vendredi 8 juillet 2011

Floride par Intracoastal Waterway

Un mois et demi après nos deux bateaux copains "Maclow" et "Xyphos", nous arrivions à West Palm Beach le dimanche 22 mai en début d'après midi après une journée et une nuit de navigation depuis Soldiers Cay aux Berry Islands. La nuit fut très animée du fait du grand nombre de paquebots tout illuminés que nous avons croisé au sud de Freeport la capitale de Grand Bahama. L'arrivée dans Lake Worth Inlet fut tout aussi mouvementée mais cette fois ci par une multitude de bateaux à moteur car nous arrivions en plein week end.

Un inlet est un chenal qui permet de relier l'océan aux différents plans d'eau qui se trouvent derrière le rivage et qui sont reliés entre eux par l'Intracoastal Waterway, ce dernier démarre à Norfolk en Virginie et se termine à Key West en Floride. On peut ainsi naviguer sans quasiment se soucier des conditions météo du sud au nord, de Miami à Washington.

Lake Worth Inlet est la porte de Palm Beach première grande ville des Etats Unis que nous abordons. Cette dernière ne faillit pas à l'image que l'on se fait de ces grandes cités et elle a sa part de grands buildings, mais ils sont construits principalement pour permettre à un maximum de gens d'avoir vue sur mer surtout sur la langue de terre située entre l'océan et l'Intracoastal. Nous mouillerons de suite à gauche en entrant, en face de Peanut Island.

Peanut Island et à gauche le bâtiment des douanes

Dès lundi matin nous nous rendons au bâtiment des douanes pour faire notre entrée officielle aux USA, les formalités se passent sans souci et nous obtenons un nouveau "Cruising Permit" valable un an qui nous permettra en toute légalité de repartir au mois de mai l'année prochaine. Ce mouillage étant loin de tout nous partons le lendemain pour Little Lake Worth, cinq milles plus au nord mais beaucoup plus près des zones commerciales. Nous passons de suite sous le premier pont à 65 pieds soit un peu plus de 19 mètres ce qui nous laisse une marge de 4 mètres, mais vu du pont du bateau on ne le voit pas ainsi et on doute toujours un peu, mais ça passe et après on ne s'en souciera plus.

L'approche du premier pont à 65 pieds



Après avoir mouillé à l'extrémité nord du lac, dans un endroit très tranquille, nous débarquons sur une portion de sable au pied d'un petit pont. Le supermarché n'est pas loin et nous remplissons notre caddie, au retour des sacs pleins les mains nous avons une surprise malheureuse, notre annexe est dégonflée et pour cause la soudure d'un boudin a lâché sûrement sous l'effet du soleil malgré le taud confectionné au Brésil, mais aussi du fait de son âge : 12 ans, pour du PVC sous les tropiques depuis deux ans ce n'est pas trop mal! Heureusement pour nous un américain avec son annexe en dur bricole là et il nous ramène aimablement à bord en traînant la nôtre qui flotte grâce au deuxième boudin toujours gonflé. Séance collage le soir, le lendemain après une deuxième virée à terre elle sera encore dégonflée, mais ce coup ci ce n'est qu'une fuite à la pièce collée et nous en mettrons une plus grande qui tiendra cette fois.

Jeudi 26 mai, vrai départ cap au nord et premier appel VHF à la personne chargée de l'ouverture du premier pont, celui de "Parker bridge" à 8h45, on ne comprend pas grand chose mais on voit les barrières pour les voitures se baisser accompagnées d'une sonnerie avant de le voir se lever. Ce sera le premier d'une longue série et nous en prendrons vite l'habitude.

"Parker bridge" s'est refermé après notre passage
Tout de suite on est très étonné par la multitude de magnifiques résidences bordant cette voie d'eau, elles se succèdent avec leur ponton privé où s'exhibe une magnifique vedette sortie de l'eau grâce à des moteurs électriques et il n'est pas rare d'y voir également un ou deux jet-skis.

Chaque résidence a son ponton
Nous sommes également surpris de voir fixées aux façades des espèces d'immenses vérandas noires, en fait ce sont des moustiquaires qui protègent la terrasse, la piscine et toutes les ouvertures des attaques de ces bébêtes heureusement presque absentes à cette saison.

Et la plupart leur moustiquaire
Ce soir là nous mouillerons à Peck Lake juste derrière l'océan, seules la plage et la dune nous en sépareront, le lendemain ce sera Verobeach où nous ferons la connaissance de "Jocéan" , le Gibsea 37 de Daniel qui arrive aussi des Bahamas. Puis ce sera Eau Gallie avant d'arriver le 29 à Titusville où nous prendrons une place à la marina. Titusville est situé en face de Cap Carnaveral et c'est un des meilleurs endroits pour assister au lancement des navettes spatiales, malheureusement il n'y en avait pas ces jours là.

Nous y resterons quatre nuits car nous y avons loué une voiture trois jours pour tenter de trouver le camping car d'occasion qui nous permettra de visiter l'Amérique du nord pendant l'année à venir. Nous parcourerons la Floride centrale autour d'Orlando où se trouvent la majorité des marchands de ce genre de véhicule et progressivement nous cernerons mieux le véhicule idéal, un Class B style fourgon aménagé sans être l'immense engin aux formes anguleuses. Notre choix se porte sur un "Roadtrek 190" avec quand même un moteur de 8 cylindres à essence, eh oui ici l'essence est meilleur marché que le gasoil et deux fois moins chère que chez nous. Nous demandons quand même un délai de réflexion et bien nous en prit...

Le 2 juin au matin nous reprenons notre remontée de l'Intracoastal par l'Indian River pour mouiller le soir à Mill Island près de New Smirna Beach. Le lendemain nous longerons la ville de Daytona célèbre pour ses 24H automobiles avant de mouiller le soir peu avant St Augustine. Cette ville revendique le titre de plus ancienne des Etats Unis, d'abord française puis espagnole et anglaise. Elle possède une remarquable forteresse construite en "Coquina" qui est un agglomérat de coquillages. C'est un endroit très touristique où l'on sent vraiment que la Floride a été une colonie espagnole.


Le Castillo de San Marcos à St Augustine
L'escale suivante sera un joli mouillage à l'intersection de l'Intracoastal et de St John's River où nous admirerons le passage de lamentins et de dauphins beaucoup moins vifs que ceux de pleine mer. Ce sera ensuite la remontée de la rivière St John jusqu'à Jacksonville, quatrième agglomération de Floride. Un ponton municipal gratuit se trouve en plein centre et nous en profiterons;


"Retour de galbord" au coeur de Jacksonville
La fin de notre navigation approche mais l'état de mon doigt m'inquiète. Quelques jours auparavant j'avais fait parvenir par mail une photo de ma plaie non cicatrisée au chirurgien de Nassau et là j'ai sa réponse : il faut rapidement consulter un spécialiste. Du coup je demande conseil à mon ami Jacques, médeçin à Landerneau, il connaît un chirurgien orthopédiste à Brest et me met en contact avec lui. La décision est prise de rentrer en France se faire soigner car le faire aux USA nous immobiliseraient plus d'un mois et le voyage en camping-car serait trop écourté, sage décision de ne pas l'avoir acheté quelques jours plus tôt. Il nous reste à rallier Green Cove Springs 22mn plus bas dans St John's River pour y laisser le bateau.


Retour sur terre à Green Cove Springs
Nous y retrouvons les bateaux copains "Xyphos" et "Maclow" qui sont déjà en parc fermé avec "Sandy II" un Alliage 44 amis de Jean et Michèle. Le temps est compté, nous sortons le bateau le 9 juin et notre vol retour au départ de Miami est le 12, il faut laver la coque et désarmer notre fidèle voilier qui devra attendre notre retour au mois d'avril prochain. Du coup notre périple atlantique durera un an de plus mais d'avril 2012 à mai 2013 nous aurons une année pleine pour visiter par la route le continent nord américain.

