF avec Jean et Daniel qui ont passé la nuit et la matinée à la Bahia de Jobos en pleine mangrove et qui arrivent vers midi à Salinas. A 16h nous passons la caye d'entrée et pénétrons dans une baie très fermée entourée de mangrove au fond de laquelle se niche une petite marina où il est possible de débarquer avec les annexes et de faire gratuitement de l'eau. Jean et Daniel ont déjà réservé une voiture pour trois jours, un grand van de 7 places avec lequel nous ferons nos courses dès le lendemain matin au supermarché de la ville, impressionnant le ravitaillement des trois bateaux en prévision des Bahamas ! L'après-midi nous irons découvrir Ponce, elle tire son nom de Juan Ponce de Leon à la tête des colons espagnols qui y est arrivé en 1508. C'est donc une charmante cité qui a gardé au centre ses bâtiments d'origine coloniale aux tons pastels et blanc, mais nous y arrivons en plein carnaval et il y a beaucoup d'animation. Curieusement elle n'est pas tournée vers la mer puisque son port de commerce se trouve 4kms au sud et il n'y a vraiment pas de quoi poser son ancre en dehors de la marina.

La cathédrale de Ponce

Le samedi 5, départ de bonne heure pour San Juan la capitale, Daniel qui y était déjà passé l'année précédente connaît la route et nous y mène rapidement, passage éclair chez le ship West Marine à l'imposant et beau magasin mais où il m'est impossible de trouver guide, cartes ou drapeau des Bahamas, par contre très beau rayons pêche, fringues et tout ce qu'il faut pour un bateau à moteur. Nous visitons ensuite le « Vieux San Juan » qui est une sorte d'immense ville close protégée par deux forteresses surplombant la mer et assurant l'entrée de la baie. A l'intérieur tout est restauré, propre et très bien aménagé, c'est le site incontournable d'une visite à Porto Rico (je devrais dire Puerto Rico, car nous français sommes les seuls à l'orthographier ainsi). Nous rentrerons à Salinas le soir en faisant un crochet par Puerto del Rey où nous trouvons Jean Jacques et Marie Claude de Tao qui y sont arrivés le matin. Quand on loue une voiture on en profite, aussi le lendemain dimanche nous partons marcher sans Daniel dans le parc de « Toro Negro », belle balade mais les chutes d'eau promises sont à sec. Retour par la côte après être allés jusqu'à Guanica.

Petite place ombragée typique du vieux San Juan

Le 8 mars après avoir fait les pleins d'eau et de gas-oil nous irons jusqu'à l'île Caja de Muertos au large de Ponce, mouillage sur bouée gratuite du parc national et belle balade au phare lui aussi abandonné alors que de superbes bâtiments expliquant la faune et la flore avec aires de pique-nique ont été bâtis à grands frais au bord de la plage, difficile de comprendre les priorités…Notre étape suivante sera la baie de la Parguera aux mouillages très bien protégés derrière les récifs, avant de passer le 10 le Cabo Rojo démarquant la côte sud de la côte ouest et d'arriver en baie de Boqueron. Dans chaque état de Porto Rico, nous l'avons fait en arrivant à Salinas, on doit appeler au téléphone la police des frontières US pour leur dire où l'on est et où on va, nous le faisons d'une cabine ici ; Big Brother sait donc en permanence où on est et par la suite, même en mer on se fera contrôler par les US Coats Guards. On pensait peut-être aller faire nos formalités de départ en bus à Mayaguez, mais ils sont très rares voire inexistants et nous irons y mouiller le lendemain.

L'extrémité ouest de l'île Caja de Muertos et nos bateaux au mouillage

Après avoir fait nos papiers de sortie et quelques dernières courses nous nous disons au-revoir et dans 420Mn plus tard aux Bahamas à Mayaguana premier port d'entrée officiel. Chacun part donc à son rythme, nous communiquerons le premier jour par VHF puis les écarts augmentant par BLU à heure fixe deux fois par jour.

Nous court-circuitons la République Dominicaine car les formalités d'entrée sont réputées longues et dispendieuses en bakchich, mais la principale raison est que notre fils Yves nous rejoint aux Bahamas le 26 mars et que nous voulons l'accueillir à l'aéroport de Georgetown aux Exumas.

Que penser de Porto Rico ? Pour nous qui l'avons aperçue brièvement, elle est un peu déroutante, ses habitants sont charmants et la chaleur de leurs rapports est espagnole, mais ils vivent à l'américaine avec de gros 4X4, on y retrouve toutes les enseignes du commerce américain et en dehors de la vieille ville de San Juan et du centre de Ponce, il y a peu d'histoire. L'île de Culebra par contre est très belle. La nature en dehors des deux parcs d'El Junque et Toro Negro est assez décevante et n'a pas l'exubérance antillaise.

A bientôt donc des Bahamas…

Iles Vierges Américaines - USVI


En mars 2009, à la suite de notre formation médicale STW à Paris, nous avions été à l'ambassade des Etats Unis à Paris afin d'obtenir chacun notre visa valable 10 ans. La personne avec qui nous avions eu notre entretien, car il faut montrer patte blanche et même justifier de ses revenus, nous avait souhaité un bon voyage dans son pays. Nous voici donc sur le point de rentrer une première fois au pays de l'oncle Sam.