P.S. Le 5 juillet j'étais opéré à Brest, il ne me reste plus que la dernière phalange de l'index mais tout va bien et on peut refaire des projets!

dimanche 29 mai 2011

Bahamas – Nassau – Avril Mai 2011


C'est difficile de raconter ces presque deux mois d'arrêt forcé, vous penserez que New Providence dont Nassau est la ville n'est pas le pire des endroits pour rester si longtemps, je vous dirai que c'est le pire endroit des Bahamas car ce n'est pas une petite île sauvage comme on les aime, c'est la capitale où chaque jour accostent 2 à 5 paquebots qui déversent un flot de touristes plus pâles les uns que les autres puisque c'est le début de leur croisière au départ de Miami.

A gauche Nassau et son port, à droite paradise Island, au fond les paquebots


Ceci dit Nassau comprend deux parties, celle avec la vieille ville et toute l'activité nécessaire à la capitale d'un petit pays, administations, banques, commerces, ports de plaisance etc…et la petite île de Paradise Island, où tout est fait pour satisfaire et occuper les touristes du monde entier qui descendent de ces paquebots ou qui logent dans les grands hôtels du complexe Atlantis. Cette île est reliée à la grande par deux grands ponts à trois voies, l'un pour rentrer avec un péage et l'autre pour en revenir, ce qui n'empêche pas les embouteillages dans la soirée sur ce pont et dans les deux grandes rues du centre dès 16h. Tout le monde a sa voiture et en soirée tout le monde se retrouve sur ces deux artères pourtant à deux voies.

Vue sur les deux ponts

Du 2 au 13 avril je n'en ai eu qu'une vision très restreinte puisque la fenêtre du couloir du Doctor's Hospital à laquelle je pouvais accéder entre deux perfusions me permettait quand même de voir : de la zone des paquebots aux deux ponts précités avec entre deux bâtiments, les mâts de quelques bateaux au mouillage, ce qui est quand même mieux que rien ! Du 13 avril au 5 mai date à laquelle on m'a détaché l'index de l'aine, je n'ai pu arpenter que le voisinage de la marina et l'avenue menant à l'hôpital où quand même il y a de l'animation puisqu'on longe le port.

La clinique où je fus opéré et soigné

Annick et Yves avaient donc garé le bateau à la marina «  Nassau Harbour Club Marina » tenue de main de maître par Peter, grec d'origine et parlant le français. Son gros avantage est qu'elle est située en face d'un centre commercial avec tous les commerces dont un supermarché alimentaire ouvert « à l'américaine » 24h/24 ! La marina qui était auparavant celle d'un hôtel maintenant fermé (concurrence de Paradise Island oblige), possède même une superbe piscine accessible aux plaisanciers, le seul inconvénient en est le prix, 67 USD/jour, mais c'est la moins chère de Nassau et … merci l'euro fort !

La piscine et la marina

L'opération de la séparation de mon doigt le 5 mai s'est déroulée sous anesthésie locale, trop locale d'ailleurs car j'ai bien souffert, mais je vous épargne les détails, ce qui m'a étonné c'est que tout se passe en musique diffusée en permanence et que toute l'équipe du chirurgien fredonne le dernier tube en m'opérant, très relaxant ! A partir de cette date et jusqu'au 20 mai jour de l'appareillage, j'ai pu enfin visiter Nassau, pas grand-chose à dire du centre très ancien « colonie british » assez coquet tout de même, mais on voit bien que les commerces ont du mal à vivre en face de l'ogre Atlantis.

La maison du Parlement

L'attrait du tourisme à Nassau est donc Paradise Island. Côté Est se situe le quartier résidentiel avec un énorme golf et des propriétés magnifiques ; au nord c'est plusieurs plages qui se succèdent dont Cabbage Beach qui est vraiment superbe. Au sud faisant face à notre marina c'est une succession de petites marinas privées dépendant souvent d'hôtels ou de restaurants. A l'ouest c'est le domaine de la cité Atlantis, mélange de Las Vegas, Disney World. Au pied des immenses tours, décorées de dauphins ou espadons, qui abritent les chambres, s'étalent casinos, boutiques de luxe, piscines, aquariums de poissons tropicaux, toboggans d'eau et circuits pour bouées-fauteuils avec rapides etc…Bref tout ce qu'il faut pour attirer la clientèle de ce genre d'attractions, ce n'est pas notre tasse de thé mais nous ne pouvions pas quitter Nassau sans voir ce qui pouvait bien attirer toute cette faune, ah oui j'oubliais il y a aussi une marina au pied du casino où se pavanent les plus beaux yachts à moteur de la planète, tous bien entendu immatriculés sous pavillon de complaisance…

Le complexe Atlantis
Dans le parc, tout est fait pour amuser le croisiériste

Nassau est bien un paradis fiscal renommé et on y trouve toutes les succursales des banques suisses en particulier. Vu la richesse de ces établissements financiers qui doivent quand même laisser quelques subsides aux Bahamas, vu le nombre de paquebots ou navires de commerce immatriculés à Nassau qui sillonnent toutes les mers du monde, vu les flots de touristes déversés chaque jour au port ou à l'aéroport, je suis très étonné, compte tenu du nombre d'habitants, de voir encore des gens vivre dans des vieux rafiots du port quand ce n'est pas sous les arbres de l'avenue que nous empruntions pour aller à l'hôpital et quémander un dollar aux passants ! Le monde est quand même mal fait.


Durant toute cette période nous avons quand même vu plusieurs bateaux français passer à la marina mais il s'agit pour tous d'une escale technique, ravitaillement, réception ou départ des équipiers à l'aéroport, préparation du bateau pour le retour vers l'Europe le plus souvent via les Bermudes. Pour nous ce fut une escale longue et forcée mais le 20 mai à 8h nous appareillions pour la Floride en effectuant une escale d'une nuit aux Berry qui font aussi partie des Bahamas, chapelet d'îles à fleur d'eau avec des mouillages magnifiques.

mardi 3 mai 2011

Bahamas – Mars Avril 2011

Il paraît qu'il ne faut jamais appareiller un vendredi. Pourtant ce vendredi 11 mars, à 15H après avoir effectué nos formalités de départ auprès des douanes et de l'immigration et fait quelques courses de frais, nous quittons sans regrets le mouillage de Mayaguez qui est très sale. Cap au large vers les Bahamas, la route est relativement simple : après avoir franchi le « Passage Mona » qui sépare Porto Rico de la République Dominicaine, il nous faut longer la côte nord de celle-ci, passer au sud des Turks and Caicos avant d'arriver à Mayaguana première île des Bahamas où nous pouvons faire notre entrée officielle après un peu plus de 400Mn.

Maclow et Xyphos sont partis devant, ils espèrent arriver avant lundi soir à Mayaguana, nous compte tenu que nous sommes moins rapides peu importe notre heure de départ, nous serons de toutes façons obligés de nous freiner la dernière nuit car il nous faut impérativement arriver de jour donc le mardi matin. Le Passage Mona est réputé difficile du fait de la remontée brutale des fonds de l'océan Atlantique à cet endroit cumulé souvent à l'effet venturi d'accélération du vent entre deux grandes îles. La fenêtre météo qui se présentait pour les quatre jours à venir était très favorable et c'est avec du petit temps que nous visions le nord de l'île Dessecho marquant la véritable entrée de ce passage.

Nous avons à bord deux moyens de communication directe de bateau à bateau : la VHF dont la portée plafonne à 30Mn et la BLU très longue portée mais qui dépend beaucoup de la propagation des ondes, ces deux moyens nous permettront de toujours rester en contact avec les bateaux copains. Et en ce début de traversée, Jean parti le premier nous appelle à la VHF pour nous annoncer qu'il vient d'être contrôlé par les Coasts Guards américains, une demie heure plus tard c'était autour de Daniel et peu de temps après le bâtiment blanc américain nous détachait son zodiac avec quatre jeunes contrôleurs à bord. Deux d'entre eux montèrent sur notre bateau tandis que les deux autres restaient à une dizaine de mètres tout en gardant la même vitesse que nous. Ils furent très courtois puisque nous étions parfaitement en règle, pendant que l'un d'eux rédigeait son rapport l'autre vérifiait l'intérieur du bateau me demandant de soulever les planchers. Après avoir tout rempli et vérifié ils nous donnaient une feuille jaune à présenter lors de tout autre contrôle. Il faut dire que ces passages sont assez stratégiques pour eux, tant vis-à-vis de la lutte contre la drogue que l'immigration clandestine ou l'embargo de Cuba.