Les USVI sont constituées de trois îles principales : Ste Croix plus au sud que nous ne visiterons pas, St John la plus proche des BVI et St Thomas la plus importante où siège le gouverneur. Ce sont des anciennes colonies danoises achetées par les Etats Unis en 1917 pour des raisons stratégiques.
Nous quittons donc Jost Van Dyke le 16 février pour St John, plus précisément Cruz Bay le port principal où se trouvent les services de l'immigration. Ce port n'a pas beaucoup de profondeur et grâce à notre tirant d'eau variable (vive le dériveur intégral) nous nous ancrons à babord dans 1M70 tout près du quai des douanes. Nous sommes reçus très aimablement avec même quelques mots de français et des formulaires d'immigration en français également et après vérification de l'iris de l'œil et des empreintes digitales nous obtenons notre sésame pour ces îles.

Cruz Bay - St John
Sur les conseils de nos amis Jean et Claude nous gagnons au nord Francis Bay qui fait partie du National Park. J'ai oublié de vous préciser que plus de la moitié de sa superficie fait partie du « Virgin Islands National Park » au même titre que les grands parcs nationaux continentaux. De ce fait l'île est admirablement bien préservée des promoteurs immobiliers et a gardé son caractère naturel. Pour nous navigateurs il est interdit dans ces zones de mouiller notre ancre, des bouées payantes sont mises à notre disposition il en coûte 15USD la nuit, mi tarif pour les « Golden Age » (plus de 62 ans) et le paiement est assez particulier, un petit ponton de 2m² signalé par un fanion vert est mouillé aux endroits statégiques, on y trouve dans une borne des enveloppes où glisser son dû et une boîte à lettres où la déposer. Je ne suis pas sûr que le paiement soit effectif pour tous les bateaux…

Sur le chemin de Sugar Mills, vue sur l'ouest de Tortola

Une belle balade nous permettra le lendemain d'aller visiter les ruines d'un ancien moulin à vent qui broyait la canne à sucre « Annaberg Sugar Mill », un guide américain présent était très étonné d'apprendre que dans les Antilles françaises telles Marie Galante il existait encore un nombre important de tels moulins. L'après-midi nous contournons l'île par l'ouest pour rejoindre 5 autres bateaux français qui organisent le lendemain un barbecue sur la plage de Lameshure Bay. A notre arrivée, « Maclow » de Jean et Michèle, « Imagine » de Claude et Yveline que nous connaissons depuis Peter Island, « Tao » l'Alliage 44 de Jean Jacques et Marie Claude, « Brise du Sud » le Super Maramu de Jean François et Françoise qui habitent Ploumiliau seront déjà à Little Lameshur Bay, tandis que nous prendrons une bouée à côté à Great Lameshur Bay où nous rejoindra « Xiphos » l'Ovni 455 de Daniel et Manou. Apéro le soir à bord d'Imagine afin de mettre au point les détails du lendemain.

Claude veille à la cuisson du gigot sous la surveillance de Michèle

Il faut reconnaître que les américains ont le sens de l'organisation puisque sur toutes les plages du parc national il y a des barbecues fixés au sol et des tables disponibles. Tôt le matin Claude et surtout Jean Jacques se sont occupés du feu malgré les « nonos ou yenyens » minuscules moustiques qui les harcelaient et à 11h les dames sous la houlette de Michèle ont procédé à une séance d'assouplissements sur la plage devant les regards étonnés des américains présents. Ils n'étaient pas au bout de leur découverte puisque comme dans tout bon banquet, une fois dégusté les deux gigots et avalé quelques verres nous avons tous entonné chants de marins et autres chansons de corps de garde avec Jean en tant que chef de chorale. Ce fut une superbe journée où nous fîmes plus ample connaissance avec les bateaux que nous ne connaissions pas encore et avec lesquels nous allions passer plusieurs jours, voire semaines et mois pour Maclow et Xiphos qui pensent comme nous aller aux USA via les Bahamas.

Votre serviteur et Jean mènent la chorale
Nous irons deux jours plus tard à un autre mouillage, Round Bay avant de partir pour St Thomas. Notre première halte sera Great St James Island avant de gagner Charlotte Amalie capitale des USVI. Nous y arriverons juste devant un énorme paquebot qui nous poussera littéralement au cul avec force coups de sirène. Il faut dire qu'il y a entre trois et cinq paquebots à déverser leur flot de touristes sur les quais de cette ville, par conséquent il y a une multitude de commerces dits « hors taxes » qui pullulent le long de l'artère principale. Il va sans dire que cela contraste singulièrement avec le calme de St John et que cette escale ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Elle nous permet cependant de refaire les provisions du bord, pour Jean et moi d'aller chez le coiffeur (un ancien coiffeur de mode SVP !) et le lendemain 24 février nous lèverons l'ancre pour les Iles Vierges Espagnoles tandis que la veille Claude et Yveline nous faisaient leurs adieux, retournant vers la Martinique où ils ont mis leur bateau à vendre.

Les équipages de Maclow, Imagine et Tao
Voilà encore une autre étape de franchie vers l'Ouest, nous partons vers Porto Rico.