Le reste de la traversée se déroula sans souci particulier avec des vents portants autour de 15nds, longeant quasiment tout le temps la côte nord de la République Dominicaine et d'Haïti on se rend vraiment compte de la longueur importante de celle que Christophe Colomb appellait Hispanola. Comme prévu, le lundi 14 Daniel et Jean nous apprennent qu'ils arrivent à Mayaguana, nous sommes au sud des Turks and Caicos et un bâtiment blanc se profile à l'horizon, appel à la VHF « Sailing boat with white sails » comme si toutes les voiles n'étaient pas blanches ! Bref encore les Coasts Guards, s'ensuit une longue conversation par VHF alors que nous ne sommes qu'à 50 mètres l'un de l'autre et j'exhibe mon papier jaune, après leur vérifications ils nous souhaitent bonne route. A 18H30 nous réduisons la toile à la pointe sud de West Caicos Island, non pas parce que le vent forcit mais parce qu'il nous reste environ 50Mn à faire et que nous ne voulons pas arriver avant le lever du jour.

Première escale aux Bahamas : Mayaguana

A 8H nous pénétrons avec prudence dans Abrahams Bay par la passe Est, Jean et Daniel nous disent que l'on peut se fier aux cartes électroniques Navionics et nous avançons prudemment en slalomant entre les taches sombres, première expérience sans problème des lagons bahaméens. A 9H30 nous laissons filer l'ancre et la chaîne dans 2 mètres d'eau cristalline. Aussitôt nos copains nous embarquent pour aller faire nos formalités d'entrée, nous sommes 6 et le bureau est tout petit, ils n'ont pas l'habitude de recevoir trois bateaux à la fois et qui plus est trois français ! Tout se passe très bien et dans la bonne humeur surtout que nous leur laissons quand même 750 dollars, 150 pour nous (-de 40 pieds) et 300 pour Maclow et Xyphos. Au retour Jean nous invite à déguster la dorade coryphène qu'il a pêché la veille, grillée au barbecue et parfumée aux herbes de provence, un vrai délice !

Notre premier lagon bahaméen
Nous nous reposons l'après -midi tandis que les autres partent traquer la langouste, au vu de la météo des prochains jours annonçant le passage d'un front froid nous décidons d'appareiller le lendemain car notre fils Yves vient nous rejoindre à George Town Great Exuma le 26 et nous voulons absolument être là pour l'accueillir. Le lendemain nous quittons Mayaguana pour Long Island 162Mn plus au Nord Ouest, un bon vent pendant la journée nous permettra de bien avancer laissant Plana Cays, Acklins et Crooked Islands à bâbord puis Samana Cay, Rum Cay et Conception Island à tribord. Beaucoup d'îles que nous ne visiterons pas mais il faut bien faire des choix et devant nous se profilent les Exuma, que tout le monde s'accorde à qualifier de paradis.

Long Island comme son nom l'indique s'étire toute en longueur sur 80Mn, avec Cat Island au nord elle délimite l'entrée d'une vaste mer intérieure où les fonds sont entre 1500 et 1800m : l'Exuma Sound. A la remontée des fonds nous ramenons à bord un magnifique barracuda mais, ciguatera oblige, nous serons obligés de le relâcher. Nous contournons le Cap Santa Maria avant d'entrer prudemment dans une vaste baie : Calabash Bay, voilà un mouillage carte postale. Un immense plan d'eau bien abrité des vents de nord à sud-est, 2 à 3m de profondeur partout et une immense plage de plusieurs kms de beau sable fin en arc de cercle, un voilier nous précède au mouillage et un autre arrivera le soir autant dire qu'on a de la place. Les villas sont bien intégrées dans le paysage et même le complexe hôtelier canadien ne choque pas, il nous permet d'ailleurs de recevoir internet à bord.

Le très beau mouillage de Calabash Bay
Nous ne manquons évidemment pas de descendre à terre et de « bouger les pieds » comme disent les québécois. Après avoir laissé l'annexe sur la plage du resort, nous empruntons la route qui y mène ; aussitôt une voiture nous aborde pour nous demander si elle peut nous déposer quelque part et plusieurs feront de même s'étonnant que l'on marche sous le soleil. N'ayant plus de denrées fraîches à bord et ayant vu sur la carte qu'il y avait un lieu dit : Seymour, nous cherchons une petite épicerie. Elle existe bien et nous y trouvons de la viande surgelée, demandant à la dame si elle a de la salade elle nous dit que non mais qu'elle peut nous conduire en voiture un peu plus loin pour en trouver, nous déclinons son offre en la remerciant mais cette première approche des bahaméens nous surprend agréablement, la suite de la découverte de ces îles confirmera cette première impression.

L'épicière de Seymour
Après deux jours de farniente, le front froid étant prévu pour le lundi 21, nous levons l'ancre en direction de la capitale des Exuma : George Town distante de 27Mn. Nous sommes dans l'Exuma Sound entre 1300 et 1100m de profondeur et juste avant de négocier la passe d'entrée, à la remontée des fonds, nous ramenons à bord une magnifique dorade coryphène aux reflets bleu, jaune et vert, cette fois-ci pas question de la rejeter car c'est un poisson pélagique qui n'est pas concerné par la ciguatera. Nous qui cherchions du frais nous en avons pour 5 à 6 repas !

Le skipper est fier de sa prise
George Town, bourgade de 1000 habitants se situe sur Great Exuma Island longue de 37Mn, mais bénéficie d'un aéroport international en liaison avec les grandes villes de Floride. Au nord, le chapelet des 360 îles ou Cays s'étire sur 130Mn : les Exuma Cays, autrement dit les deux à trois semaines que nous pensons leur consacrer ne nous permettront pas de les explorer à fond. Pour ce qui est du mouillage, George Town a la particularité d'être très protégé des vents d'est dominants par une île très étirée sur plusieurs milles : Stocking Island, le passage entre les deux est large d'un mille environ, il se nomme Elisabeth Harbour et permet à des centaines de bateaux d'avoir un abri très sûr. C'est donc bien à l'abri que nous subirons le passage de ce front, une partie de la matinée du lundi de gros grains avec des pointes à 30 nds se succéderont avant que le beau temps ne reprenne le dessus.

Le mouillage de Stocking Island, au fond George Town
Nous profiterons de ces quelques jours avant l'arrivée de notre fils pour faire de grandes balades sur Stocking Island le long de l'interminable plage donnant sur l'Exuma Sound. Sur cette île où « hivernent » de nombreux bateaux américains et canadiens il existe toute une infrastructure qui assure une certaine vie sur l'île : bars, restaurants, wifi payant, concours de volley-ball, mouillage sur bouées payant dans les lagons intérieurs etc…Puis nous regagnerons le mouillage devant Georgetown où on peut cotoyer les bahaméens toujours très gentils et accueillants. Les Bahamas, ancienne colonie anglaise jusqu'en 1973, reste encore très « British » mais la proximité des Etats Unis font que les deux influences se cotoient, ainsi les voitures roulent à gauche mais la plupart des voitures ont le volant à gauche comme aux USA ou chez nous, heureusement que les distances sont courtes et que les dépassements sont limités. Nous louerons une voiture le samedi 26 pour aller accueillir Yves à l'aéroport mais comme il n'arrivait qu'à 20H, nous avons profité pour parcourir l'île de Barraterre au nord à Williams Town au sud, en fait le réseau routier se limite pratiquement à cette route et le paysage est souvent monotone ne laissant apparaître la mer et son éclatant bleu turquoise que de temps en temps.

Pause déjeuner à Rolleville

L'avion de Miami était ponctuel et nous retrouvions notre fils avec un grand bonheur, le lendemain Maclow et Xyphos arrivaient et au cours d'une bonne soirée à bord il faisait connaissance avec nos amis. Le lundi on les laissait découvrir Great Exuma et nous levions l'ancre en direction de notre premier « Cut », 28Mn plus haut. Les Exuma forment une barrière avec une entrée en moyenne tous les 10Mn, par ces entrées le « Bank » vaste étendue d'eau peu profonde (de 0 à 5/6m) sur 130 X 50Mn se vide et se remplit au rythme des marées, il est donc recommandé de s'y présenter avec le courant dans le bon sens, puis après un à deux milles on retrouve des baies et des mouillages bien abrités et où les courants perdent de leur vigueur. Notre premier sera l'Adderly Cut et nous poserons l'ancre devant le « Carribean Marine Research Center », c'est là que dans 2m d'eau nous voyons s'approcher tranquillement du bateau une forme noire imposante et avec surprise nous reconnaissons un requin nourrice, on a beau savoir qu'ils sont inoffensifs cela n'incite pas à aller faire trempette avec lui !

Notre premier requin nourrice

La veille déjà nous avions effectué une bonne partie du parcours sous spi et en sortant du Cut nous le ressortions à nouveau, quel bonheur ! Cap sur Farmers Cut 18Mn plus au nord. Il y a beaucoup de courant dans le passage et aussitôt après il faut obliquer à tribord et mouiller entre Great Guana Cay et Little Farmers Cay en lisière du chenal mais nous préférons, dériveur intégral oblige, mouiller au dessus du banc de sable dans 1m50 d'eau où les courants seront moins forts. Nous gardons tous les trois un très bon souvenir de cet endroit, l'île de Little Farmers n'a qu'une soixantaine d'habitants tous très sympathiques, les hommes partent à la pêche le matin et rentrent vers les 15h, ils vident et nettoient leurs prises sur le port et d'énormes raies viennent manger les restes dans 1m d'eau. Nous en profitons d'ailleurs pour leur acheter des langoustes (25Usd les 3 !) et avec les lambis pêchés par nos soins en entrée ce fut un dîner mémorable. Nous aurons également la visite de plusieurs requins nourrice décidément très communs ici. Ici le temps s'écoule doucement et il fait bon vivre, nous y resterons deux jours bien remplis entre balades à terre, baignades et pêche.



Apéro Caipirinha - Lambis à Little Farmers Cay


Le 31 nous partons pour notre première navigation sur le "Bank", nous sortons prudemment par le NW puis le vent arrive et nous permet une fabuleuse traversée dans 3 à 5 mètres d'eau sur une vingtaine de milles, on se croirait naviguer à l'intérieur des Glénan sauf qu'à babord il n'y a pas de terre en vue et pas plus de profondeur. Tout cela nous mènera à Staniel Cay après avoir contourné la ponte de Harvey Cay, là nous passons devant la petite marina de l'île mais les vents étant plein sud nous irons mouiller derrière la pointe sud-est de Big Majors Spot, tout près de la "Thunderball grotto" dans laquelle fut tournée un James Bond.

Les îlots où se cache la "Thunderball Grotto

Nous tenterons une balade sur l'île mais la densité de la végétation nous l'interdira, du coup nous nagerons au dessus d'un beau récif peuplé de beaux poissons, mais un requin citron viendra contrarier notre snorkelling. Le lendemain découverte de l'île de Staniel Cay, nous constatons que de riches américains y ont de somptueuses résidences et que on y construit partout. Les gens se déplacent en voiturettes de golf et tout le monde vous dit bonjour avec un grand sourire, nous achetons un pain dans la "Bakery" il faut pousser une porte et on entre dans la cuisine de l'habitation, ce jour là il y avait 3 pains à vendre sur le buffet et toute la famille était dans la pièce en train de déjeuner.

Maison colorée de Staniel Cay
L'après midi après avoir mouillé le grappin de l'annexe, Yves entreprend l'exploration de la grotte du James Bond, des myriades de poissons vous entourent avec une lumière à laquelle on ne s'attend pas puisqu'elle est fournie par une ouverture dans le calcaire du rocher au dessus.

Nuée de "sergents-major" dans la Thunderball Grotto

Je ne reviendrai pas sur cette journée du lendemain 2 avril où mon accident arriva, je vous l'ai conté précédemment. Heureusement que toutes ces îles disposent d'une infirmerie qui prodigue les premiers soins et d'une piste d'atterrissage, trois heures après je m'envolai en avion taxi pour Nassau avec en compensation le survol de tout le nord des Exuma où je voyais avec regrets des voiliers dans des mouillages de rêve…
Je vous conte la suite grâce au livre de bord et au récit que m'en ont fait Annick et Yves. Ce jour là donc nous étions prévenus grâce au Réseau du Capitaine de l'arrivée imminente du Kelt 8,50 « Dixou » de Denis et Sylvie les québécois aperçus à St Martin dont nous suivions la progression depuis quelques jours grâce à la BLU. C'est dans les moments difficiles que l'on se rend compte que l'amitié et la solidarité des bateaux copains n'est pas un vain mot. Déjà la veille un jeune canadien d'Ottawa dont le catamaran était mouillé à côté de nous était venu discuter à bord, nous avions évoqué longuement malgré notre anglais hésitant la suite de notre voyage aux USA et il nous donna quelques tuyaux, je ne me doutais pas que le lendemain matin, ayant entendu la détonation il me conduisit très rapidement à l'infirmerie. Annick et Yves se sentirent donc bien entourés avec l'arrivée d'une part de Dixou et d'autre part de Xyphos et Maclow. Yves repartant le vendredi suivant, la décision fut prise de remonter les Exuma pendant les deux jours suivants avant de remonter vers Nassau le mercredi.

"Dixou" nous précède vers Warderick Wells

Dixou faisant de même, Annick et Yves le suivirent le lundi jusqu'à Warderick Wells avec un bon vent portant. Warderick Wells Cay est l'île où se trouve le siège de l' »Exuma Cays Land & Sea Park ». Dans cette réserve naturelle qui s'étend sur 22Mn et qui comprend 15 îles, il est interdit de pêcher, tous les bons emplacements de mouillage ont des bouées payantes obligatoires et lorsqu'on s'y promène à pied il faut emprunter les chemins balisés. Les fonds sont évidemment superbes et les langoustes et mérous vous narguent sachant qu'ils sont protégés.

Le "Sound" de Warderick Wells
 Les deux équipages ne failliront pas à la tradition et iront à Boo Boo Hill inscrire le nom de chaque bateau sur une planche de bois flotté, si vous passez un jour par là cherchez celle de Retour de Galbord elle sera sans doute enfouie dans le tas par ceux qui seront passés depuis. Denis et Sylvie y prolongeant leur séjour, le capitaine de Dixou briefa Yves promu capitaine en second pour le parcours suivant qui mènera le bateau jusqu'à Normans Cay une trentaine de milles plus au nord.

Grâce à Annick et Yves le souvenir de notre bateau est présent à Booboo Hill



Normans Cay ne sera qu'une brève étape avec visite de la mangrove et le mercredi ce sera la remontée du Bank vers New Providence et sa capitale Nassau distante de 35Mn avec le passage un peu délicat du Yellow Bank où il faut slalomer parmi les patates de corail. Quoiqu'il en soit l'équipage aura fièrement assumé son rôle et Yves aura droit aux félicitations du skipper qui pensait beaucoup à eux sur son lit d'hôpital.

Retour de Galbord se repose maintenant à Nassau Harbour Marina d'où je vous écris ce mot entre deux passages à l'hôpital pour refaire le pansement. Après le départ d'Yves, Annick s'est bien occupée de son capitaine, Michèle et Jean, Manu et Daniel sont passés me rendre visite avant de continuer leur route vers la Floride, on pense beaucoup à eux car on a fait un bon bout de chemin ensemble, les bateaux eux se retrouveront à Jacksonville où on laissera le nôtre dans le même chantier. Ici à la marina nous rencontrons d'autres voiliers de passage dont » Mia Bella »connu à Georgetown, Patrick et Isabelle ainsi que leurs deux enfants sont eux aussi québécois et le courant est tout de suite passé avec eux. Quand nous irons au Québec, nous aurons des visites à faire ! D'ici la il nous tarde de reprendre la mer et de vous conter la suite de notre voyage.

lundi 11 avril 2011

Arrêt provisoire aux stands "Bahamas" de Retour de Galbord

Bonjour à tous de Nassau aux Bahamas où je suis hospitalisé depuis une semaine.

Tout avait bien débuté, une navigation sans soucis depuis Porto Rico en compagnie de nos amis de "Maclow" et "Xyphos" , nous étions très heureux d'y recevoir notre fils à George Town Grand Exuma pour 15 jours et tout avait très bien commencé, nous étions au milieu du chapelet d'îles des Exumas quant un matin à la vacation BLU du "Réseau du Capitaine" fréquence québécoise on apprend qu'un catamaran français avait été attaqué au Honduras et ses occupants tabassés. Mon fils m'interroge sur mes moyens de sécurité, je lui fais voir mon pistolet lance fusée, je l'arme et appuie sur la détente en oubliant que depuis les Antilles j'y avais inséré une cartouche détonante, nous étions au petit déjeuner à l'intérieur, le coup est parti et comme un imbécile j'ai été récupérer la cartouche qui fumait, elle a explosé à ce moment m'abîmant les mains.

Je vous écris de la clinique de Nassau où j'ai été évacué d'urgence en avion, nous étions à Staniel Cay où il y a une piste d'aterrissage, cela se passait samedi dernier. Depuis on me soigne et j'ai surtout l'index droit dont l'extrémité est nécrosée, du coup je vais rester 3 semaines avec le doigt inséré dans la peau de la hanche, ainsi il s'effectuera une sorte de greffe naturelle et après 15 jours de soins on pourra théoriquement reprendre notre route vers les USA. Il faut relativiser l'évènement très dur sur le coup, mais cela aurait pu être pire.

Nos "bateaux copains" cités plus haut ainsi que des Québécois rencontrés à St Martin et possédant un Kelt 8,50 comme notre ancien bateau ont bien aidé Annick et Yves qui ont pu finir de découvrir ces îles merveilleuses tout en se rapprochant de Nassau. Du coup Annick et Yves y ont rapatrié le bateau  mercredi, ce dernier a repris l'avion pour la France cet après midi et Annick joue les garde malades, je dois sortir de la clinique mardi et ce sera 5 semaines aux pontons avant de pouvoir continuer.

Heureusement qu'on est en zone très américanisée et que par conséquent la médecine y est au top, heureusement aussi que via STW j'avais souscrit l'assurance santé Allianz qui couvre tous nos frais...

Je vais profiter de ce temps très libre avec les 4 doigts gauches non bandés pour mettre à jour le blog et vous pourrez visualiser les merveilleuses photos de ce paradis méconnu des européens.

A bientôt à tous.

jeudi 24 mars 2011

Iles Vierges Espagnoles et Porto Rico


Les Iles Vierges Espagnoles se situent à 20Mn dans le prolongement des autres Vierges mais elles font partie de Porto Rico. Les deux principales sont Culebra et Vieques, la première est trois fois plus petite mais plus variée en paysages.

Le problème avec ces îles, surtout Vieques, c'est qu'elles ont servi jusqu'en 2003 à l'USNavy de terrain d'essais militaires pendant 60 ans avec même l'utilisation d'uranium pour certains tests. Une grande partie du territoire de Vieques est encore interdite au public.

Le pont de Dewey
Pour l'heure ce 24 février, nous arrivons avec Maclow, Tao et Brise du Sud dans l'Ensenada Honda, véritable baie intérieure fermée au sud-est par un récif et après avoir mouillé près de la principale agglomération de Dewey, nous nous rendons à l'aéroport pour y effectuer notre entrée. Nous entrons officiellement à Porto Rico qui est un état associé des Etats Unis, ses habitants ont un passeport américain mais ne peuvent pas voter à toutes les élections américaines. Il est difficile de comprendre pourquoi aux USVI on ne nous délivrait pas de « Cruising Permit », permis de naviguer dans les eaux américaines et qu'ici on nous le donne pour une durée d'un an contre la modique somme de 37Usd. En tant qu'individu notre séjour est limité à 6 mois. C'est la police des frontières qui nous délivre ces autorisations et nous voyons sur le mur un avis disant qu'ils sont en alerte maximale, sans doute suite aux évènements du Proche orient. Par contre les contacts avec la population n'ont plus rien à voir avec le mode de vie américain, ici les gens parlent espagnol et sont très gentils et accueillants, la musique est omniprésente.


Jean Jacques de Tao prudent, teste la température de l'eau à la Playa de Bahia Flamenco


Le vent très présent (25nds) ne nous permettant pas d'explorer d'autres mouillages nous irons à pied au nord découvrir la Playa de Bahia Flamenco qui s'étire sur 1,5kms de sable blanc devant une eau turquoise. Le lendemain nous ferons une autre excursion vers le NE jusqu'au musée de l'île où nous serons accueillis chaleureusement en français par Quetsy, diplômée d'histoire et très fière de son île.

Le 26 nous gagnons la Bahia Almodovar à l'entrée un peu délicate entre les patates de corail mais une fois celle-ci franchie, on y est totalement abrités. On y reçoit même la wifi ce qui me permet de transférer mes photos sur Picasa Web. Dans la soirée, Daniel et Manou de Xiphos nous rejoignent venant de Ste Croix où Daniel a ramené son fils à l'avion. Le lendemain nous quittons ce mouillage pour celui de Culebrita petite ïle à l'Est dominée par un phare malheureusement aujourd'hui laissé à l'abandon mais d'où on jouit d'une vue exceptionnelle. Il y a aussi une magnifique plage « Playa Tortuga » et des récifs où l'on voit de beaux poissons en snorkelling.

La Playa Tortuga vue du vieux phare de Culebrita

Le 2 mars, c'est l'heure des adieux, les équipages de Tao et Brise du Sud restent sur l'île avant d'aller à Porto Rico côté ouest à la marina de Puerto Del Rey, Maclow et Xiphos vont directement sur la côte sud de Porto Rico où nous les rejoindrons ; quant à nous nous voulons passer à Vieques puisque c'est sur notre route. Nous passons en fin de matinée la pointe est de l'île qui est tout en longueur (34kms) et défilent sur notre tribord de très belles plages sur lesquelles on distingue à intervalles réguliers les panneaux indiquant les champs de mines et l'interdiction de débarquer. A 13h nous embouquons l'étroite passe d'entrée d'Espéranza seul port situé au sud, entre les rochers Cayo Real et Cayo de Tierra et nous mouillons devant la plage dans 2m d'eau. Une fois à terre nous partons à la découverte de cette petite station balnéaire avec sa promenade du front de mer, le « Malecon » et ses boutiques à touristes de l'autre côté. Cette partie de l'île est connue pour ses baies bioluminescentes, ce sont des micro-organismes qui se signalent par un petit néon lumineux dès que l'eau s'agite autour d'eux.

Le mouillage d'Esperanza à Vieques

Le lendemain à 6h, direction Salinas à 52Mn. Nous communiquons par VHF avec Jean et Daniel qui ont passé la nuit et la matinée à la Bahia de Jobos en pleine mangrove et qui arrivent vers midi à Salinas. A 16h nous passons la caye d'entrée et pénétrons dans une baie très fermée entourée de mangrove au fond de laquelle se niche une petite marina où il est possible de débarquer avec les annexes et de faire gratuitement de l'eau. Jean et Daniel ont déjà réservé une voiture pour trois jours, un grand van de 7 places avec lequel nous ferons nos courses dès le lendemain matin au supermarché de la ville, impressionnant le ravitaillement des trois bateaux en prévision des Bahamas ! L'après-midi nous irons découvrir Ponce, elle tire son nom de Juan Ponce de Leon à la tête des colons espagnols qui y est arrivé en 1508. C'est donc une charmante cité qui a gardé au centre ses bâtiments d'origine coloniale aux tons pastels et blanc, mais nous y arrivons en plein carnaval et il y a beaucoup d'animation. Curieusement elle n'est pas tournée vers la mer puisque son port de commerce se trouve 4kms au sud et il n'y a vraiment pas de quoi poser son ancre en dehors de la marina.

La cathédrale de Ponce

Le samedi 5, départ de bonne heure pour San Juan la capitale, Daniel qui y était déjà passé l'année précédente connaît la route et nous y mène rapidement, passage éclair chez le ship West Marine à l'imposant et beau magasin mais où il m'est impossible de trouver guide, cartes ou drapeau des Bahamas, par contre très beau rayons pêche, fringues et tout ce qu'il faut pour un bateau à moteur. Nous visitons ensuite le « Vieux San Juan » qui est une sorte d'immense ville close protégée par deux forteresses surplombant la mer et assurant l'entrée de la baie. A l'intérieur tout est restauré, propre et très bien aménagé, c'est le site incontournable d'une visite à Porto Rico (je devrais dire Puerto Rico, car nous français sommes les seuls à l'orthographier ainsi). Nous rentrerons à Salinas le soir en faisant un crochet par Puerto del Rey où nous trouvons Jean Jacques et Marie Claude de Tao qui y sont arrivés le matin. Quand on loue une voiture on en profite, aussi le lendemain dimanche nous partons marcher sans Daniel dans le parc de « Toro Negro », belle balade mais les chutes d'eau promises sont à sec. Retour par la côte après être allés jusqu'à Guanica.

Petite place ombragée typique du vieux San Juan

Le 8 mars après avoir fait les pleins d'eau et de gas-oil nous irons jusqu'à l'île Caja de Muertos au large de Ponce, mouillage sur bouée gratuite du parc national et belle balade au phare lui aussi abandonné alors que de superbes bâtiments expliquant la faune et la flore avec aires de pique-nique ont été bâtis à grands frais au bord de la plage, difficile de comprendre les priorités…Notre étape suivante sera la baie de la Parguera aux mouillages très bien protégés derrière les récifs, avant de passer le 10 le Cabo Rojo démarquant la côte sud de la côte ouest et d'arriver en baie de Boqueron. Dans chaque état de Porto Rico, nous l'avons fait en arrivant à Salinas, on doit appeler au téléphone la police des frontières US pour leur dire où l'on est et où on va, nous le faisons d'une cabine ici ; Big Brother sait donc en permanence où on est et par la suite, même en mer on se fera contrôler par les US Coats Guards. On pensait peut-être aller faire nos formalités de départ en bus à Mayaguez, mais ils sont très rares voire inexistants et nous irons y mouiller le lendemain.

L'extrémité ouest de l'île Caja de Muertos et nos bateaux au mouillage

Après avoir fait nos papiers de sortie et quelques dernières courses nous nous disons au-revoir et dans 420Mn plus tard aux Bahamas à Mayaguana premier port d'entrée officiel. Chacun part donc à son rythme, nous communiquerons le premier jour par VHF puis les écarts augmentant par BLU à heure fixe deux fois par jour.

Nous court-circuitons la République Dominicaine car les formalités d'entrée sont réputées longues et dispendieuses en bakchich, mais la principale raison est que notre fils Yves nous rejoint aux Bahamas le 26 mars et que nous voulons l'accueillir à l'aéroport de Georgetown aux Exumas.

Que penser de Porto Rico ? Pour nous qui l'avons aperçue brièvement, elle est un peu déroutante, ses habitants sont charmants et la chaleur de leurs rapports est espagnole, mais ils vivent à l'américaine avec de gros 4X4, on y retrouve toutes les enseignes du commerce américain et en dehors de la vieille ville de San Juan et du centre de Ponce, il y a peu d'histoire. L'île de Culebra par contre est très belle. La nature en dehors des deux parcs d'El Junque et Toro Negro est assez décevante et n'a pas l'exubérance antillaise.

A bientôt donc des Bahamas…

Iles Vierges Américaines - USVI


En mars 2009, à la suite de notre formation médicale STW à Paris, nous avions été à l'ambassade des Etats Unis à Paris afin d'obtenir chacun notre visa valable 10 ans. La personne avec qui nous avions eu notre entretien, car il faut montrer patte blanche et même justifier de ses revenus, nous avait souhaité un bon voyage dans son pays. Nous voici donc sur le point de rentrer une première fois au pays de l'oncle Sam.

Les USVI sont constituées de trois îles principales : Ste Croix plus au sud que nous ne visiterons pas, St John la plus proche des BVI et St Thomas la plus importante où siège le gouverneur. Ce sont des anciennes colonies danoises achetées par les Etats Unis en 1917 pour des raisons stratégiques.
Nous quittons donc Jost Van Dyke le 16 février pour St John, plus précisément Cruz Bay le port principal où se trouvent les services de l'immigration. Ce port n'a pas beaucoup de profondeur et grâce à notre tirant d'eau variable (vive le dériveur intégral) nous nous ancrons à babord dans 1M70 tout près du quai des douanes. Nous sommes reçus très aimablement avec même quelques mots de français et des formulaires d'immigration en français également et après vérification de l'iris de l'œil et des empreintes digitales nous obtenons notre sésame pour ces îles.

Cruz Bay - St John
Sur les conseils de nos amis Jean et Claude nous gagnons au nord Francis Bay qui fait partie du National Park. J'ai oublié de vous préciser que plus de la moitié de sa superficie fait partie du « Virgin Islands National Park » au même titre que les grands parcs nationaux continentaux. De ce fait l'île est admirablement bien préservée des promoteurs immobiliers et a gardé son caractère naturel. Pour nous navigateurs il est interdit dans ces zones de mouiller notre ancre, des bouées payantes sont mises à notre disposition il en coûte 15USD la nuit, mi tarif pour les « Golden Age » (plus de 62 ans) et le paiement est assez particulier, un petit ponton de 2m² signalé par un fanion vert est mouillé aux endroits statégiques, on y trouve dans une borne des enveloppes où glisser son dû et une boîte à lettres où la déposer. Je ne suis pas sûr que le paiement soit effectif pour tous les bateaux…

Sur le chemin de Sugar Mills, vue sur l'ouest de Tortola

Une belle balade nous permettra le lendemain d'aller visiter les ruines d'un ancien moulin à vent qui broyait la canne à sucre « Annaberg Sugar Mill », un guide américain présent était très étonné d'apprendre que dans les Antilles françaises telles Marie Galante il existait encore un nombre important de tels moulins. L'après-midi nous contournons l'île par l'ouest pour rejoindre 5 autres bateaux français qui organisent le lendemain un barbecue sur la plage de Lameshure Bay. A notre arrivée, « Maclow » de Jean et Michèle, « Imagine » de Claude et Yveline que nous connaissons depuis Peter Island, « Tao » l'Alliage 44 de Jean Jacques et Marie Claude, « Brise du Sud » le Super Maramu de Jean François et Françoise qui habitent Ploumiliau seront déjà à Little Lameshur Bay, tandis que nous prendrons une bouée à côté à Great Lameshur Bay où nous rejoindra « Xiphos » l'Ovni 455 de Daniel et Manou. Apéro le soir à bord d'Imagine afin de mettre au point les détails du lendemain.

Claude veille à la cuisson du gigot sous la surveillance de Michèle

Il faut reconnaître que les américains ont le sens de l'organisation puisque sur toutes les plages du parc national il y a des barbecues fixés au sol et des tables disponibles. Tôt le matin Claude et surtout Jean Jacques se sont occupés du feu malgré les « nonos ou yenyens » minuscules moustiques qui les harcelaient et à 11h les dames sous la houlette de Michèle ont procédé à une séance d'assouplissements sur la plage devant les regards étonnés des américains présents. Ils n'étaient pas au bout de leur découverte puisque comme dans tout bon banquet, une fois dégusté les deux gigots et avalé quelques verres nous avons tous entonné chants de marins et autres chansons de corps de garde avec Jean en tant que chef de chorale. Ce fut une superbe journée où nous fîmes plus ample connaissance avec les bateaux que nous ne connaissions pas encore et avec lesquels nous allions passer plusieurs jours, voire semaines et mois pour Maclow et Xiphos qui pensent comme nous aller aux USA via les Bahamas.

Votre serviteur et Jean mènent la chorale
Nous irons deux jours plus tard à un autre mouillage, Round Bay avant de partir pour St Thomas. Notre première halte sera Great St James Island avant de gagner Charlotte Amalie capitale des USVI. Nous y arriverons juste devant un énorme paquebot qui nous poussera littéralement au cul avec force coups de sirène. Il faut dire qu'il y a entre trois et cinq paquebots à déverser leur flot de touristes sur les quais de cette ville, par conséquent il y a une multitude de commerces dits « hors taxes » qui pullulent le long de l'artère principale. Il va sans dire que cela contraste singulièrement avec le calme de St John et que cette escale ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Elle nous permet cependant de refaire les provisions du bord, pour Jean et moi d'aller chez le coiffeur (un ancien coiffeur de mode SVP !) et le lendemain 24 février nous lèverons l'ancre pour les Iles Vierges Espagnoles tandis que la veille Claude et Yveline nous faisaient leurs adieux, retournant vers la Martinique où ils ont mis leur bateau à vendre.

Les équipages de Maclow, Imagine et Tao
Voilà encore une autre étape de franchie vers l'Ouest, nous partons vers Porto Rico.

dimanche 6 février 2011

Remontée vers le Nord, Guadeloupe, Antigua, St Martin

Mercredi  1er décembre – Nous avons laissé Nicole et Jean Claude à Fort de France samedi dernier d’où ils sont allés prendre possession de leur gîte à St Pierre. Depuis nous avons regagné Grand Anse en attendant que la grosse houle de nord se calme et que nous puissions voguer vers la Guadeloupe. Aujourd’hui c’est le cas et nous décidons de rallier St Pierre première escale, le vent est d’Est-Nord Est 20 à 30 nds au passage de la baie de Fort de France mais tombera devant Case Pilote. Nous arrivons à St Pierre à 11h et après avoir largué 20m de chaîne Annick me crie qu’elle ne peut plus arrêter le guindeau, la chaîne continuant à filer. On arrive à l’arrêter et après quelques vérifications je dois me rendre à l’évidence, une goupille ou un axe à l’intérieur du guindeau a cédé, dans ces conditions il nous est impossible de continuer et nous devons retourner au Marin car la pièce cassée est dans l’engrenage à l’intérieur du carter complètement hermétique. Cela ne nous empêche pas de rejoindre à terre Nicole et Jean Claude qui nous envoient faire une balade au canal des Esclaves à Fond St Denis.

Cela ressemble aux levadas de Madère
Le lendemain, retour au Marin où Fred de chez « Caraïbes Grément » que nous avions averti par téléphone dépose le guindeau aussitôt amarrés aux pontons. Nous profiterons aussi pour rappeler Raymond  de chez Incidences afin qu’il rabaisse le bimini et qu’il nous pose une bande anti-UV sur la trinquette, du coup l’escale technique se prolongera.
Dimanche 5 décembre, toc-toc à l’étrave du bateau, qui on voit sur le ponton : nos amis Christian et Martine de l’Atlantis 400 « Tahaa Tiva » avec qui nous avions passé deux mois au Brésil. On savait qu’ils remontaient de Trinidad où ils avaient laissé leur bateau pendant la période cyclonique mais nous ne savions pas quand ils arriveraient en Martinique avant de regagner la métropole pour les fêtes de fin d’année. Les retrouvailles furent chaleureuses et nous avions beaucoup de choses à nous raconter. Malheureusement nos routes divergeront puisqu’ils pensent aller vers le Pacifique en début 2011. Le lundi 6 en début d’après midi un Attalia de St Pabu prend la place à côté de nous, ce sont les premiers arrivés au Marin de la grande transhumance Atlantique, ils sont partis 18 jours plus tôt de Sal au Cap Vert et ils sont ravis que je leur offre une bière « Carib » bien fraîche.
Nous retrouvons également Claudine de « Mopélia » qui remontera avec nous vers la Guadeloupe. Le vendredi 10 nous gagnons le mouillage de Ste Anne où nous retrouvons Marc Antoine et Lucie de « Dame Licorne » le bateau québécois connu au printemps aux Tobago cays. Le lendemain Nicole et Jean Claude viennent passer leur dernière nuit à bord avant de reprendre l’avion et nous organisons  un « cinq à sept » comme disent nos amis québécois avec  Lucie, Marc Antoine, ainsi que Nancy et Marcel de « Na mar », ces derniers nous donnant quelques renseignements bien utiles sur les Bahamas et l’Intracoastal Waterway. C’est toujours très agréable de cotoyer nos « cousins » canadiens et on se demande bien pourquoi Napoléon a échangé ce fabuleux pays contre la Martinique, ah ! oui c’est vrai il y avait dans cette île la fameuse Joséphine…
Nous rejoignons Claudine le dimanche à Grande Anse, et nous entamons avec elle dès le lendemain la montée vers le nord avec une autre escale à St Pierre, une superbe traversée du canal de la Dominique vent de travers, une nuit à Portsmouth en Dominique avant de se mettre au petit ponton de Grand Bourg à Marie Galante afin de faire notre entrée officielle en Guadeloupe.

"Mopélia" l'Oxion 32 de Claudine dans le canal de la Dominique
La météo nous annonçant une alerte orange due à une forte houle de nord, nous préférons écourter notre escale à Marie Galante et rejoindre le mouillage de l’îlet Gosier, nous y arriverons en même temps que nos amis suisses de « Sakatia » l’Atlantis 430 connus lors de notre carénage à Carenantilles.
Le 17 au soir les vacances scolaires de Noël commencent et nous accueillons à bord Stéphane, le filleul d’Annick et Arthur son fils. Après Marie Galante en juin, nous les amenons cette fois ci aux Saintes qu’ils ne connaissent pas, Stéphane tombera sous son charme et si un poste d’enseignant s’y libère c’est sûr qu’il postulera. Nous ferons connaissance de Patrick Morvan, ancien skipper de « Jet Services » et actuellement « skipper » de « Chez Jacky » au Belon,  à l’épicerie du village où il jette l’ancre pendant l’hiver. Nous ferons connaître à nos invités le fort Napoléon, son musée et ses iguanes ainsi que les petits poissons de Pompierre.

Iguane des Saintes
Retour le 20 à l’îlet Gosier puis le lendemain pour la marina du Bas du Fort. L’après midi je profite du wifi du bar « Le Pirate » pour vous envoyer à tous mes vœux de Noël et de bonne année quand ayant à peine fini de taper sur la touche envoi, j’entends le rugissement d’un scooter en pleine accélération et levant la tête de mon clavier je vois le passager arrière saisir mon ordinateur par l’écran et l’emporter, le chargeur branché à une prise me touchant à la tête en me blessant, je les poursuis pendant une cinquantaine de mètres en criant « au voleur » mais évidemment sans résultat. Un an quasiment après le vol de mon téléphone au Brésil, je fais l’objet d’un second larçin ! Décidément...

Voilà donc la raison principale de mon mutisme sur ce blog. Je décidai de commander un autre portable en France que m’apporterait notre amie Marie Dominique qui viendra nous rejoindre mi-janvier à St Martin.

Avant de quitter la Guadeloupe nous retrouverons nos amis Dominique et Michel qui sont bien occupés avec leur gîte de Ste Anne. Avec Claudine nous réveillonnerons le 24 au soir et après quelques heures de sommeil nous gagnerons la Rivière Salée qui sépare les deux « ailes » du papillon que forme la Guadeloupe pour pénétrer dans le « Grand Cul de Sac Marin », hélas malgré les affirmations de la capitainerie le pont permettant le passage des voiliers ne s’est pas ouvert comme prévu à 5h du matin et comme je le pressentais un peu, nous n’avions plus qu’à rebrousser chemin. Du coup les vents étant favorables pour quelques jours nous décidons de contourner l’île par l’ouest pour gagner Antigua en nous arrêtant aux Saintes où nous quittons « Mopélia », puis à Deshaies.
Notre mouillage au premier plan, à droite Nelson Dockyard et derrière l'isthmr, Falmouth Harbour
Le 27 après 7 heures de traversée par bon vent de travers nous arrivons à English Harbour sur l’île d’Antigua, mouillage très abrité à l’entrée dans Freeman Bay. English Harbour avec de l’autre côté d’un petit isthme Falmouth Harbour est l’une des Mecque mondiale de la plaisance avec la fameuse « Semaine d’Antigua », mais tout au long de l’année y défilent de somptueux voiliers qui organisent entre eux des régates. C’est aussi l’ancien repaire de l’amiral Nelson et la marine britannique y a restauré les bâtiments du « Nelson Dockyard » et en y aménageant un musée consacré à son souvenir.

Le fameux "Falcon Maltese" aux pontons de Falmouth Harbour
C’est donc là que nous passerons un réveillon très « British » le 31 décembre à la table d’un petit restaurant sur le quai parmi des anglais ridiculeusement coiffés d’un chapeau haut de forme en plastique tandis que les ladies arboraient une espèce de coiffe dans les cheveux, un concert plein de décibels et un feu d’artifice concluant l’année 2010. Nous visiterons St John la capitale sans grand intérêt et le 4 janvier nous ferons notre dernière escale antiguaise devant Jolly Harbour à l’ouest.

Nelson Dockyard
Le lendemain matin dès 6h45 départ pour St Kitts et Nevis, autres anciennes possessions britanniques distantes d’une cinquantaine de mn. Nous aurons du mal à trouver un endroit correct où poser notre ancre du fait d’une houle très inconfortable, finalement  ce sera côté Nevis entre les deux îles séparées par le passage des Narrows à Mosquito Bay où nous roulerons quand même bord sur bord toute la nuit.

Du coup nous appareillons le lendemain matin pour St Barth et plus précisément la baie de Gustavia que nous atteindrons à 15h après 45Mn. Retour donc en France,  nous mouillons dans l’anse Corossol parmi les yachts des milliardaires, malheureusement la houle est toujours présente accentuée en permanence par les va et vient bruyants des « tenders » autrement dit annexes mais très fortement motorisées de ces mêmes yachts. Le lendemain matin après les formalités d’entrée à la capitainerie et un rapide tour du port parmi des dizaines d’américains descendus d’un paquebot et venus tester les boutiques de luxe, nous regagnons notre bord pour retrouver le calme à l’anse du Colombier.

Passage au soleil couchant d'un paquebot à voiles devant Gustavia
L’anse du Colombier est située à l’ouest de Saint Barthélémy et fait partie d’une réserve naturelle, des bouées gratuites y sont installées à la disposition des plaisanciers, nous en prenons une et y passerons une très bonne nuit. L’environnement y est très sauvage et on a du mal à croire qu’à deux Mn de distance il y a une vie trépidante.

Nous reviendrons à St Barth avec Marie Dominique plus tard, mais avant son arrivée nous avons encore quelques travaux à faire à bord, pour ce faire nous disposons d’une semaine. Le samedi 8 nous appareillons donc pour St Martin.

Saint Martin vous le savez sans doute est une île qui a la particularité d’avoir une partie hollandaise au sud et une partie française au nord, la frontière faisant l’objet d’une simple stèle sur la route reliant Marigot la capitale française à Philipsburg son homologue hollandaise. Mais le contraste est saisissant entre les deux parties. Nous le constatons du large en nous approchant de la côte sud, les promoteurs immobiliers sont passés par là et  des cages à lapins pour touristes sur plusieurs niveaux tapissent le front de mer. Le passage devant l’aéroport Juliana est impressionnant car les gros porteurs nous survolent de près avant de se poser sur la piste située juste derrière la plage. Sitôt passé cette zone nous abordons par l’ouest la partie française et là les résidences dépassent rarement un étage avec de la végétation autour. Nous contournons donc  la pointe Plum la plus à l’ouest avant de mettre le cap sur la baie de Marigot.

Baie de Marigot avec sur la gauche le "lagon" de Simpson Bay
Mouillage dans la baie avant de franchir le lendemain matin le pont ouvrant de Sandy Ground reliant Marigot aux Terres Basses. Nous mouillons notre ancre au nord du chenal menant à la Marina Royale, volontairement puisque les chantiers et shipchandlers se trouvent près du pont et les commodités de la ville vers la marina.

Il y a là une succursale de chez Incidences du Marin à qui nous confions la confection d’extensions latérales du bimini nous protégeant mieux de la pluie, un magasin Budget Marine où nous trouvons deux panneaux solaires de 135W à un très bon prix et un Sud Africain Terry spécialiste de l’inox qui nous confectionnera une belle armature bien intégrée au dessus du bimini. Mes panneaux solaires semi-souples collés au roof ayant rendu l’âme depuis un certain temps, nous aurons ainsi toute l’énergie voulue au mouillage.

Tout cela nous prendra la semaine et le lundi 17 nous prendrons place aux pontons de la marina entre un bateau dont la dame est de Concarneau et un autre dont le propriétaire est briochin et qui tient une boutique dans cette même marina. Le mardi nous accueillerons Marie Dominique à l’aéroport et le lendemain nous lui ferons découvrir l’île en louant une voiture.

Marie Dominique au Pic Paradis, sommet de St Martin 424m
Nous connaissions déjà St Martin pour y être venus en 2000 grâce à un voyage organisé par notre fournisseur de motoculture de plaisance Stihl et c’est avec plaisir que nous avons retrouvé la partie nord est, Orient Bay, l’anse Marcel, Grand Case bien préservés par le Conservatoire du Littoral. Le 21 nous mettons le cap sur Anguilla qui est une ancienne colonie britannique toute en longueur à 7Mn au nord de St Martin et qui protège efficacement cette côte de la houle de nord. Nous mouillons en fin de matinée à Road Bay port principal de l’île et seul endroit où on peut effectuer nos formalités d’entrée, nous sommes surpris du coût de celles-ci : 53 US Dollars pour 2 nuits à l’ancre et une visite à un site du parc national. Le lendemain direction Little Bay à l’Est où nous nageons avec les petits poissons. Retour à Road Bay le soir car interdiction de passer la nuit dans les sites du parc. Le lendemain direction plein Nord à Prickly Pear où nous déjeunerons d’un délicieux vivaneau grillé sur la plage chez Johno’s.

Et il y a même des frites!
La configuration des lieux nous rappelle les Glénan : bonne table devant le lagon…

La plage de Prickly Pear
Les jours suivants nous irons mouiller à Grand case mais la houle et le bruit nous ramèneront à Marigot d’où nous irons flâner à Philipsburg en « Taxi-co », puis prendre notre bain quotidien à Baie Rouge.

La plage de Baie Rouge et son arche
Nous avions promis à Marie Dominique une croisière à St Barth et le vendredi 28 nous remontions au près vers Anguilla pour un premier bord et le deuxième nous mènera directement à l’anse du Colombier en passant entre L’île de Tintamarre et St Martin. Pour la deuxième fois nous prenons une bouée du parc à cet endroit et une petite balade nous mènera jusqu’à l’anse des Flamands.

La côte nord de St Barth avec au fond, la Baie des Flamands
Le lendemain baignade impérative pour voir les petits poissons et départ pour Gustavia afin de montrer à notre invitée ce qu’est la vie de ce St Tropez équatorial. Une grande virée à terre nous mènera à St Jean avec son célèbre aérodrome spectaculaire puisqu’à l’atterrissage les avions passent à 3m à peine au- dessus des véhicules roulant sur la crête et au décollage ils rasent la magnifique plage.

La plage de St Jean et les bouées délimitant l'endroit que les avions survolent au décollage
Retour par la montée du morne Depoudre avec des vues magnifiques sur les deux côtés de l’île et embarquement pour l’île Fourchue, cirque naturel sauvage et désertique où nous nous amarrons obligatoirement aux bouées du Parc. Le lendemain après la visite traditionnelle aux poissons, retour vers Marigot avec une halte repas à l’île de Tintamarre où nous nagerons avec des tortues.

Le  mouillage du bout du monde de l'île Fourchue
Tout a une fin, de retour à Marigot Marie Dominique nous invitera à un bon repas à la marina où surprise nous retrouverons Helmut et Angelica du bateau « Manatee » connus au Portugal et qui eux descendent vers la Martinique. Le 31 nous reconduisons notre invitée à l’aéroport et après être encore une fois intervenu techniquement sur le bateau, l’antenne du GPS fixe MLR ayant rendu l’âme, nous partons le 2 février pour une traversée de nuit vers les BVI (Iles Vierges Britanniques) mais ceci est une autre histoire…